PCR Archéologie des nécropoles mérovingiennes en Île-de-France

Sommaire :

  1. Historique et contexte du projet
  2. Cadre, état des lieux et problématiques
    1. Implantations des nécropoles
    2. L'organisation interne
    3. La sépulture
      1. Partie enterrée, éléments statiques
      2. Partie enterrée, éléments mobiles
    4. Le défunt
      1. Mobilier
      2. Objets utilitaires
      3. Cas particuliers
    5. Le squelette
    6. La population
  3. Objectifs et méthodes
    1. Objectifs
    2. Méthodes
  4. Constitution de l'équipe
  5. Références bibliographiques
  6. Bilan de la première triennale
    1. Moyens
    2. Objectifs
  7. Archéologie des nécropoles mérovingiennes en Île-de-France (plan)

I. Historique et contexte du projet

A la suite de la fouille de Noisy-le-Grand (650 sépultures mérovingiennes et carolingiennes), de nombreuses questions se sont posées à la fois sur les implantations des nécropoles, sur le mode de mise en œuvre des sarcophages en plâtre et sur les dimorphismes crâniens des mérovingiens et des carolingiens.

La consultation de la documentation existante sur ce sujet se trouve limitée par la (trop) spécialisation des chercheurs. Il existe des spécialistes du mobilier, du bâti, de l'anthropologie, mais les documents de synthèse sont rares. Ils existent cependant dans la plupart des Rapports finaux d'opération (RFO) mais font rarement l'objet de synthèse.

Nous nous sommes heurtés à cette difficulté lors de la rédaction du rapport de Noisy-le-Grand, les Mastraits. Les données recueillies étaient issues de plusieurs champs d'investigation : objets, construction en plâtre, pratique funéraire, anthropologie biologique. Dans chacune de ces données, le travail aurait nécessité bien plus de temps que celui imparti et c'est pourquoi d'ailleurs les études complètes des nécropoles ne voient que rarement le jour. Issues de la méthodologie de la fin du XXème siècle, les études spécialisées ne sont utiles qu'à la discipline en question. Par exemple, la nécropole de Maule bénéficia d'une étude anthropologique sur les crânes mérovingiens (Peyre 1979) ou bien l'étude de Guy Auboire sur les découvertes archéologiques de la région parisienne d'un point de vue anthropologique. De même, les études sur le mobilier mérovingien ont fait l'objet de nombreuses publications comme le catalogue du Musée Carnavalet, avec une approche topographique des nécropoles ou la Chronologie normalisée du mobilier funéraire mérovingien entre Manche et Lorraine (Legoux et al. 2004). Ces outils sont pourtant précieux lorsque l'on aborde les nécropoles mérovingiennes.

En outre, quand il s'agit d'effectuer une recherche sur deux données, la difficulté est plus importante. Depuis près de 10 ans, l'archéo-anthropologie, discipline récente, traite non seulement des données taphonomiques et biologiques mais tente également de faire correspondre l'individu à son environnement. Auparavant, cette question ne se posait pas : l'anthropologue avait comme sujet principal le squelette dans son intégrité physique et rendait des conclusions plutôt d'ordre médical qu'archéologique. Les démarches de certains chercheurs ont alors bousculé cette vision. Claude Masset, dès les années soixante-dix, travaille sur la démographie ancienne (paléodémographie) et Henri Duday, dans les années quatre-vingt, sur le mode de décomposition des cadavres. Il aura donc fallu attendre les années quatre-vingt dix pour que l'anthropologie, anciennement l'apanage des médecins-collaborateurs, devienne une discipline étroitement liée à l'archéologie. Cette tendance décennale trouve en partie son apogée actuellement avec la constitution de groupes de recherches comme le GAAF (Groupement des Archéo-Anthropologues de France) ou l'Enquête funéraire national de l'Inrap (réunissant des chercheurs de toutes origines). Du côté des publications, des ouvrages abordent la pluridisciplinarité. C'est le cas, par exemple, du Handicap en Archéologie (sous la direction de V. Delattre et XXX) ou du colloque sur les aménagements funéraires en bois (Colloque d'Auxerre). La sépulture n'est donc plus une entité isolée mais s'inscrit plus largement dans les autres cadres de recherches. Il semble pourtant, malheureusement, que seuls les archéo-anthropologues aient cette volonté.

II. Cadre, état des lieux et problématiques

La région francilienne bénéficie de la plus grande activité sur le territoire national en terme d'archéologie préventive (56 opérations réalisées par l'Inrap en 2010, près de 4 réalisées par le Bureau de l'archéologie de Seine-Saint-Denis, 2 par le Service départemental du Val-d'Oise, 1 par le Service archéologique des Yvelines, 4 par la société privée Eveha).

Le premier décompte des sépultures mérovingiennes en Île-de-France s'élève à 6337 à partir des publications et des rapports de fouille.

Il s'agit in fine d'avoir une vision simple et synthétique des données en archéologie funéraire, dans le but de caractériser les ensembles funéraires du haut Moyen Âge. Force est de constater qu'il est nécessaire d'inclure les données de l'Antiquité, tout du moins celles du Vème siècle pour suivre l'évolution (au sein de tous les champs) des nécropoles.

Les grand thèmes devront être : l'implantation des nécropoles, l'organisation interne, la constitution de la sépulture, le défunt, le squelette et enfin la population. Il s'agit en fait d'extraire les spécialités de chaque chercheurs pour les restituer dans un cadre plus général.

1. Implantations des nécropoles

Les indications topographiques sont souvent utilisées pour l'élaboration de modèles prédictifs. Pour résumer, les données topographiques des sites sont soigneusement analysées et quantifiées dans le but d'établir un schéma-type d'environnement correspondant à une implantation humaine donnée, il suffirait ensuite de chercher un environnement semblable pour déterminer les zones dans lesquelles on a le plus de chances de découvrir de nouveaux sites. Les modèles prédictifs sont assez souvent utilisés par les américains pour la recherche de sites amérindiens mais peu usités en Europe. Le premier, à notre connaissance, à tenter une caractérisation des implantations funéraires mérovingiennes est Edouard Salin, qui distingue deux emplacements privilégiés, selon des modalités diverses : les collines et les bords de cours d'eau. Patrick Périn note plus simplement que c'est la proximité par rapport à l'habitat qui détermine l'emplacement des lieux de sépultures. Ce fait est corroboré par l'étude de Durand selon laquelle la relation avec l'habitat prime sur le choix du lieux d'implantation d'un cimetière plus qu'une quelconque considération topographique, une distance de cinq cent mètre entre les deux ensembles semblant être un maximum (hors du cas des sépultures en contexte d'habitat).

La toponymie, ou plus exactement la micro-toponymie, peut parfois être révélatrice de l'occupation ancienne d'un lieu, avec toutes les réserves que cela comporte. On rappellera tout de même qu'un toponyme n'est jamais qu'un indice possible et en aucun cas une preuve, les noms de lieux pouvant changer au cours du temps, se déformer et que quand bien même un toponyme indiquerait bel et bien un site, il ne permet en aucun cas de le dater. En outre, le simple fait de partir d'un toponyme, somme toute assez récent, dans le but de remonter jusqu'à son origine supposée implique forcément une part d'hypothèse et donc une marge d'incertitude. De son côté Edouard Salin, évitant le problème de la toponymie générale, s'intéressa aux microtoponymes liés aux sites funéraires mérovingiens et dégagea quelques microtoponymes liés plus spécifiquement aux monde funéraire, distinguant plusieurs groupes selon qu'ils étaient en rapport avec le cimetière ; avec les défunts ; avec les sépultures ou les cercueils ; ou avec divers aspects religieux, chapelles, saints, martyrs ; et enfin les démons et les lieux de supplices. Marc Durand se montre en revanche plus circonspect quant à la fiabilité des toponymes, puisqu'il estime que « les déplacements des toponymes […] en font des témoins trop aléatoires pour être utilisés sans danger. Les incertitudes et les limites de l'étymologie en archéologie sont connues, et il est admis que « l'archéologue doit normalement compléter cet inventaire, mais la pénurie en la matière ne saurait être palliée par l'imagination des fouilleurs » ; malheureusement, en onomastique, l'imagination de ces chercheurs a été bien souvent plus fertile que celle des archéologues, attachant toute une foule de cognomen à des séries de villages lorsque les sources et l'inspiration leur faisaient défaut ».

