Notices pour le département du Val-d'Oise (95)

Sommaire


Ableiges, Les Buis - 1974

Les archives du CRAVF conservent les témoignages des fouilles anciennes qui ont eu lieu de 1887 à 1889 sous la conduite de P. Toussaint, dans le village ancien de Villeneuve Saint-Martin, d'origine médiévale. Ces fouilles avaient permis de mettre au jour une nécropole, que Jacques Sirat a datée des IVe-VIIe siècles.

En 1973, une nouvelle opération met en évidence des bâtiments gallo-romains qui témoignent d'une occupation remontant au Ier siècle jusqu'au milieu du IIIe siècle. (J.-M. Lardy, 1974, rapport 1975 b). Vingt-cinq sarcophages et des centaines de sépultures auraient été exhumés.Le chiffre de 50 sépultures minimum a été retenu.

Les sarcophages de pierre (calcaire local) et plâtre comportaient pour certains des décors géométriques (cercles concentriques et croix). Dix-sept stèles ont été exhumées dont cinq (conservées au musée de Guiry-en-Vexin), sont ornées de décors très variés. Quatre autres sont conservées au musée Talet-Delatour (Pontoise).

Le mobilier est assez remarquable et varié : parures, armes, monnaies romaines et une gauloise ; plaque-boucle damasquinée à figuration humaine, une châtelaine à animal à tête retournée, plus de deux-cents vases funéraires, des fioles en verre. Il est dispersé dans plusieurs lieux : MADVO, MAN, Musée de Genève, Musée de Nemours, Musée de Cologne et Musée de Berlin.


Aincourt, Fouilles anciennes, La Bonne Eau - XIXe siècle

La commune se situe sur la pente sud-est de la Butte de la Bucaille, dans la petite vallée de Montcient. L'église d'Aincourt fut donnée au XIIe siècle à l'abbaye bénédictine du Bec-Hellouin (Eure).

En 1886, des sarcophages de pierre sont découverts fortuitement par un agriculteur au lieu-dit La Bonne Eau. Ils contenaient des squelettes et étaient orientés est-ouest. Les couvercles, parfois monolithes, étaient soit plats soit à double pente. Aucun mobilier n'y était associé.

En 1917, vingt nouvelles sépultures sont fouillées à La Bagneau et en 1930, deux autres sarcophages en pierre avec des squelettes bien conservés sur le versant, entre Aincourt et Drocourt.


Ambleville, Au sud du bourg - 1972

Une fouille a été menée en 1972 et a mis au jour un sarcophage monolithe trapézoïdal contenant deux fibules ansées en bronze, un vase caréné en céramique grise placé au pied du squelette, dans un champ au sud est du bourg.


Amenucourt, le Val Perron - 1957

La commune se situe au bord de l'Epte, frontière entre Vexin français et Vexin normand. Elle comptait plusieurs carrières de pierre dure très recherchée pour les chantiers de Paris et de Rouen. En 1830, des vestiges gallo-romains très importants sont mis au jour (ossements, céramiques, monnaies) ainsi que des sépultures en sarcophages de pierre et en plâtre d'époques romaine et mérovingienne. Deux nécropoles, l'une dans la vallée du ru de Roconval, au sud-est et l'autre au nord-ouest au Val Perron sur une colline, ont été mises au jour dans la commune.

Au Val Perron, en 1956 et 1957 des fouilles, dont les seuls témoignages sont des articles de journaux, ont permis de découvrir 40 sépultures datées par leur mobilier de la période mérovingienne.

Elles étaient orientées est-ouest. Trois modes d'inhumations sont observés : des inhumations sans contenant apparent, des sarcophages monolithiques en calcaire tendre et "des entourages de pierre". Deux stèles en place sont découvertes, associées à un coffrage de pierres et à un sarcophage en plâtre. La première stèle est en calcaire tendre, gravée d'une croix grecque inscrite dans un cercle ; la seconde est rectangulaire avec une croix de Saint-André gravée dans un carré.

Le mobilier découvert dans les sépultures sans contenant apparent comprenait des armes, couteaux, monnaie et céramiques. Il aurait pu être déposé au musée de Vernon qui signale en 1957 dans son registre d'entrée : "14 vases funéraires, un petit scramasaxe provenant de fouilles exécutées dans un cimetière franc d'Amenucourt [...] très beaux sarcophages en pierre tendre et des sépultures à même la terre". Les sarcophages ont livré également du mobilier : poignard, vase pour deux sarcophages, une boucle.

Les stèles seraient restées en la possession de l'un des fouilleurs (J. Ferrand). Un sarcophage en plâtre décoré d'une croix en relief et de croisillons, déposé au MADVO en 1958 pourrait provenir de ce site.


Amenucourt, Roconval, Cassan - 1830

Ce site se trouve dans la vallée du Roconval, au sud-est de la commune.

En 1830, des vestiges gallo-romains sont mis au jour au lieu-dit chemin de Saint Leu (ossements, céramiques et monnaies aux effigies de Néron, Gordien, Postume et Claude II le Gothique) ainsi que des sépultures en sarcophages de pierre et des "tombeaux en plâtre" des époques romaine et mérovingienne.

En 1833, quatre sarcophages en pierre sont découverts, contenant les squelettes de six individus, cinq adultes et un immature; deux d'entre eux contenaient une sépulture double.

La documentation concernant ces découvertes est très sommaire, la dispersion du mobilier ne permet pas de caractériser de façon précise les deux sites principaux ni d'éclairer les relations qu'ils entretiennent. Des questions restent en suspens : Roconval, le site le plus ancien, a-t-il perduré du Bas Empire à l'époque mérovingienne ? La nécropole du Val Perron, située sur le plateau, succède-t-elle à celle de Roconval ou les deux sites sont-ils contemporains ? L'existence de ces deux nécropoles signale-t-elle un déplacement de l'habitat ?