Elisabeth Zadora-Rio se montre encore plus prudente quant à l'usage de la toponymie comme indice archéologique et n'accorde une valeur informative qu'à quelques rares micro-toponymes, ne considérant comme des indices que les micro-toponymes cadastraux relevant d'observations d'agriculteurs, tout en soulignant qu'il ne s'agit au mieux que d'indices dont l'application demeure limitée et aléatoire. De même pour Katalin Escher, bien que son ouvrage soit consacré aux Burgondes ses remarques sur la toponymie s'appliquent indifféremment à toute culture quand elle souligne l'apparition tardive de la plupart des micro-toponymes, l'inévitable évolution des mots et les glissements de sens qui y sont liés. Ces réserves étant énoncées nous pouvons néanmoins nous permettre de livrer quelques micro-toponymes dérivés du monde funéraire ou liturgique, nettement moins transparents que la plupart de ceux déterminés par Salin, tels que livrés par Stéphane Gendron et qui pourraient éventuellement être des indices d'une implantation funéraire à une époque non déterminée.

Tout d'abord les toponymes religieux : du terme ecclesia « église » viennent les mots égriselle, neuglises,gleynosse, lizeneuve, glisolle, églisolle, laziole, lagleygeolle, laguiole, grisolle et manéglise. De capellaviennent capelle et cepelotte alors que de basilica dérivent les mots bazoches, bazoge, bazeuge, bazeuque, bazeille, bazaiges et bazoilles. Enfin de oratorium proviennent oreo, oreux, oroux, ourou, loreux, loreur, aurouër, orrouer, ozoir, ozouer, auzouer, louzouer, auradou ainsi que oradour.

De aître viennent âtre, aistre et estre, mais il convient d'être prudent avec ces termes et de ne pas les confondre avec ceux dérivant de hêtre, extera qui désigne une grange ou un bâtiment agricole ou estrée qui lui-même vient du latin strata et désigne une route pavée : un magnifique exemple nous en est donné dans la ville de Saint-Denis, avec l'ancienne église Saint-Martin-de-l'Estrée, située le long de l'ancienne voie entre Paris et Rouen. De martyrium/martyr sont issus les mots martre, martres, martroy, martray, marteret, martelet, mastraitset martrey. De locellu/locus désignant un compartiment, une petite boîte ou un cercueil, proviennent luiseaux, lusiau, luiziers, lauses et lauzes alors que de sarcophagus dérivent les mots sarcus, cerqueux,cercoux, sercoeur, cerqueuse, serqueux et sarqueu qui lui-même donna cercueil. De façon plus douteuse, on pourrait également retenir comme éventuellement significatifs les toponymes dérivés de « auge », qui pourrait éventuellement désigner une cuve de sarcophage, tout aussi bien qu'un abreuvoir ou des fosses de gâchage du plâtre : augès, augées, augères, augerolles et augette. Du latin bacca, désignant également une auge viennent les toponymes bachasse et bachàs. En revanche, nous ne retenons pas les toponymes liés aux croix étant donné que les croix cémetériales d'époque mérovingiennes connues sont en nombre plus que restreint, et que toutes les croix, calvaires et autres monuments marquent plus des lieux dangereux que des cimetières dans les croyances populaires, d'autant plus qu'une croix peut également désigner un carrefour. La croix funéraire marquant l'emplacement d'une sépulture ne semble devenir la règle qu'à partir du XIIIe siècle, en tout cas pour les sépultures établies hors des cimetières. En cas de doute sur l'origine d'une toponymie on se reportera utilement au monumental ouvrage d'Ernest Nègre, en trois volumes, qui souffre malheureusement d'un système de classement complexe et peu pratique.

En raison de la continuité d'utilisation de certaines nécropoles il n'est pas étonnant de trouver ceux-ci disposés à proximité de voies de passage romaines. Ainsi le cimetière de Villiers-le-Sec est implanté au croisement d'une voie romaine et d'un chemin alto-médiéval, la plupart des cimetières mérovingiens de Paris, implantés à la suite de nécropoles romaines, sont de fait situés le long de voies romaines. La proximité d'un nœud commercial, tout comme d'une résidence aristocratique, pourrait dans une certaine mesure expliquer la présence de sépultures comparativement plus riches par un phénomène de captation des élites autour d'un centre du pouvoir, chose qui peut se traduire dans le domaine funéraire. Cependant la détermination de tels cas ne peut, souvent, se faire sans l'aide des textes. Ainsi on reconnaît par les textes plusieurs palais et villas royaux mérovingiens en Île-de-France, mais aucun par le biais de l'archéologie, à Bonneuil, Clichy, Chelles, Cheptainville, Luzarches, Nogent-sur-Marne, Noisy-le-Grand, Palaiseau, Rueil et Paris. Aucun lieu de marché ne semble connu en tant que tel.

La présence d'un lieu de culte important ou de pèlerinage pourrait expliquer l'importance d'un cimetière par le phénomène de l'inhumation ad sanctos, un saint « reconnu » et important pouvant être perçu comme un « intermédiaire » plus efficace. Il est alors possible d'imaginer que certains individus, même morts au loin, choisissent de se faire inhumer à proximité de tels sanctuaires, on expliquerait ainsi l'importance de certains cimetières aux alentours de certaines églises ou abbayes, comme à Saint-Vincent-Sainte-Croix ou à Saint-Denis, en plus de l'influence exercée par la présence de sépultures royales. Cette explication, parmi d'autres, est avancée par Edmond Servat pour expliquer l'ampleur du cimetière de Vicq ou celui de Civaux. On peut rapprocher ce phénomène de celui des sanctuaires de répit plus tardifs, qui agglomèrent autour d'eux des sépultures d'enfants.

Enfin, la proximité de carrières pourrait avoir un impact sur l'emploi des sarcophages de pierre, et bien-sûr la proximité de carrière de gypse a un impact immédiat dans la répartition des sarcophages de plâtre. On note que certaines aires funéraires mérovingiennes s'implantent parfois sur ou à proximités de structures plus anciennes, qu'il s'agisse de lieux funéraires plus anciens, tels les dolmens, allées couvertes, tumuli néolithiques ou protohistoriques, plus rarement romains ou de bâtiments. Sans être fréquentes ces juxtapositions entre cimetières mérovingiens et tumuli pré ou protohistoriques ne sont pas rares à l'époque mérovingienne, outre le cimetière des Champs-Traversains à Saint-Vit implanté autour d'un tumulus protohistorique, on peut en trouver à Vron, Vierville, en Champagne, à la Justice de Hans, Orgelet et Soyria dans le Jura, Pierre-Pertuis dans l'Yonne et Sacy-le-Petit, ainsi qu'en Belgique et en Allemagne.

Le remploi d'édifices romains est également attesté; si aucune étude n'a été conduite à ce propos en Île-de-France, à notre connaissance, ce n'est pas le cas de la Franche-Comté et de la Normandie qui livrent plusieurs exemples de ces cas de réutilisation, que ce soit des fana ou autres structures cultuelles, des villas, des thermes, des théâtres ou des fontaines. Pour Le Maho l'intention n'est pas de christianiser des vieux temples païens, toutes les structures remployées n'étant pas des temples de toutes façons, mais de réutiliser des structures repérables et encore salubres. De ce point de vue, selon lui, les édifices culturels aménagés dans des bâtiments romains seraient en plus grand nombre que ceux créés ex-nihilo. Une fois de plus ce cas ne concerne pas la Seine-Saint-Denis étant donné qu'un seul édifice gallo-romain y est connu, une villa à Tremblay-en-France, site du Nouret, qui fut abandonnée dans le courant du cinquième siècle et ne fut pas réoccupée aux époques postérieures. En tout état de cause, et comme le souligne Brühl, il ne faut pas agglomérer ces remplois d'édifices à ceux prescrits plus tardivement par Grégoire le Grand pour la christianisation de la Grande-Bretagne. La continuité de l'emploi des cimetières du bas-empire à la période mérovingienne, où l'implantation de cimetières ou de groupes de sépultures en périphérie d'un cimetière du bas-empire s'explique par la permanence des populations et de l'habitat, comme le remarque Patrick Périn. Il ne paraît pas particulièrement nécessaire d'insister outre mesure sur les implantations postérieures à la période mérovingienne; la continuité d'utilisation du cimetière, tout comme l'implantation d'une église, indiquent une continuité de l'habitat, mais l'abandon du cimetière ne signifie pas pour autant le déplacement de l'habitat. En tout cas, tous les cas listés sont attestés à Saint-Denis même. Le cimetière mérovingien étant resté en activité jusqu'en 1806, plusieurs églises successives se sont implantées dessus, selon le Portrait de la ville de Saint-Denis le cimetière servait également de place centrale et de carrefour et des habitations s'y sont implantées par la suite, sans oublier la rotonde des Valois et l'actuel jardin Pierre de Montreuil.

Se pose le problème de la pérennité des lieux et des structures funéraires. Si l'implantation de cimetières mérovingiens sur des nécropoles du Bas-Empire, dans la continuité chronologique, est un fait connu, relevé notamment par Patrick Périn, il arrive cependant que les cimetières du premier Moyen Âge s'implantent sur des sites funéraires plus anciens et abandonnés. Edouard Salin remarquait déjà ce fait sans y attacher une grande importance.

2. L'organisation interne

Cette partie est consacrée aux différents moyens d'isoler ou au contraire de marquer le cimetière. Certains sites présentent clairement des aménagements permettant de marquer la limite des espaces funéraires, mais il est possible que l'expansion de certains cimetières ait été bornée par des limites naturelles. La détermination et l'interprétation de ces limites est délicate, notamment en raison de l'érosion de structures en relief et parfois même des structures en creux pour les sites installés sur des flancs ou des sommets de collines. Les limites naturelles sont difficiles à définir, il semblerait que dans le cas des cimetières installés à flanc de colline la limite ait été la rupture de pente, de même le bord d'un plateau pour les cimetières installés dessus. A cet égard on retiendra la disposition du cimetière d'Audun-le-Tiche, en Moselle, qui s'étend sur un plateau mais pas dans les talwegs crevant cette éminence. En raison du relief peu accentué de la Seine-Saint-Denis aucune limite de ce genre n'a pu être mise en évidence. La présence de haies délimitant ou signalant des espaces funéraires est avancée par Edouard Salin. Des structures pérennes ceinturant les nécropoles sont attestées sur quelques sites et la présence de limites non pérennes est supposée dans un certain nombre de cas. En premier lieu les fossés semblent être les limites les mieux attestées. Le fossé le mieux conservé retrouvé en fouilles est celui de la nécropole de Hordain. La présence de murs en pierres est en revanche beaucoup plus rare. Edouard Salin n'en signale que deux. En premier, le site en Parfondevau dans la commune de Rennepont en Haute-Marne et le cimetière de Blondefontaine, dans la Saône. Cependant les limites des nécropoles, lorsqu'elles sont atteintes en fouille, ne sont pas toutes constituées de structures fossoyées, comme à la Grande-Oye et aux Champs-Traversains, dans le Doubs. Dans ces cas la présence de palissades semblables à celle retrouvée à Gibberville est parfois supposée. Enfin, à Noisy-le-Grand, un fossé délimite nettement la nécropole mérovingienne. Deux sépultures s'alignent d'ailleurs le long de ce dernier, adoptant une orientation nord-sud.

Les rangées de sépultures semblaient jadis tellement typiques des cimetières mérovingiens que le terme Reihengräberfeld « cimetière par rangées » fut forgé afin de les qualifier. Dans les faits cette organisation n'a rien de novateur ni de typiquement mérovingien puisque les cimetières de la fin de l'antiquité adoptaient déjà cette disposition géométrique plus ou moins régulière. De plus les cimetières ne présentent pas tous des rangées de sépultures. Patrick Périn critique par ailleurs vivement cette appellation. Dans tous les cas cependant, il est rare que les cimetières présentent des sépultures parfaitement alignées sans aucun décrochement. Quoi qu'il en soit le terme semble suffisamment transparent pour qu'il ne soit pas nécessaire de s'étendre dessus. La présence de chemins reste au mieux supposée étant donné qu'ils n'ont pas laissés de traces matérielles -autres qu'une absence de sépultures- dans l'espace concerné. Des espaces de circulation sont ainsi supposés aux Champs-Traversains, à Hordain, à Rosny-sur-Seine et à Portejoie. Dans les faits il semblerait que soient considérés comme chemins ou zones de circulation les espaces ménagés entre les rangées de tombes, sans qu'il ait été nécessaire de marquer plus en détail leur emplacement ni de procéder à des aménagements spécifiques. La présence d'un espace réservé libre de sépultures ou d'enclos réservés n'abritant que quelques inhumations au sein d'une nécropole trouve en revanche quelques parallèles. Un tel espace libre a été repéré à Serris, sur le site des Ruelles. Deux exemples sont attestés à Saint-Sauveur. La présence d'enclos au sein des cimetières est assez souvent remarquée, à Hordain et Goudelancourt-les-Pierrepont par exemple, ainsi que le laisse penser la disposition des sépultures alentours, sans que des traces matérielles de clôtures aient pu être mises en évidence par la fouille. Les fouilleurs supposent que ces enclos correspondent à un regroupement familial, sans qu'il existe de moyen de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse. Cette logique de regroupement familial est également émise par Alain Simmer à propos d'enclos de pierres sèches autour de certains groupes de sépultures à Audun-le-Tiche. Concernant les sépultures en habitat, la principale difficulté consiste à bien cerner le cas des sépultures découvertes en marge d'un habitat mais en limite de fouilles : s'agit-il vraiment de sépultures dispersées dans un contexte d'habitat ou des limites d'un cimetière en dehors de l'emprise des fouilles ? Les premières sépultures dispersées en habitat auxquelles on se soit intéressé en tant que telles dans la région seraient celle de Villiers-le-Sec. Un court paragraphe leur est consacré dans le catalogue de l'exposition consacrée au site, développant l'hypothèse que ces sépultures seraient celles d'exclus de la société suivant une « ségrégation sociale ou cultuelle ». En 1996, Cécile Treffort propose une explication plus nuancée en supposant que ces variabilités dans les pratiques funéraires pourraient être le fait d'un choix volontaire et délibéré. En 1999, Laure Pecqueur, dans une courte étude portant sur l'Île-de-France, détermine également que ce phénomène, loin d'être rare, ne relève pas d'une forme d'exclusion mais du choix personnel et que le traitement des défunts ne diffère pas de celui pratiqué dans les cimetières contemporains. En 2001, Cécile Treffort arrive à des constatations similaires pour finalement conclure que « au haut moyen âge le critère religieux n'est pas le plus important dans le choix du lieu d'inhumation ; la proximité géographique, la propriété foncière, la tradition familiale se conjuguent pour donner une situation complexe au sein de laquelle la notion d'atypisme topographique n'est plus guère pertinente. » En 2003, Edith Peytremann consacre quelques pages au sujet sans faire de distinguo méthodologique entre ces cas et les inhumations en cimetière. La même année Laure Pecqueur reprend ses recherches sur le sujet, toujours sur l'Île-de-France. Elle recense 209 sépultures sur 35 sites, pour 214 individus. Elle revient sur les anciennes explications proposées, à savoir que ces tombes seraient celles d'individus exclus sur des critères sociaux, juridiques ou culturels : étrangers à la communauté, esclaves, criminels, suicidés, enfants morts sans baptême, païens, victimes de meurtre... ou plus prosaïquement l'absence de cimetière à proximité dans le cas d'un habitat dispersé. Elle note une certaine volonté de regrouper les sépultures en petits groupes, quand leur nombre atteint la dizaine, dans des zones sans bâtiments ou en frange de l'habitat, souvent en fonction d'éléments structurants du paysage comme les fossés ou les chemins. Les défunts sont majoritairement déposés en décubitus et parmi le corpus ayant pu faire l'objet d'études taphonomiques, il s'est avéré que la moitié des sujets s'est décomposé en espace vide et on relève même deux cas de réduction, à Chessy, pour inhumer un nouveau défunt. En conséquence, dans la majorité des cas, les gestes funéraires sont identiques, à peu de choses près, à ceux observés dans les cimetières. De même, le recrutement est sensiblement le même que pour les cimetières de la même époque. Mais malgré tout, en proportion, on observe une plus grande quantité de cas « déviants » : positions anormales, procubitus, positions fléchies et même quelques cas de sépultures de relégation. Et bien sûr elle relève la fréquence des inhumations dans des structures abandonnées dont la vocation première n'était pas funéraire. Elle note ainsi plusieurs cas d'inhumations en silos.