Argenteuil, La Porte Butté - 189524

En 1895, une fouille a mis au jour des sépultures sans contenant apparent, ainsi que des "sarcophages en pierre et en bois". Le mobilier signalé est composé de "vases, armes et colliers". Les céramiques semblent attribuables aux IIIe et IVe siècles.

D'autres découvertes fortuites ont eu lieu : en 1963, rue A. Labrière trois sarcophages de plâtre, orientés est-ouest, dépourvus de mobilier et en 1977, une sépulture sans contenant apparent à l'angle de la rue de Diane et de la rue Paul Vaillant Couturier qui est une ancienne voie romaine.


Argenteuil, Val Notre-Dame - 1979

Le site du Val Notre Dame se trouve au sud-ouest d'Argenteuil, à un kilomètre des rives de la Seine, à quelques centaines de mètres de l'ancienne église Saint-Denys et de la nécropole gallo-romaine connue depuis 1861. L. Fallue évoque "une trentaine de squelettes et des sarcophages en plâtre décorés". Des destructions auraient eu lieu lors du percement du boulevard Lénine en 1978. Des fouilles de sauvetage ont ensuite été conduites en 1979 par G. Ducoeur (JPGF Ermont), après la découverte de sarcophages lors de travaux de construction de logements à l'angle des boulevards Lénine (actuel boulevard du Maréchal Leclerc) et Jean-Jaurès. Celle-ci intervenait après la destruction de la plus grande partie des vestiges archéologiques par les entreprises de terrassement. Sur 5692 m² concernés, seuls 290 m² furent fouillés lors de l'opération de sauvetage.

Dix-neuf sépultures furent localisées et sept fouillées. Elles étaient disposées en rangées parallèles, orientées est-ouest. Pour la période gallo-romaine, quatorze sépultures sans contenant apparent et une sépulture sous tuiles et pour la période mérovingienne, un sarcophage en plâtre et trois sans contenant apparent. Les sépultures sans contenant apparent comportaient des clous, permettant d'envisager la présence de cercueils. Le mobilier était quasiment inexistant. Cependant, ces découvertes attestent de la diversité des modes d'inhumation : sarcophages de pierre, de plâtre, cercueils, fosses sans contenant apparent, caisson de tuiles de chant et couverture de tuiles. Elles confirment aussi la datation de la nécropole gallo-romaine (IIIe-IVe siècles) et sa pérennité à l'époque mérovingienne (VIe-VIIe siècles).

La sépulture avec un aménagement de tuiles et les ossements issus de la fouille de sauvetage de 1979 ont été déposés au musée d'Argenteuil. Les squelettes observables reposaient en décubitus, les bras le long du corps. L'étude des squelettes a été menée selon les tables de métrique post-crânienne du Dr Ménard, chargé de cours à l'École Pratique des Hautes Études.


Argenteuil, Abbaye Notre Dame et Chapelles voisines - 1994

L'abbaye Notre-Dame a été fondée en 665. Dédiée à Sainte-Marie, elle est alors occupée par une communauté féminine. Située en bordure de Seine, elle souffre des passages répétés des Normands qui la détruisent en 865. L'abbaye est reconstruite puis agrandie à partir de 1003 à l'initiative de la reine Adélaïde, veuve d'Hugues Capet. L'enceinte abbatiale comprend plusieurs édifices religieux, dont les chapelles Saint-Jean-Baptiste et celle des Saints-Pères.

La nécropole gallo-romaine et mérovingienne est connue depuis 1862, lors de la destruction de l'ancienne église abbatiale Saint-Denys. Cette église, détruite en 1861, fut remplacée par un nouvel édifice, érigé en basilique en 1898 ; il abrite la relique de la Sainte-Tunique du Christ offerte par l'impératrice Irène à Charlemagne qui l'aurait déposée dans le prieuré d'Argenteuil dont sa fille Théobrade était l'abbesse.

Les premières fouilles mirent au jour plusieurs sarcophages rectangulaires en calcaire ayant contenu du mobilier, notamment l'un d'eux avec un vase en verre, des statuettes et une monnaie de Maxime (383-388), déposé au Musée d'Argenteuil. En 1926, de nouveaux fragments de sarcophages en plâtre moulés avec des décors furent découverts. En 1980, de nouvelles découvertes fortuites eurent lieu lors d'une tranchée pour un tout-à-l'égout sous l'emplacement de l'ancienne église avec deux sépultures (dont une d'un immature de 4-5 ans) et deux sarcophages de plâtre. Plusieurs fouilles de sauvetage, d'ampleur limitée, se sont succédé dans l'ensemble abbatial. Elles ont permis de dégager les vestiges des bâtiments anciens et de nombreuses sépultures, qui témoignent de la présence d'une nécropole depuis le haut Moyen Âge. Entre 1989 et 1994, les restes de la crypte, de la salle capitulaire et du cloître de l'abbaye Notre-Dame sont mis au jour. Sous les niveaux de sol du couloir de circulation de la galerie du cloître, trois niveaux de sépultures sont observés : deux caveaux maçonnés médiévaux, un cercueil médiéval et enfin, un caveau en pierre et plâtre contenant deux réductions.

En 1984, cinq sondages ont lieu à l'intérieur de la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Ils permettent de dégager deux fondations d'un édifice antérieur à la fondation romane de 1003. Trois sépultures, dont deux en cercueils et une fosse contenant un amas osseux sont également observées, sous un mur maçonné de pierres et mortier. Auparavant, en 1937, un sarcophage de pierre à l'extérieur, avait déjà été exhumé. En 1942, au sud-ouest de la chapelle, des fouilles avaient mis au jour des sarcophages du VIIe siècle et la crypte carolingienne.