Mais le plus important reste la constatation que les sépultures en habitat, les habitats concernés et les cimetières qui leur sont associés sont strictement contemporains.

Quoi qu'il en soit, sa conclusion est sans appel et rejoint celle de Cécile Treffort, à savoir que « rien ne distingue les sépultures trouvées dans l'habitat de celles des grands ensembles, si ce n'est leur effectif et leur position topographique. ».On considère à part les sépultures de relégation et toute inhumation sans soins dans des structures remployées. Les corps ne sont pas déposés mais littéralement jetés et recouverts de terre sans précautions particulières. Les sépultures de relégation se reconnaissent en général à la position anormale des squelettes, en procubitus ou sur le flanc, les membres écartés du corps.

Des bâtiments sont parfois signalés dans les cimetières, contemporains de leur utilisation, qu'il s'agisse de structures éphémères sur poteaux de bois ou pérennes sur solins de pierres. Des petites structures sur poteaux interprétées comme des fonds de cabanes, éventuellement comme des cabanes de fossoyeurs, ont parfois été retrouvés en association avec des cimetières : il s'agit d'édifices d'une surface assez réduite, ayant connu une utilisation vraisemblablement assez courte, parfois recoupés ou recoupant des sépultures. Des trous de poteaux ont également pu être fouillés dans divers cimetières mérovingiens sans que l'on puisse toujours attribuer à ces structure de fonctions particulières : vestiges de petits bâtiments, piquets de clôture ou mats de signalisation. Si la présence de fonds de cabanes peut étonner, on s'étonne moins de la présence de structures à but plus ouvertement funéraire ou religieux, chapelles, églises, mausolées et parfois même structures hypogées. Le mausolée est un « édifice privé destiné à abriter une ou plusieurs tombes, au niveau du sol ou hypogée, et dépourvu d'installations liturgiques. S'applique à des monuments aussi bien païens que chrétiens. » selon Michel Collardelle, cette définition nous semble assez claire. Concernant les hypogées, selon les définitions établies par Michel Collardelle : « se dit d'un édifice dont le sol est situé à un niveau inférieur à celui du terrain contemporain environnant » sans préjuger de la fonction particulière de cet édifice. En conséquence, autant que possible, ce terme ne devrait pas être employé seul pour désigner une structure funéraire mais en tant que qualificatif d'une forme d'édifice : chapelle hypogée, cella memoria hypogée, et caetera, bien que dans les faits la détermination de la fonction de telles structures soit délicate. La crypte n'est jamais qu'un cas particulier d'hypogée situé sous une église et pourrait éventuellement constituer, en fouilles, le dernier vestige d'une église. En dépit de l'avis de Vieillard-Troiekouroff, certaines cryptes mérovingiennes sont signalées. La mention des églises reprend certes un aspect déjà abordé plus haut à propos des dispositions particulières. La concomitance entre églises et cimetières à l'époque mérovingienne, et dès l'antiquité tardive, fut soulignée à de nombreuses reprises. La difficulté qui se présente consiste à identifier les églises. Si cela ne présente guère de difficultés dans le cas des édifices en pierre dont il reste des traces, le cas est plus délicat pour les édifices sur poteaux, d'autant plus que dans le cas de fouilles anciennes ces trous de poteaux ont pu passer inaperçu ou être négligés. Aucun programme d'étude n'a été mené sur ce genre d'édifices en France. On relève cependant une étude en Suisse dont le bilan reste assez amer et indécis : « Souvent, en effet, la description comme l'interprétation des données disponibles manquent de précision et il n'est pas toujours possible de définir le caractère du lieu de culte. D'autre part, entre une clôture protégeant quelques tombes privilégiées, un édifice funéraire doté d'une couverture légère ou un monument consacré au culte régulier, il est difficile de trancher sur la base de quelques alignements de poteaux verticaux. ».

3. La sépulture

Les aménagements de surface, c'est à dire la matérialisation au sol des sépultures, sont rarement retrouvés par l'archéologie, mais ils sont supposés dans un grand nombre de cas, ne serait-ce que par la rareté des recoupements.

Les solutions proposées pour la signalisation des sépultures sont variables, du tertre constitué de la terre de remblaiement de la fosse après le dépôt du cadavre, qui constitue un marqueur « naturel » de la sépulture, tumuli, mausolées, dalles tumulaires, encadrement de pierres, poteaux, grabhause et stèles. Il sepourrait en outre que certains sarcophages aient dépassés du sol, la cuve étant enterrée sur la moitié ou les deux-tiers de sa hauteur, permettant ainsi la réouverture aisée des contenants pour le dépôt d'un nouveaudéfunt.Nous ne parlerons pas des tertres, dont nous supposons l'existence presque systématique mais peudurable, qui ne sont pas visibles archéologiquement. Un tumulus est un « tertre de plus ou moins grande ampleur destiné à marqué l'emplacement de la tombe, au-dessus d'elle », par défaut nous considérons comme tumulus tout tertre couvrant une sépulture et dont le volume excède celui du creusement de la fosse sépulcrale, c'est à dire qu'il y a un apport de matériaux. Nous considérons également qu'un tumulus, pour être considéré comme tel doit posséder un diamètre au moins égal à la longueur de la sépulture qu'il recouvre. Les tumuli sont arasés par le temps et leur présence n'est souvent guère perceptible que par l'organisation des sépultures alentours ou la présence de fossés circulaires entourant une sépulture un peu isolée des autres.Les encadrements de pierre sont assez souvent signalés, qu'il s'agisse d'un véritable marqueur de surface ou d'un affleurement d'une sépulture à encadrement de pierre.Les dalles tumulaires, ou « plate-tombe », les « Grabsteine » allemandes, sont épisodiquement signalées, il s'agit de plaques monolithes plates disposées au-dessus de sépultures enfouies et affleurant la surface du sol, on conçoit que les sarcophages mérovingiens, avec leurs couvercles bombés, étaient enfouis, au moins ceux placés à l'intérieur des édifices, laisser les couvercles affleurant aurait rendu la marche périlleuse, la dalle tumulaire en revanche, intégrée au pavage, ne gène pas la déambulation. Quelques cas de mâts funéraires ou de signalisation des sépultures par des poteaux ou « chandelles » de bois, dont il ne reste plus que les trous de poteaux, sont signalés. Ces trous de poteaux ne forment pas des alignements et ne doivent pas être confondus avec ceux marquant des enclos ou des possibles chapelles. Dans certains cas ces poteaux sont disposés en couronne autour d'une sépulture, ils sont sarcophages en plâtre, il semble que le sommet de la cuve de certains sarcophages soient plus usés que le reste, suggérant une exposition à l'air libre pendant un certain temps..alors interprétés comme des pieux de renfort de tumuli ou comme les poteaux de soutènement d'une grabhause. Les grabhausen sont des petites structures funéraires pour lesquelles il n'existe pas de traduction française satisfaisante, littéralement « tombe-maison », elles sont restituées sous la forme de petites cabanes, imitations d'habitations à échelle réduite, placée au-dessus d'une sépulture -souvent en chambre funéraire- parfois partiellement enterrées dans un tumulus. Enfin, les stèles. Les stèles sont déjà présentes à l'époque romaine et leur usage se perpétue à l'époquemérovingienne, bien que leur aspect soit fort différent. Le plus important corpus de stèles en France a été découvert dans le territoire du Vexin et ont fait l'objet de deux études typologiques par JacquesSirrat et Marie-Pascale Flèche-Mourgues mais d'autres stèles sont épisodiquement retrouvées sur le territoire mérovingien, qu'il s'agisse de stèles soignées au décor assez raffiné comme la stèle aux deux oiseaux du musée de Trèves, de stèles épigraphiée d'apparence encore très paléochrétienne comme celle de l'enfant Paulinus du musée de Metz ou plus grossière, comme celle d'Artula au musée lorrain de Nancy, ou encore la stèle de Niederdollendorf. La stèle se reconnaît en général à sa forme en dalle, relativement plate et régulière (bien sûr dans le cas des régions où la pierre se délite naturellement en plaques assez régulières, comme les lauzes la détermination est moins aisée), une extrémité assez souvent travaillée, arrondie ou triangulaire.

a. Partie enterrée, éléments statiques.

Nous distinguons les éléments statiques des éléments mobiles, nous incluons dans les éléments statiques les fosses en elles-mêmes et leurs aménagements. Cette partie fixe peut recevoir directement le défunt ou contenir un élément mobile. Nous distinguons tout d'abord plusieurs formes de fosses nues : fusiforme, c'est à dire ovale, quadrangulaire et anthropomorphe. Les fosses rupestre, elles, sont des fosses, de forme variées, creusées directement dans le substrat rocheux, la présence de telles fosses dépend donc fortement de la nature du terrain et de l'épaisseur de terre arable. Les aménagements se présentent sous plusieurs formes plus ou moins complexes.

Les fosses plâtrées sont de simples fosses en pleine terre, en général quadrangulaires, dont le fond et les bords sont badigeonnés de plâtre pour des raisons inconnues, peut-être pour en consolider les bords, pour d'évidentes raisons ces sépultures ne sont attestées que dans les zones où l'on produit du plâtre, en revanche, étant donné la faible épaisseur de ce badigeon il se dégrade rapidement suite aux infiltrations d'eau ou sous l'action de l'acidité du sol, ne subsistant plus que sous la forme d'une ligne cendreuse entourant la sépulture, qui peut facilement passer inaperçu. Par coffrage en pierre nous entendons toute sépulture entourée intentionnellement de pierres sur tout ou partie de son périmètre, sans préjuger de la nature ou de la forme de ces pierres ni de leur agencement : coffrage de dalles, simple encadrement de galets, véritable « mur » de moellons équarris posés à sec. Les coffrages liés au mortiers sont classés sous la catégorie « coffrage maçonné ». Les coffrages en tuiles sont des coffrages réutilisant des tegulae.

Nous distinguons deux cas de coffrage en bois, le coffrage simple et la chambre funéraire. Le coffrage simple est destiné à ne contenir qu'un corps ou un contenant mobile, il est donc assez étroit. La chambre funéraire est un « coffre de planches refermant le cercueil du défunt, le reste de l'espace étant dévolu aux offrandes » ce qui nécessite des dimensions plus imposantes que dans le cas des simples coffrages.

Concernant les dimensions de ces chambres funéraires, en l'absence de traces d'aménagement, nous suivons les critères définis par Max Martin, puis par Stein les fouilleurs des Champs-Traversains et repris pour l'étude d'Erstein, à savoir que l'on peut suspecter la présence d'une chambre funéraire dans le cas des fosses dont la largeur dépasse cent-dix centimètres.

b. Partie enterrée, éléments mobiles

Les éléments mobiles sont destinés à contenir le corps du défunt et sont eux-mêmes déposés dans l'élément fixe de la sépulture, ce qui inclut tous les cercueils et sarcophages. Nous distinguons les éléments périssables et les éléments pérennes, tout en gardant à l'esprit que divers éléments pouvaient être utilisés simultanément pour un même défunt, tels le linceul et le sarcophage.

Les contenants périssables comprennent la grande catégorie des cercueils. Un cercueil est défini comme un « contenant mobile du corps, en bois, dont les éléments sont rendus solidaires par des clous ou des cornières métalliques. Le cercueil peut également avoir été assemblé « bois sur bois » mais il est très rare de pouvoir le démontrer archéologiquement. Un cercueil dont l'assemblage fixe ne pourrait être prouvé serait inclus dans la catégorie des coffrages de bois ». En d'autres termes, selon cette définition, on ne peut prouver l'existence d'un cercueil que par la présence d'éléments de fixation, bien que ceux-ci puissent également provenir de brancards. On retiendra que les récents progrès dans les études taphonomiques, permettent de déterminer si la décomposition s'est effectuée en un espace libre ou colmaté, permettant de supposer que la présence de contenants ou de systèmes de fermeture des fosses avant le comblement était nettement sous-estimé. On distinguera le cas particulier des cercueils monoxyles, ou Totenbaum, taillés dans des troncs d'arbre, qui bien sûr ne sont pas assemblés avec des clous. Les linceuls sont également des contenants non pérennes. On retiendra également les vêtements, qui bien que faisant partie du mobilier funéraire, par leur rôle contraignant sur la taphonomie, jouent le rôle de contenants, d'où la présence d'une case « inhumation habillée », bien que cette détermination soit délicate en l'absence d'accessoires vestimentaires.

La section sur les contenants périssables est simplement destinée à à recenser les traces matérielles laissées par ces aménagements : clous de cercueil, restes de bois de coffrage éventuellement conservés, épingles de linceul... Cette partie sera bien sûr complétée plus tard par un modèle consacré à l'anthropologie de terrain, dont nous ne nous sommes pas occupés, n'ayant pas les connaissances en anthropologie nécessaires.

Les sarcophages en pierre constituent les contenants le plus durables de l'époque mérovingienne mais pas les plus fréquents. Les sarcophages de pierre ont fait l'objet d'une étude typologique de la part de Gilbert- Robert Delahaye qui lui a permit de déterminer six grands types de sarcophages, nous avons décidé de reprendre cette typologie pour notre classification. Pour les autres types de sarcophages en pierre il existe une typologie plus complexe, mise en place par Fabrice Henrion.

Considérant que ces critères permettent une première sériation des sarcophages nous avons décidé de les adopter pour les sarcophages de pierre et également de reprendre les critères sur la morphologie pour les sarcophages de plâtre.

Nous avons en outre ajouté quelques critères morphologiques sur la forme de la cuve, une cuve naviforme est une cuve dont un petit côté est droit et l'autre semi-circulaire, une cuve fusiforme est une cuve ovale, les différentes formes de couvercles qui ne sont pas mentionnées dans l'étude de Delahaye le sont dans la Civilisation Mérovingienne et dans une étude sur Jaulzy. Les critères plus techniques et spécifiques à certains aspects comme la présence de trous d'évacuation ou de couvercles débordants nous semblent assez clairs pour ne pas mériter que l'on s'appesantisse dessus. Quelques cas de décors rehaussés de peinture sont sporadiquement signalés. Enfin, on note épisodiquement des cas de sarcophages débités en plaques et utilisés dans les édifices postérieurs, le cas est attesté la basilique de Saint-Denis et à Saint-Médard de Tremblay-en-France. Les sarcophages en plâtre sont caractéristiques du bassin parisien, avec une aire d'extension allant jusqu'à Reims à l'est. La fabrication du plâtre en général requière la présence de gypse, qui une fois cuit à température moyenne, 115°C minimum est broyé pour être transformé en poudre de plâtre. Quoi qu'il en soit, des milliers de sarcophages de plâtre furent exhumés en Île-de-France. La plupart des sarcophages de plâtre furent coulés hors des fosses sépulcrales, bien que Gilbert-Robert Delahaye signale plusieurs cas de sarcophages coulés directement dans les fosses. Les récentes expérimentations d'Ivan Lafarge à Marle, dans le jardin du Bureau de l'Archéologie à Epinay et sur le site des Mastraits, à partir de plâtre artisanal, montrent en tout cas que le séchage et la tenue des sarcophages coulés en fosse ne pose pas de problèmes particuliers. En outre, suite à son étude des sarcophages il a pu déterminer l'existence de plusieurs ateliers, sans toutefois préciser plus avant les spécificités propres à chacun.

Les critères techniques que nous avons retenus sont liés à la fabrication du plâtre et à la coulée des sarcophages, les inclusions de gypse et de charbon indiquant un battage sur l'aire de cuisson, sans tri préalable, les inclusions de gravier étant un indice d'une coulée directement dans la fosse. Les autres fosses, les marques laissées par ces cordes ne pourraient se voir que sur les cuves des sarcophages de plâtre. Les autres critères viennent de la lecture des catalogues du musée de Cluny (Caillet 1985) et Carnavalet (Périn et alii 1985, surtout p 222-249 pour les sarcophages en pierre) qui présentent des sarcophages au couvercle nettement débordant, à condition qu'il s'agisse bien des couvercles originaux et correspondants. Les cuves à bords biseautés ont été rajoutés d'après une suggestion d'Ivan Lafarge. Les sarcophages antiques remployés sont parfois attestés. Les critères sont les mêmes que ceux des sarcophages en pierre et ne méritent pas plus que l'on s'y attarde. Concernant la morphologie nous avons repris les critères des sarcophages en pierre établis par Henrion. Les décors ont fait l'objet d'une étude mais une nouvelle étude, initiée par Ivan Lafarge est prévue, nous leur laissons donc le soin d'établir un catalogue des décors selon leurs désidératas. Nous nous contentons de donner une liste de décor typiques et assez stéréotypés, à titre purement indicatif. Nous signalons simplement qu'il existe quelques rares cas de sarcophages de plâtre portant des inscriptions moulées, cinq à Villemomble, de deux moules différents et deux au musée Carnavalet. Les cercueils en plomb n'ont pas été retenus dans cette classification étant donné leur absence constatée à de nombreuses reprises pour la période mérovingienne.