En 1984-1985, une fouille sous l'abside la plus ancienne de la chapelle Saint-Pierre a mis en évidence la nécropole mérovingienne dans son extension méridionale, celle-ci ayant été localisée dès 1928 lors de découvertes fortuites rue des Saints-Pères. Dix sarcophages en plâtre, trapézoïdaux, sont observés, dont certains avec décors datés du VIIe siècle. Ils étaient dépourvus de mobilier.

Arronville, Cimetière de l'Église Saint-Pierre et Saint-Paul - XIXème siècle

Le village est traversé par le Sausseron. L'église St Pierre et St Paul est citée pour la première fois dans une donation faite en 978 au profit de Notre Dame de Mantes, avec ses dîmes et le village. En 1858, une fouille partielle du cimetière eut lieu sous la conduite de l'abbé Grimot.

Un petit nombre de sarcophages en pierre et en plâtre sont mis au jour. Ils contenaient des « vases … les mêmes qu'on rencontre dans les sépultures gallo-romaines de la basse époque et dans les cimetières mérovingiens ». Un vase a été décrit en 1859 par J.Quicherat ( Comité des sociétés savantes » évoquant « une bordure d'entrelacs de rinceaux entre lesquels sont disposées de petites croix ».CF « le cimetière contenait dans ses couches superposées des sépultures gallo-romaines, mérovingiennes et chrétiennes...Inhumation dans des auges en pierre... Des vases en grès ou de terre et des haches en fer». L'auteur décrit des réductions au pied des cercueils du fait de réutilisations très fréquentes.

En 1981, dans la cour de la mairie, un sarcophage en plâtre exhumé, sans couvercle. Orienté nord- sud, il contenait un squelette et aux pieds, un vase caréné en terre grise.


Arthies, La Motte Mallet - 1915

Le village se situe sur un coteau, dominant la plaine de Magny. La mention la plus ancienne d'Arthies remonte au VIIe siècle (Archives Nationales) dans le testament d'un personnage résidant à Arthies, généreux en legs.

En 1886, selon Plancouard, sont découverts sept sarcophages en pierre mérovingiens, orientés est-ouest, au sud de l'église Saint-Aignan. Sept céramiques les accompagnaient, d'époque carolingienne. La nécropole s'étendrait du chemin du château à la Croix-d'Ence.

En 1915, cinq sépultures sans contenant apparent sont découvertes, au sud du cimetière, à la Motte Mallet. Ce toponyme pourrait évoquer un habitat ancien disparu, voire un établissement castral. Trois d'entre elles contenaient des fragments d'objets en fer. Le mobilier, daté d'époque mérovingienne (VIIe siècle) est conservé au M.A.N.


Attainville, Église Saint-Martin - 1858

Le village d'Attainville se situe au coeur de la Plaine de France, il est limité au nord par la voie antique menant de Paris à Beauvais.

Des sépultures "en cercueils de briques cimentées" sont signalées en 1861, attribuées initialement au haut Moyen Âge. Cependant, des fouilles effectuées en 1975, préalablement à l'aménagement de la place de l'église, ont mis au jour une grande quantité de céramique, sigillée, commune et granuleuse, témoignant d'une occupation depuis le IIIe siècle.


Auvers-sur-Oise, le Montcel - XIXe siècle

Plusieurs découvertes anciennes ont été faites au lieu-dit du Montcel (connue également sous le toponyme "les Fillettes"). Ces découvertes se situent à près de trois kilomètres de la nécropole des Molières de Chaponval.

En 1876-77, des sarcophages en pierre sont découverts dans ce hameau, situé sur la pente de la vallée de l'Oise. En 1882, sept sarcophages sont fouillés dans la villa Pascalini : trois en plâtre et quatre en pierre (deux grands et deux de petites dimensions). Les couvercles en pierre, brisés, comprenaient des décors gravés cruciformes. Les sépultures étaient orientées et alignées, pauvres en mobilier.

En 1883, une nouvelle fouille a lieu au château de Liry dégageant une dizaine de sépultures intactes, riches en mobilier : agrafes, vases, bagues, colliers, boucles d'oreille, glaives.

En 1990, il est signalé au SRA la destruction d'un sarcophage monolithe à couvercle plat contenant des ossements.

Les ossements découverts au XIXe siècle ont été réinhumés à l'exception de deux crânes conservés par M. Pascalini. Le mobilier en métal a été daté des VIe-VIIe siècles.


Auvers-sur-Oise, Chaponval - XIXe siècle

Seule la découverte de plusieurs sarcophages en plâtre en 1889 est mentionnée au hameau Chaponval, lieu-dit Les Molières, à trois kilomètres de la nécropole du Montcel, découverte précédemment. Un sarcophage trapézoïdal en plâtre présentait un décor de rainures verticales sur les parois longitudinales intérieures ; un autre avait une cavité céphalique.


Banthelu, Le Vieux Cimetière - 1971

Le site se trouve au lieu-dit "Le Vieux Cimetière" ou "Le Moulin à vent", à 400 mètres au nord-est de la commune actuelle. Il est localisé sur le flanc sud d'une dépression alors que l'habitat actuel se concentre en fond de vallée.

Au milieu du site, se trouvait en hauteur une pierre de 2,50 m de long et 2 m de large nommée "La Vieille Croix", matérialisant l'emplacement d'un calvaire répertorié sur les plans anciens (mention et croquis de L. Plancouard). Ce calvaire était situé au carrefour de deux voies antiques, l'une nord-sud reliant Mantes à Beauvais et la seconde, au nord, la Chaussée Jules César reliant Paris à Rouen.

Le site est connu depuis le début du XIXe siècle avec la découverte fortuite de trois sarcophages de pierre en 1825. De nombreuses fouilles eurent lieu entre 1860 et 1882 mettant au jour plus d'une vingtaine de sarcophages en pierre, sous la conduite de L. Plancouard. Les fouilles reprirent à partir de 1957, suivies de plusieurs opérations de sauvetage en 1961, 1968 et 1971 menées par J. Sirat, qui mirent en évidence une nécropole, datée de la période mérovingienne.

Parallèlement, en 1967, à une centaine de mètres de celle-ci, au bas du coteau, une fouille de sauvetage mit au jour quatorze sépultures, datées de la fin du haut Moyen Âge, attestant la présence d'une nécropole à la période carolingienne, conformément aux données textuelles connues datant du XIe siècle.

L'église et le cimetière sont mentionnés en 1070 dans une charte d'Ingelramme, chevalier de Cléry, donnant les droits qu'il possédait sur l'église et le cimetière de Banthelu à l'Abbé de Saint-Martin de Pontoise ; elle laisse entendre qu'il n'y aurait qu'une seule église et un seul cimetière et qu'ils seraient anciens (église fondée au haut Moyen Âge et au moins contemporaine des sépultures carolingiennes fouillées au sud du site en 1967). Selon I. Abadie, la distance du cimetière à l'église (400 m) s'expliquerait soit par l'étendue de la nécropole, soit par l'existence d'une église antérieure plus proche du cimetière. S'agit-il d'une seconde implantation ou bien celle-ci atteste-t-elle la permanence d'une même nécropole tout au long du haut Moyen Âge? Une autre interrogation demeure : celle de la localisation de l'habitat du haut Moyen Âge et son rapport avec l'édifice de culte du XIe siècle.

Depuis 1825, ce sont 201 sépultures qui ont été fouillées : 24 au XIXe siècle, 11 en 1961, 14 en 1967, 62 en 1968 et 90 en 1971 (dont neuf décrites comme "stériles" qui pourraient correspondre à des sépultures fouillées antérieurement). Leur datation a été établie selon une typochronologie des modes d'inhumation et du mobilier, revue par I. Abadie dans le cadre de son travail universitaire et selon la typochronologie de R. Legoux, P. Périn et F. Vallet.

L'ensemble des découvertes, avec leur datation, a été reporté sur un plan général, à l'exception des 14 sépultures carolingiennes de 1967, situées à quelques centaines de mètres au sud. Du point de vue spatial, la nécropole témoigne d'une certaine organisation avec deux ensembles d'alignements, le plus important constitué d'au moins six rangées orientées nord-sud, un second ensemble plus modeste au nord avec au moins quatre rangées orientées sud-sud-ouest - est-nord-est. Les recoupements peu nombreux et la présence de stèles, en remploi ou en position fonctionnelle (32 individus), confirment l'existence d'un marquage de certaines sépultures. Du point de vue chronologique, la disposition des sépultures ne laisse pas apparaître une évolution précise de la nécropole, les sépultures les plus anciennes se répartissent sur l'ensemble de l'espace fouillé, semblant favoriser autour d'elles des regroupements (71 sépultures datées figurent sur le plan sur un total de 187).

Le sarcophage de pierre est le mode de sépulture le plus usité sur les zones d'inhumations d'époque mérovingienne (117 sur les 201 sépultures dégagées, soit 58 %), le matériau utilisé (calcaire lutétien) étant très abondant et moins coûteux que le gypse peu présent dans les environs. Certains éléments de pierre sont des blocs de réemploi provenant du sanctuaire gallo-romain des Vaux-de-la-Celle situé à quelques kilomètres du site, dont les coteaux étaient exploités en carrières (deux d'entre elles ont été repérées à ce jour comme des carrières à sarcophages). Seize sarcophages sont monolithes ; ils sont le plus fréquemment de forme trapézoïdale, avec couvercle en bâtière. Les fosses anthropomorphes (quatre cas) sont localisées uniquement sur la zone d'inhumation de la période carolingienne. Dix-huit sépultures maçonnées, soit 9 % des sépultures, semblent traduire la volonté de reconstituer un contenant rigide en pierre tel qu'un sarcophage, comme en témoignent les remplois de blocs de sarcophages ou de stèles participant à leur mise en oeuvre. Certaines sépultures étaient creusées dans le substrat calcaire (66) ou sans contenant apparent. Certaines présentaient un muret de pierre sèche accolé à leurs parois. Ce phénomène a été observé à de nombreuses reprises dans les lieux d'inhumation du haut Moyen Âge du Vexin français. Dans trois cas, des traces de cercueil ont été mises en évidence.

Les individus étaient le plus souvent en décubitus, les bras le long du corps ; seuls les individus enterrés dans les fosses anthropomorphes reposaient bras croisés sur l'abdomen, mains sous les coudes. Un grand nombre de sépultures avaient été remaniées : on compte ainsi 59 réductions et 15 vidanges. Certains sarcophages ont été réutilisés ; les derniers occupants correspondant à des inhumations carolingiennes (selon le rapport de fouille de 1969).