L'enregistrement systématique des contenants en plâtre, quels qu'ils soient (avec parement de pierres ou coulés sur place) a permis de travailler sur des données à la fois métriques et techniques, tout en prenant en compte les données d'anthropologie de terrain. Ce travail avait été initié lors de la fouille de la rue Pierre Brossolette à Bondy (Poignant et al. à paraître).

Les premières données ont mis en évidence la présence de réfections, de réparations des cuves en fonction des dépôts successifs de défunt. Les perforations permettant la fuite des liquides sont placées à divers emplacements, que ce soit sur la paroi de fond ou les parois latérales. La multitude de sujets retrouvés, en position primaire ou en réduction, confirme bien l'efficacité d'une telle gestion funéraire.

Les sarcophages décorés sont produits hors des fosses sépulcrales. En ce qui concerne le transport des cuves (de l'atelier à la nécropole), le problème reste posé. Les encoches qui ont été repérés paraissent en effet plus liées au levage des cuves avant leur transport ou à leur calage dans les fosses. Généralement, elles sont accompagnées de calage de pierres sous les cuves. Tout ceci attestant d'une coulée en dehors de la fosse. D'autres contenants, conçus dans la fosse sépulcrale révèlent une variété de mises en œuvre où s'associe pierres, plâtre et coffrage de bois dont certains éléments sont fixés à l'aide de clous. Les différentes phases d'abandon des sarcophages sont fréquemment caractérisées par la fermeture définitive du contenant (décomposition du cadavre en « pleine terre ») à l'aide de pierres ayant probablement servi de stèle quelques générations auparavant.

L'observation des décors a permis d'initier un travail de comparaison avec d'autres nécropoles à l'échelle régionale. Les résultats sont encourageants et mettent en évidence l'existence de plusieurs ateliers :

- groupe parisien (Paris, Créteil, Saint-Denis, Chelles églises Notre-Dame et Saint-André ...). Selon les données disponibles, ces ensembles de sarcophages semblent fabriqués "en atelier" et rapportés dans la fosse. L'association entre décors identiques et traces de déplacement et de calage s'observe aussi bien à Saint-Germain-des-Prés qu'à Noisy-Le-Grand.

- groupe ouest parisien (Nanterre, Suresnes, Herblay...), selon les données actuellement disponibles les cuves sont coulées en fosse, une fabrication en atelier est envisageable, notamment pour des exemples attestés dans le Vexin.

- groupe vexinois, c'est le groupe le moins cohérent pour le moment dans la mesure où les panneaux décorés sont pour certains très proches du style de l'ouest parisien, pour d'autres ils peuvent se rattacher à des productions parisiennes, en outre, on ne dispose pas pour le moment de données techniques sur leur fabrication.

- groupe extrême ouest (Normandie - Portejoie ...), on ne dispose pas pour le moment de données techniques sur leur fabrication.

- groupe est parisien, cet ensemble est encore très disparate, il est peut-être constitué de nombreux ateliers en relation directe avec la proximité de la matière première (Saint-Denis nécropole Saint-Rémy, La Courneuve, Villemomble, Neuilly-sur-Marne, Chelles églises Saint-Georges et Saint-André, Dampmart et la vallée de la Marne...). Selon la documentation disponible et nos propres travaux, les cuves sont coulées en fosse.

- groupe extrême est (Reims, Mont-Saint-Pierre, Oyes, Champigny-sur-Vesle, Villevenard, Armentières...), deux techniques de mise en oeuvre sont décrites : cuves coulées en fosse ou cuves montées à partir de plusieurs éléments assemblés.

Ces différents groupes, outre des diffusions à distance pour les cuves fabriquées "en atelier" s'interpénètrent de proche en proche.

Un catalogue géographique des décors reste à faire (par panneau et par nécropole).

4. Le défunt

a. Mobilier

Cette partie concerne la typologie du mobilier funéraire éventuellement retrouvé au cours des fouilles. Selon Michel Collardelle le mobilier funéraire est constitué par les « artefacts ou offrandes intentionnellement déposés avec le défunt, à l'exclusion d'éléments mêlés au remplissage et donc fortuits.

L'inhumation habillée constitue un cas particulier du mobilier funéraire ». L'inhumation habillée en elle-même est définie comme un « type d'inhumation dans laquelle le corps est habillé, ce qui ne peut être démontré en général que si l'on trouve des accessoires de l'habillement, des parures et des armes le cas échéant, en position fonctionnelle par rapport au squelette ». On ne reviendra pas ici sur les origines de la mode du dépôt de mobilier funéraire, déjà présente à la fin de l'antiquité et qui a fait l'objet d'une littérature abondante, pas plus que sur sa disparition. Le mobilier est classé de façon typologique, par grands types subdivisés en plusieurs catégories plus fines. La difficulté avec les typologies étant de trouver le juste milieu entre des catégories larges ne permettant pas de sériation acceptable des objets et une typologie précise à l'extrême dans laquelle finalement chaque objet se retrouve le seul représentant de son propre type, exception faite des objets sortis littéralement du même moule. De nombreux auteurs s'y sont essayés avec plus ou moins de précisions sur des portions plus ou moins larges du mobilier funéraire, citons par exemple EdouardSalin, Kurt Böhner, Kühn sur le problème plus spécifique de la typologie des fibules, à quoi il faudrait ajouter dans la même veine les travaux plus anciens de Thiry, ou ceux de Martin sur les garnitures de ceintures et René Legoux sur les perles ou encore Reine Hadjadj pour les bagues. Finalement, pour des raisons pratiques nous avons choisi de reprendre la typologie établie par René Legoux, Patrick Périn et Françoise Vallet, celle-ci ayant le mérite d'être connue et répandue tout en permettant une datation relativement aisée de objets, bien qu'elle ne soit pas efficiente pour l'ensemble de la France, son aire d'action englobant néanmoins l'Île-de-France. Dans le soucis d'adopter une terminologie commune, plutôt que de créer une nouvelle typologie, qui de toutes façons de serait révélée au final assez pauvre dans le cas de la Seine-Saint-Denis nous avons décidé d'utiliser la typologie mise en place par ces trois auteurs, en conséquence tous les renvois à des « types » sans plus de précisions renvoient à cette typochronologie.

En revanche la désignation des types par des numéros n'étant pas des plus simples à utiliser dans une base de données, et pour garder une certaine flexibilité, nous avons décidé d'y substituer une fort courte description du type. Toutes les équivalences entre cette désignation et le type établi sont données en annexe. Cela permet en outre de ne pas se référer systématiquement à des documents extérieurs lors de la saisie des données. Bien évidement ces rapides descriptions ne se substituent pas aux illustrations de la chronologie normalisée et ne peuvent que pallier faiblement à son absence. Le fait est que, malgré tout ce que l'on peut y faire et la précision des typologies utilisées, il nous a fallu faire des choix et que forcément certains objets ne peuvent rentrer dans le cadre rigide que nous avons choisi, ce qui conduit fatalement à un lissage, faute de mieux nous dédions aux types qui ne rentrent pas dans ce cadre les cases « autre » ou « non identifié », qui servent également quand les descriptions sont insuffisantes pour attribuer un type précis à un objet. L'ensemble de ces types non-identifiés est regroupé dans la case « le matériel en bref », qui permet de remplir rapidement ces cases, le cas échéant, sans perdre de temps à les chercher dans le reste du modèle. Nous avons décidé d'insérer plusieurs types d'objets absents de la « Chronologie normalisée », pour ne point embrouiller les choses ces types sont regroupés dans les cases « autres types ». Sur un autre point, nous avons décidé de compter les types d'objets par sépulture, nous considérons ainsi qu'une garniture de ceinture complète, avec plaque-boucle, contre-plaque et plaque dorsale ne compte que pour une unité, de même si l'on ne retrouve qu'une contre-plaque. En revanche les restes de vêtements comptent comme un ensemble, nous n'allons pas compter les centaines de fragments épars constituant les restes de la vêture d'Arégonde ou le nombre total de fils d'or. Seule nuance, pour les objets fonctionnant par paires, comme les fibules ou les boucles d'oreilles, on indiquera cette fois le nombre total d'objets.

b. Objets utilitaires

Sans donner ici la liste exhaustive des types retenus, on classe dans une première catégorie les objets utilitaires qui ne sont pas des accessoires vestimentaires : couteaux, crémaillères, clés, peignes...