Les résultats anthropologiques ne peuvent être pris en compte du fait de l'absence de références méthodologiques, les déterminations du sexe et de l'âge ayant été fondées parfois d'après les dimensions des sarcophages ou la taille des squelettes. Les ossements n'ayant pas été conservés, aucune donnée anthropologique fiable ne peut être fournie. Seules, des données ponctuelles sont disponibles. Une étude de la dentition faite sur 120 sujets de Banthelu a été réalisée par J. Ménard dans le cadre de sa thèse de doctorat en chirurgie dentaire. Son corpus était composé de 92 sujets adultes (dont 20 crânes complets et 72 maxillaires ou mandibules) et 28 immatures (dont 24 maxillaires et 19 mandibules). Ce travail a consisté en une étude morphologique des dents selon les méthodes d' E. Marseillier (1945) et de G.V. Black (1902) puis en une comparaison avec les dentitions d'une population de référence.

Bien que le site n'ait pas été fouillé exhaustivement, une très forte mortalité infantile a tout de même été détectée, évaluée à un tiers des individus. Les anomalies et les pathologies dentaires sont rares et les caries peu nombreuses. L'usure est précoce et marquée, le tartre abondant. Mais d'après l'auteur, sa répartition montre que les individus étudiés étaient sains. Aucun âge au décès n'a été donné en raison du fort taux d'usure et des risques d'estimation que cela entraîne.

D'une manière générale, cette étude est parvenue à montrer que les résultats concernant la population deBanthelu s'inscrivaient à quelques différences près dans ceux des deux populations anciennes choisies à titre comparatif : morphologie (taille, diamètre), anomalies (forme "en pelle", anomalies radiculaires, anomalie de nombre) et pathologies (tumeurs et caries dentaires, usure, tartre).

Le crâne de l'individu de la sépulture 26, fouillée au cours de la campagne de 1969, présentait "un enfoncement recalcifié correspondant à une blessure". Concernant la fouille de 1971, la sépulture 83 a révélé la présence de trois individus dont un ayant un crâne anormalement gros et l'un de ses tibias déformés par un cal énorme. Une autre pathologie a été vue sur l'une des deux réductions de la sépulture 117. Trois vertèbres étaient soudées entre elles. Enfin, une trépanation ronde a été observée sur le crâne de l'individu inhumé dans la sépulture 114. Les ossements n'ont pas été conservés.

Seules les sépultures de la nécropole mérovingienne ont livré du mobilier. Les sépultures carolingiennes en sont toutes dépourvues, conformes en cela à la norme chrétienne prônant le dépouillement. Le mobilier est très diversifié mais se concentre dans 84 sépultures sur 163. Il se compose principalement de vases en terre ou en verre, d'accessoires vestimentaires et, à un moindre degré, d'éléments de parures (perles, bague), d'armes et de quelques monnaies. Deux objets (une monnaie et un coquillage percé) relèvent du dépôt anecdotique. Quelques objets sont constitués de matériaux de qualité : ambre, verre, argent et grenat mais ils sont en très petit nombre. Le mobilier a été dessiné et localisé par sépulture dans les différents rapports et son étude typochronologique reprise en 2004 par P. Périn et R. Legoux. Il est conservé au musée de Guiry-en-Vexin.

La relative pauvreté du mobilier doit être mise en relation avec le nombre important de sarcophages vides (23), le bouleversement des ossements dans un certain nombre de sépultures et la présence de perforations dans les sarcophages (44, au niveau des couvercles), qui témoignent d'un pillage important sur l'ensemble de la nécropole.


Beaumont-sur-Oise, Route de Senlis, lieu-dit Vieux Marché - 1978

La commune se situe sur la rive gauche de l'Oise, s'étageant de 25 m au bord de l'Oise à 210 m au sommet de la Butte de Carnelle. Depuis le XIXe siècle, les découvertes archéologiques ont mis en évidence une importante agglomération gallo-romaine, attestée du Ier au IVe siècle au bas du côteau et à 700 m du bourg médiéval ainsi qu'une nécropole gallo-romaine puis mérovingienne, le long de la voie antique Paris-Beauvais. Elle était un carrefour important de voies terrestres de Paris à Beauvais et de voies fluviales, tête de pont des Bellovaques, au contact des cités gauloises des Parisii, Silvanectes et Véliocasses.

Dès le XIXe siècle, sur le site de la nécropole (lieu-dit Vieux Marché ou La Mairie) sont trouvés des poteries, des monnaies et débris de vases en verre ; mais aussi une bague en bronze avec fausse intaille datée du VIe siècle (MADVO). Dans les années 1960, une découverte fortuite lors de travaux dans un jardin permet de dégager un sarcophage de pierre de forme trapézoïdale contenant un squelette ainsi que du mobilier de qualité (fibule aviforme en argent, deux vases en céramique et une fiole en verre). Dans les années 1970, la Société Historique et Archéologique de Beaumont-sur-Oise fouille une cinquantaine de sépultures à l'angle des rues Senlis-Casanova : toutes les inhumations étaient sans contenant apparent sauf une dans un sarcophage de pierre et une dans un sarcophage de plâtre. Cinq sarcophages auraient été trouvés au total dans les vingt dernières années. Le mobilier associé était constitué de fibules, peigne,verre et céramiques.

Enfin, en 1978, un relevé de stratigraphie en urgence, rue de Senlis localise seize sépultures, notamment deux sarcophages en plâtre sont sauvés, dont celui d'un d'immature mais après un probable pillage du mobilier. Le MAN conserve un bol apode et un pot ovoïde gallo-romain ainsi que deux haches en fer mérovingiennes. Le mobilier issu de la fouille des années 1970 a été conservé par la municipalité.


Bernes-sur-Oise, Le Fond des Vaches - XIXe siècle

La commune se situe sur la rive droite de l'Oise. La plus ancienne mention de Bernes date de 797 dans une donation du comte Theubald à l'abbaye de Saint-Denis. Bernes est un carrefour routier ancien, dont le tracé remonte à l'époque antique, chemin dit "du vieux pont" remontant à la seconde moitié du Ier siècle, qui se poursuivait sur la rive opposée en traversant l'agglomération antique de Beaumont (route Senlis-Amiens). Un autre chemin de Reims à Rouen par Senlis, datant du IVe siècle, aboutirait à Bernes.

En 1889, la Commission Départementale des Antiquités et des Arts de Seine-et-Oise signale la présence de sépultures "gauloises" avec armes et objets en bronze et de sépultures romaines et mérovingiennes.

En 1882, au lieu-dit "Le Fond des Vaches", lors de la construction d'une voie ferrée, une dizaine de "cercueils en pierre et en plâtre [...] placés par petits groupes" sont découverts, près du chemin antique du "vieux pont", contenant des ossements mais aucun mobilier. En 1899, la monographie de Bernes rédigée par l'instituteur évoque l'existence d'un cimetière gallo-romain fouillé une dizaine d'années plus tôt avec armes, parures et poteries. Les objets ont été déposés en quatre lieux : le MDAVO, le MAN, le musée de Picardie à Amiens et la mairie de Parmain.


Bezons, rue Francis de Pressensé - XXe siècle

Bezons se situe dans un méandre de la Seine. Sous la nef de l'ancienne église Saint-Martin, des sarcophages en plâtre ont été attribués au haut Moyen Âge.

De nombreuses sépultures avaient déjà été signalées dans les années 1930 le long du Vieux chemin de Saint-Germain à Argenteuil. Au 74 rue Édouard-Vaillant, deux coffrages en pierre contenaient, le premier un squelette associé à un fer de lance, le second un squelette féminin accompagné d'un bracelet et d'une fibule gauloise en bronze. Les sarcophages et les poteries découverts 400 mètres plus à l'est, rue Francis-de-Pressensé (stade Auguste-Delaune) sont mérovingiens.


Bonneuil-en-France, La Croix Bagnard, Boulogne - 1884

La première mention connue remonte à 832 quand elle est citée dans les biens de l'abbaye de Saint-Denis. Le territoire est traversé par la voie ancienne Paris-Senlis, le chemin de Saint-Denis menant de Meaux à Paris et au nord le chemin de Beauvais.

En 1884, M. Boulogne, architecte de Gonesse, observe des sarcophages, sept "cercueils en plâtre" bien conservés sur deux niveaux. Cinq contenaient des squelettes, tête au sud, dont trois avec deux individus (soit un total de huit individus). Le mobilier se limite à quelques tessons de céramique.

Le site se trouve en Plaine de France, à mi-versant de la vallée du Crould.


Bonneuil-en-France, Croix des Vieux Hêtres - 2007

La nécropole de la Croix des Vieux Hêtres a été mise en évidence lors d'un diagnostic d'archéologie sur une emprise de 37,5 hectares, dans la zone nord-ouest de l'aéroport du Bourget.

Le diagnostic a localisé 47 sépultures du haut Moyen Âge et estimé l'ensemble de la zone funéraire entre 90 et 150 sépultures. Trois ont été fouillées, présentant deux modes d'inhumation, l'un sans contenant apparent avec linceul et l'autre en espace vide dans une fosse à cavité céphalique, creusée dans le substrat. Aucun mobilier ne leur était associé. Une sépulture isolée inhumée en pleine zone d'habitat, sans contenant apparent, sans aucun mobilier a également été fouillée. Elles ont été attribuées à la période carolingienne.

Depuis, plusieurs opérations ont permis de fouiller une vaste zone d'habitat, datée entre le VIe et le XIe siècle, associant un village et un cimetière carolingien sur le versant est de la vallée du Crould. L'enclos cémetérial et la chapelle n'ont pas fait l'objet de fouille.


Bruyère-sur-Oise, La Tourniole - 1991

Le site a été identifié à l'occasion de la découverte fortuite d'une sépulture mérovingienne. Il se situe sur la rive droite de l'Oise. La sépulture était accompagnée de silex, d'une plaque-boucle, d'une fibule et de deux gros anneaux de chaîne. La plaque-boucle a été datée du début du VIIe siècle. Ce mobilier a disparu.

En 1991, la surveillance de travaux de décapage de carrière à mis en évidence un habitat dans lequel trois sépultures isolées ont été découvertes. Le site est documenté par des photos et relevés, conservés au SDAVO.


Buhy, ancienne Église Saint-Saturnin - XIXe siècle

Buhy est situé sur le coteau du Vexin français, près de la chaussée Jules César. L'église Saint-Saturnin relevait de l'archevêché de Rouen. Sa titulature évoque une origine ancienne, se référant à un lieu de culte antérieur au VIIIe siècle. L'édifice fut démoli en 1877 et reconstruit 60 m plus loin.

Vers 1900, V. Le Ronne évoque la découverte d'ossements en grand nombre, à l'emplacement de l'ancienne église, plusieurs squelettes intacts dans des sarcophages en pierre, l'un d'eux avec une épée en fer.


Cergy, Église Saint-Christophe - 2003

Ce site a fait l'objet d'une fouille programmée d'un an, confiée au Centre d'Études Médiévales d'Auxerre à l'initiative de la ville avant restauration et aménagement d'un chauffage à l'intérieur de l'église. Elle a bénéficié d'une équipe d'archéologues et anthropologues. Elle avait pour but de mener une étude approfondie de l'édifice et de mettre en évidence les vestiges du village ancien. Elle a été précédée par deux interventions, dont les résultats, notamment pour l'étude des ossements humains, ont été repris dans la synthèse du rapport de 2003.