Dans une seconde catégorie on regroupe les cas exceptionnels absents de la typologie LPV : offrandes alimentaires, sépultures animales, pots encensoirs, vestiges de meubles et de vêtements, présence de fils d'or, d'objets inscrits et d'objets d'époques antérieures.

c. Cas particuliers

On ne s'étendra pas sur le cas des offrandes alimentaires, celui-ci ayant déjà fait l'objet d'études récentes, de même que les inhumations animales. Les pots encensoirs sont des poteries, parfois percées, contenant du charbon, déposées dans les sépultures, elles sont interprétées comme étant des encensoirs ou des récipients d'eau bénie.

Les restes de vêtements sont exceptionnellement attestés grâce à des conditions de conservations particulières. Souvent cependant ils ne sont plus signalés que par des traces « fossilisées » par les sels métalliques sur des éléments de ceinture ou des fibules, plus rarement encore ils sont attestés par la découverte de fils d'or. Les découvertes de ce type furent rarement mentionnées et étudiées de nos jours, sauf dans les cas de découvertes de vestiges exceptionnellement conservés, comme à la basilique de Saint-Denis, on ne peut donc que se féliciter des récentes recherches entreprises sur les textiles dans le nord-est de la France et regretter que les recherches sur les restes végétaux, la palynologie et l'entomologie ne soient encore utilisés que de façon anecdotique. Les restes de meubles sont très rarement attestés, on peut citer les cas d'Oberflacht et de la sépulture du prince de Cologne, tout comme pour les tissus leur conservation dépend de conditions très particulières, et étant assemblés sans éléments métalliques les traces qu'ils peuvent laisser sont fugaces. Concernant les objets remployés, il arrive parfois que l'on retrouve dans les sépultures mérovingiennes des objets plus anciens, telles des pointes de flèches néolithiques, des fibules romaines, des morceaux de verre... Edouard Salin y voit un usage rituel.

Les objets inscrits, hors des anneaux sigillaires, ne sont pas non plus courants, il arrive pourtant que l'on trouve des inscriptions gravées sur divers objets, fibules, plaques-boucles, scramasaxes.... Dans certains cas ces inscriptions sont en écriture runique.

Au-délà de l'observation du mobilier associé à l'individu, les études taphonomiques renseignent sur la présence d'éléments contraignants le cadavre. Chemises, chaussures, drap funéraire. Ces investigations ont fait l'objet d'un colloque organisé par le GAAF (Rencontre autour de la sépulture habillée).

5. Le squelette

Bon nombre d'études sont réalisables à partir du matériel osseux. C'est le domaine de l'anthropologie physique. Cette partie ne prend pas en compte l'étude démographique qui a sa place dans l'étude de la population.

Les analyses sur l'os humain concernent principalement la détermination du sexe et de l'âge du défunt : le degré de minéralisation des éléments dentaires et l'observation du stade ossification des cartilages de conjugaison pour les immatures sont les méthodes usuelles. Pour les adultes, en ce qui concerne l'âge individuel, les méthodes sont sujettes à discussion. La division en « adulte jeune », « adulte moyen » et « adulte âgé » sont de notre point de vue la seule classification possible, bien qu'elle ne revête souvent qu'un caractère subjectif dans la mesure où elle ne base que sur les aspects dégénératifs du sujet.

Les études sur les lésions ostéologiques sont de plus en plus nombreuses en archéo-anthropologie. Cet axe de recherche bénéficie de l'apport croissant de chercheurs ossus d'autres disciplines (médecins, médecins légistes, radiologues, biologistes moléculaire, etc.). De telles analyses permettent de dresser un état sanitaire de l'individu et de cataloguer les maladies quelles qu'elles soient (traumatiques, congénitales, infectieuses). L'observation de la sphère bucco-dentaire est également un moyen d'approcher peu ou prou l'hygiène de la population (tartre, carie, kystes dentaires). Elles permettent également d'observer la gestion des contemporains d'un individu « handicapé ».

Les caractères discrets sont peu mentionnés dans les rapports de fouille. Cette étude demande en effet du temps et de l'expérience dans la reconnaissance des différents caractères, souvent remis en question.

L'observation des stress biologiques est encore réalisée pour les collections ostéologiques. Elle permet de mentionner les carences du sujet lors de sa croissance.

La prise de mesures sur le squelette crânien et post-crânien est un travail que peu d'anthropologues réalisent. Cependant, depuis quelques années, l'étude de la morphologie des individus réapparaît dans les publications après de longues années d'absence. Ces études permettent de suivre l'évolution de la population à travers les périodes dans le but de caractériser chacune d'entre elles.

6. La population

C'est probablement l'analyse la plus délicate en archéo-anthropologie. Tour à tour remise en question la paléodémographie pâtit sans cesse de biais inhérent aux populations de référence. Basée sur des méthodes « d'âges populationnels », la paléodémographie reste un outil cependant précieux pour la compréhension des rouages démographiques d'une population.

III. Objectifs et méthodes

1. Objectifs

Le postulat sur les recherches en archéo-anthropologie funéraire est encourageant. Les publications, les colloques, la dynamique des chercheurs permettent de disposer d'un fond documentaire très important depuis 10 ans.

L'objectif du projet est de mettre en lumière tous les paramètres observables au sein d'une nécropole mérovingienne et de les comparer aux autres ensembles funéraires de la même période. Les nécropoles sont certes caractérisables par des mêmes variables (sarcophages, pluralité des dépôts, sépultures habillés) mais de nombreux phénomènes ne sont pas récurrents (utilisation de plâtre, présence d'armement, pérennité du lieu funéraire).

Un autre objectif est celui de dresser un état de la recherche en archéologie funéraire mérovingienne et de proposer un thesaurus pertinent et prenons en compte des notions souvent peu intégrés aux publications des nécropoles. C'est par exemple le cas des réductions, vidanges, simultanéité pour l'anthropologie de terrain ou des termes concernant la mise en œuvre des sarcophages comme coulées, encoche de levage, trou d'évacuation des liquides.

Les résultats obtenus à la fin de ce projet feront l'objet d'une publication, d'un colloque présentant les résultats et d'une exposition.

La publication comportera les champs d'étude présentés dans ce projet : implantation des nécropoles, gestion interne des nécropoles, la sépulture, le défunt, le squelette et la population. Le glossaire en fera également partie.

2. Méthodes

Inévitablement, ce travail nécessite l'utilisation d'une base de données. Initiée sous File Maker Pro, elle peut être exportable sous d'autres applications (un export vers Excel est tout à fait envisageable). L'arborescence est d'ores et déjà conçue et chaque MODELE, RUBRIQUE ou CHOIX MULTIPLES ont été en partie renseigné pour les 144 ensembles funéraires décelés par une première consultation de la bibliographie (cf. Annexe).

L'identifiant est la nécropole et la base permet de renseigner autant de sépultures que la pertinence le permet. Il était impossible de concevoir cette base avec la sépulture comme identifiant, la masse de travail étant trop importante. Les sépultures renseignées seront celles qui présentent un caractère significatif quant aux récurrences (par exemple, une réduction NMI≥3 et la présence de réfection de la cuve en plâtre).

Tout aussi incontournable, l'utilisation d'un Système d'Information Géo-référencé (SIG) permettra rapidement de travailler sur les occurrences (décor de sarcophage, type de plaque-boucle, déformation crânienne) ainsi que sur les récurrences de deux critères (décor de sarcophage ET type de plaque-boucle). Le logiciel Qantum GIS a été choisi pour la réalisation cartographique.

Enfin, l'outil statistique (souvent intégré dans les programmes de SIG) permet de traiter les pertinences des phénomènes observés (test du Chi², test de Student, test de Fisher).