La première fouille avait été menée en 1995 par A.-A. Lichon (AFAN) et avait mis en évidence 78inhumations (et un nombre minimum d'individus de 14 en remplissage), 36 % sans contenant apparent, 27 % en cercueils, 6 % en fosses anthropomorphes ; la plupart d'époque moderne, d'autres mediévales, les plus anciennes, d'époque carolingienne.

La seconde intervention fut un diagnostic mené par F. Gentili en 1994 sous la forme de sondages à l'intérieur de l'église, dans la cour et sous le parking, où se trouvait l'ancien cimetière : quatre sépultures anthropomorphes furent dégagées.

La fouille programmée a permis de mettre en évidence les différents états de construction des bâtiments et un cimetière antérieur à la période gothique. Sept états de construction ont été reconnus s'échelonnant de l'époque mérovingienne au XVIe siècle. Seuls les deux premiers correspondent à la période altomédiévale.

L'état I, daté entre le VIe et le VIIe siècle (carbone 14 : 671-863) est caractérisé par la présence d'un petit bâtiment de construction (4,8 m sur 7 m) dont ne subsistent que deux murs en angle. Il est entouré de dix sépultures : six sarcophages en plâtre et quatre coffrages de bois.

L'état II, daté des VIIIe-IXe siècles (carbone 14: 980-1040), voit l'implantation d'un nouveau bâtiment au nord de ce complexe, dont le plan reste encore difficile à déterminer. Ce deuxième édifice, entièrement arasé est remplacé par une nouvelle église, installée au sud, sur une partie des fondations du premier bâtiment. Il semble que les structures retrouvées forment le chevet plat d'un édifice dont la partie ouest se poursuit au-delà de l'emprise de la fouille. La datation de cette construction est plus précise que pour les précédentes. Les techniques de mise en oeuvre et les matériaux employés rappellent en effet les moellons de grès liés au plâtre utilisés pour la construction de la collégiale de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) datée du Xe siècle. Tout un horizon funéraire composé de fosses anthropomorphes à cavité céphalique, creusées à même le sable argileux du bartonien, est à rapprocher de celles fouillées à Serris (Seine-et-Marne) ou à Villiers-le-Sec (Val-d'Oise), systématiquement datées du Xe siècle : il se compose de quinze fosses anthropomorphes (s'ajoutant aux dix autres découvertes en 1994-1995) et de dix fosses à banquettes avec empierrement, situées en dehors de l'église. Elles sont organisées en bandes nord-sud mais aussi en groupes. Aucune délimitation du cimetière carolingien n'a été reconnue.

L'occupation funéraire s'est poursuivie jusqu'à la fin de l'époque moderne. Le petit nombre de sépultures datées du Bas Moyen Âge peut s'expliquer par la destruction d'une bonne partie d'entre elles à l'époque moderne, comme en témoigne la forte densité des sépultures en cercueils des XVIe-XVIIe siècles.


Champagne-sur-Oise, propriété Kerjean "La Noue" - 1956

Un sarcophage est découvert fortuitement par un cultivateur, au sommet d'une butte.


Champagne-sur-Oise, Vaux - 1858

Les premières découvertes sur ce site sont signalées par l'abbé Grimot et remontent à 1858, avec la mise au jour de cinq sarcophages en pierre. De la céramique, de la verrerie ainsi qu'un médaillon accompagnaient les défunts. Huit à dix sépultures supplémentaires, ont été signalées en 1892 ; il s'agissait vraisemblablement à nouveau de sarcophages en pierre contenant du mobilier (céramique, verre).


Chars, Le Petit Cimetière - 1873

Découverte fortuite d'un sarcophage de pierre, dans un site de plateau.


Chaussy, non localisée - 1889

Chaussy se situe sur le versant de vallée du ru de Chaussy, au sud de sa confluence avec l'Epte. Au VIIe siècle, le nom de Calciatus est mentionné dans un document écrit de 690 : le "papyrus d'Arthies". Le territoire dépendait de l'abbaye de Fontenelle près de Rouen qui a ensuite pris le nom de Saint-

Wandrille. Saint Ansbert, fils d'un riche propriétaire, en serait originaire, élevé à la cour du roi Clotaire III, puis moine à l'abbaye de Fontenelle, évêque de Rouen avant d'être disgracié et de finir ses jours en exil. L'église de Chaussy est mentionnée dès 690 comme église Saint-Martin, démolie et reconstruite à l'endroit actuel au XIIe siècle.

"Des cercueils de pierre avec haches et piques et des monnaies" y auraient été découverts, en un lieu non localisé de la commune.


Chérence, lieu-dit "Bézu" - 1834

Des sarcophages de pierre contenant des ossements et du mobilier furent découverts en 1834.


Cléry-en-Vexin, Église Saint-Germain - 1911

Le village se situe au coeur du Vexin français, sur une butte-témoin, à quelques kilomètres au sud de la Chaussée Jules César. De nombreuses sépultures ont été découvertes en 1911 dans l'ancien cimetière près de l'église Saint-Germain. Plusieurs caveaux sont mentionnés. Parmi le mobilier mis au jour, figurent un vase apode en verre vert, attribuable au Ve siècle, ainsi que de nombreuses céramiques dont certaines à décor figuré.


Condécourt, Le Moulin à Vent - 1980

La commune se situe dans le Vexin français, traversée par l'Aubette, sur un axe routier ancien, nord-sud, en direction de Beauvais. La nécropole est connue depuis la fin du XIXe siècle avec la découverte de plusieurs sépultures, à 40 mètres au sud du lieu-dit Le Moulin à Vent. Celle-ci est partiellement fouillée en 1980.