IV. Constitution de l'équipe

V. Références bibliographiques

Bilan de la première triennale

En 2012, une première proposition d'organisation pour la triennal a été présentée. Ce projet, sous la forme d'un texte de 24 pages, aborde chaque thématique : implantation des nécropoles ; organisation interne des nécropoles ; la sépulture ; le défunt ; le squelette et la population. En fin de volume, une liste des premiers sites sélectionnés, une proposition de « fiche de site », un thésaurus et quelques orientations bibliographiques sont données.

En 2013, la première réunion du PCR a eu lieu au Bureau du Patrimoine archéologique de Seine-Saint-Denis à Epinay-sur-Seine. Le rapport rédigé à la fin de l'année 2013 établit un calendrier du travail à effectuer, détaille la fiche de site et contient quelques contributions des participants. Les grands thèmes retenus sont : généralités, fouille et site, datation, décompte, association, gestion interne, gestion funéraire, anthropologie biologique, mobilier, sélection de sépultures et bibliographie. Un encart pour la rédaction de la notice figure également dans la fiche. La méthode de saisie sur Google Drive accompagne cette présentation. Deux articles figurent également dans ce volume. Le premier, signé Micheline Kérien, traite des réductions, des ossuaires et des vidanges. Le second, rédigé par Ivan Lafarge, aborde la fabrication des sarcophages de plâtre et une première analyse des décors à l'échelle régionale. En fin de volume, un thésaurus simplifié est présenté ainsi que la liste des premiers membres du PCR. Pour l'année 2013, 31 personnes font partie du programme de recherche.

En 2014, la méthodologie n'est plus abordée puisqu'elle a déjà été adoptée lors des deux premiers rapports. Ce volume est le point de départ effectif du PCR Archéologie des nécropoles mérovingiennes en Île-de-France. A cette occasion, les premiers résultats de la saisie des fiches de site en ligne sont présentés. Ce sont 212 fiches qui ont été remplies et qui sont disponibles sur internet par le biais de Google Drive. Les données ont été exportées vers un fichier Excel unique et intégrées au Système d'Information Géographique Quantum Gis. Les premières cartes de répartition thématique figurent dans le rapport. Ensuite, le volume contient les notices rédigées de 212 sites, classées par département et ensuite par ordre alphabétique. Un numéro de 1 à n a été attribué à chaque site. A ce moment de la rédaction, les notices ne sont pas encore standardisées comme dans le rapport de 2016. Elles correspondent simplement à un état de la documentation des sites. Le rapport expose justement une « fiche type » avec une proposition de présentation : données générales ; localisation ; année et responsable d'opération ; contexte de la découverte ; description des découvertes funéraires ; description des données anthropologiques ; description des données sur le mobilier et bibliographie. Fin 2014, 34 personnes font partie du programme de recherche. Des réunions par petits groupes se sont également tenues cette année.

En 2015, une réunion a eu lieu à la base Inrap de La Courneuve (93). Cette année a été surtout dévolue à la finalisation de la liste des sites à retenir, à l'enrichissement des fiches de sites et à la rédaction de contributions. En février le PCR a été présenté lors d'un séminaire à Paris I et le 17 février lors de la journée du MAN. Le PCR a été l'occasion, par l'intermédiaire d'I. Séguy et de G. Bataille de poser les bases d'une convention avec l'Inrap. Le rapport produit cette année offre une synthèse des données par thématiques (qui reprend la fiche de site) en s'appuyant sur les cartes issues du SIG. Le rapport contient aussi huit articles rédigés par les membres du PCR traitant de l'anthropologie, des contenants, du mobilier, de la signalisation des sépultures en surface. Le site de Santeuil est également présenté. Ces articles seront publiés dans le n°9 de la RAIF en 2017. Pour l'analyse des sarcophages, nous nous sommes rapprochés de Thomas Leroy qui, lors d'un travail universitaire en 2001, avait recensé bon nombre de cuves. Avec sa participation, ses travaux ont été complétés et une base «sarcophages de plâtre» est en cours d'élaboration. En cette fin d'année 2015, 41 personnes font partie du programme de recherche.

En 2016, le travail le plus important a été la finalisation des notices de sites rédigées selon une norme ainsi que l'enrichissement du SIG lié aux notices de sites. A cette occasion, un imposant volume de plus de 400 pages a été rédigé. Il regroupe 411 notices de sites localisés sur une carte IGN et d'état major, accompagnées de la documentation graphique collectée depuis 3 ans et stockée sur Google Drive. Une réunion du PCR s'est tenue le 13 septembre au Service Régional de l'Archéologie d'Île-de-France.


A ce stade du PCR, les objectifs décrits en 2014 dans le rapport d'activité ont tous été atteints. Quatre-cent-onze notices ont donc été rédigées et autant de sites placés dans le SIG Quantum Gis. Une quantité importante de documents graphiques (photographies, dessins, plans, etc.) ont été collectés et sont présentés dans le rapport de 2016 mais aussi consultable sur le Drive de Google.

En 2012, la première liste de sites comportait 560 sites référencés à partir de la consultation des CAG, des RFO et des Bulletins Scientifiques Régionaux. L'évincement de près de 150 sites est du au regroupement de plusieurs campagnes de fouilles en un même site ou à la mise à l'écart de sites douteux (réserves sur l'existence de l'occupation).

Parallèlement à l'enrichissement des fiches de sites et des notices, ce sont onze articles qui ont été rédigés et qui correspondent à des pistes de recherches pour des travaux de plus grande ampleur et qui devront être abordées lors de la publication finale du PCR.

Il regrettable que, malgré l'investissement de ces années de travail, les sites de Paris, Saint-Denis et Meaux n'aient pu être traités. La masse des données, l'ancienneté des fouilles et l'indisponibilités des chercheurs n'ont pas permis de collecter des données fiables. Lors de la prochaine triennale, ce sera un enjeu important.

Il avait été aussi envisagé de revenir à la source pour le mobilier, de tout type confondu. Il n'a pas été possible, à part pour quelques sarcophages, de compléter les données existantes. Ce sera également une tâche à réaliser les prochaines années.

Les moyens

Une subvention de 2000 euros a été versée par la DRAC en 2014. Celle-ci a été dévolue à l'achat de petit matériel. Le reste de la somme servira à financer la publication du PCR en 2018.

De même, trois ordinateurs ont été acquis par le PCR, sous la forme d'un don de la Région Île-de-France. L'un d'eux se trouve au Service Régional de l'Archéologie à la disposition de tous les chercheurs du PCR pour compléter les notices ou rédiger des contributions.

Ce projet de recherches n'a pas encore nécessité des analyses physico-chimiques.

Quant aux moyens humains, l'Inrap a doté le PCR de 120 jours en 2014, 85 en 2015 et 95 en 2016. Près de 20 jours ont été accordés par EVEHA pour permettre aux agents de travailler sur le PCR et autant aux collectivités territoriales.

Objectifs

Lors de la prochaine triennale, il sera question d'utiliser les données collectées pendant les trois années précédentes. Les outils principaux que sont la base de données et le SIG permettront en effet de travailler sur des synthèses thématiques et de croiser enfin les données. Le souhait initial de projet était en effet de répondre à des questions qui concernent plusieurs thématiques, comme par exemple : quel sarcophage pour quel individu ? Quel type de mobilier pour quel type de nécropole ? Mais c'est bien sûr aussi de réaliser des synthèses paléodémographiques, des synthèses sur les modes de diffusion des sarcophages, sur un type précis de mobilier, etc. La prise en compte des sites à la marge de la période mérovingienne (du IIIème au Xème) va permettre également un travail considérable sur la pérennité des ensembles funéraires et sur un grand nombre de changements (état sanitaire, contenants, mobilier, etc.). Tous ces résultats seront présentés avec le même type de cartographie issu du SIG.

Un premier sommaire de la publication, plus ou moins détaillé, a été rédigé. Déjà contactée, la Revue archéologique d'Île-de-France a accepté cette publication dans un hors-série. D'après un premier décompte, le volume représenterait 450 pages au minimum.

Les noms qui sont suivis d'un point d'interrogation concernent les personnes qui ne sont pas encore certains de travailler sur la partie associée.

Archéologie des nécropoles mérovingiennes en Île-de-France (plan)