Vingt sépultures ont été dégagées et dix-neuf ont été fouillées. Elles sont organisées en deux rangées parallèles. Les contenants sont variés mais les sarcophages de plâtre sont les plus fréquents, la proximité de carrières de gypse pouvant en être la cause. Sur les quatre sarcophages en pierre, trois sont de petites dimensions ; un était trapézoïdal et les trois autres monolithes. Les couvercles sont faits de dalles ajustées, dont trois stèles réemployées et ne présentent aucun décor. Un sarcophage a été remanié, la paroi sud remplacée par une rangée de pierres.

Les sarcophages de plâtre sont très mal conservés, à forte teneur en charbons de bois et gravillons, voire de grosses pierres incluses dans les parois. Ils n'ont pas conservé leur couvercle. Trois stèles en remploi de couvertures ont été observées, de facture différente : une rectangulaire, décorée sur les deux faces d'une croix grecque et d'un carré gravé avec ses diagonales ; une trapézoïdale, la troisième à embase rectangulaire, mal conservée.

La plupart des sépultures ont été pillées, soit totalement soit au niveau du thorax. Huit d'entre elles contenaient du mobilier en place : neuf vases dont certains avec décor à la molette, deux scramasaxes et deux couteaux. Les fibules sont datables du VIIe siècle ; certains mobiliers du VIe siècle, retrouvés aussi bien dans les sépultures sans contenant apparent que dans les sarcophages en plâtre.

Selon l'auteur du rapport, les ossements conservés ne correspondent pas aux dépôts initiaux, d'après la disparition des couvercles de sarcophages et l'importance des pillages. Six sarcophages étaient vides, trois contenaient des vestiges osseux en place, les autres contenant des squelettes fortement perturbés ou incomplets. Des vidanges associées à des groupes de sarcophages ont été observées ainsi qu'une réduction, au moins.

Aucune étude anthropologique n'a cependant été menée sur ces vestiges.


Cormeilles-en-Parisis, ZAC des Bois Rocheforts- 2011

Le lieu-dit "Les Bois Rocheforts" se situe sur une terrasse de la Seine, en rive droite, au sud de la butte de Cormeilles. Cormeilles est mentionnée pour la première fois en 697 dans une charte du roi Childebert IV, qui offre aux religieuses d'Argenteuil la forêt royale de Cornioletus.

Une nécropole antique a été mise en évidence lors d'une fouille en 2011 mettant au jour une trentaine de sépultures, dont le fonctionnement s'étendrait de la seconde moitié du IIe à la fin du IVe siècle. Elle se situe à quelques distances d'un enclos gaulois fossoyé.

Les sépultures sont orientées selon un axe nord-ouest - sud-est, avec une majorité de sujets inhumés tête au sud-est. Les sépultures sont organisées autour d'un fossé, attribuable au Ier ou à la première moitié du IIe siècle, en six rangées parallèles. Seuls deux recoupements ont pu être observés, ce qui laisse envisager la présence de marqueurs de surface.

Les contenants ont été identifiés pour six sépultures, contenants de bois, cloués pour la plupart. Trois d'entre elles ont par ailleurs livré des éléments d'huisserie et quatre des indices de chevillage. On note la présence de deux individus en contenants souples, probablement des vêtements.

A l'exception d'une sépulture, inhumée en decubitus latéral, jambes fléchies, la totalité des défunts reposent en décubitus. Les bras sont indifféremment placés le long du corps ou ramenés en avant du corps.

La moitié des sépultures était dotée de mobilier, permettant de dater le site des IIe-IIIe siècles. Six sépultures sont attribuées par les auteurs de la fouille au Haut Empire (IIe-milieu IIIe siècles), les autres sépultures étant attribuées à l'Antiquité tardive (IVe siècle).Le type de mobilier le plus fréquent est constitué par la vaisselle, essentiellement céramique : coupes, jattes, cruche ou gobelets. La vaisselle en verre est plus rare avec un flacon, un gobelet et une coupe à pied. Les éléments de parure et de vêtement sont assez rares : douze sépultures ont livré des clous de chaussure ; on note un bracelet, une boucle et des anneaux en alliage cuivreux ainsi qu'un pendentif. Une sépulture datée du IVe siècle se distingue par la richesse du mobilier qu'elle contenait, notamment neuf monnaies (déposées dans une aumônière), un ceinturon, des chaussures clouées et deux céramiques. Seules deux sépultures contenaient des dépôts fauniques, constitués d'oeufs probablement déposés dans des coupes en verre.


Cormeilles-en-Parisis, Le Martray - 2002

La commune se situe dans la vallée de la Seine, à deux kilomètres du fleuve. Le site se trouve sur une rupture de pente peu marquée, sur un terrain plat.

Les découvertes ont eu lieu dans le cadre d'une opération d'archéologie préventive, lors d'un diagnostic au lieu-dit "Le Martray". La fouille a permis de mettre au jour une partie de la nécropole mérovingienne (21 sépultures pour un total de 37 individus), connue depuis le XIXe siècle, mais jusqu'alors jamais localisée avec exactitude.

La nécropole semble avoir bénéficié d'une organisation rationnelle évitant le recoupement des contenants, ce qui implique un marquage en surface des sépultures. On compte seize individus en place, dix-sept en réduction et quatre dont le dépôt funéraire reste indéterminé.

Dix-huit sarcophages de plâtre ont été dénombrés ainsi que trois sépultures sans contenant apparent, situées à l'ouest de l'emprise. Les sarcophages sont dégradés et aucun ne comporte de couvercle.Leurs formes sont variables : rectangulaires et trapézoïdaux. Ils ne présentent aucun décor. Seuls trois sarcophages contenaient du mobilier qui se compose d'un scramasaxe, d'une boucle de ceinture, de deux plaques-boucles et d'une boucle en bronze. Ces éléments ont permis de dater cette nécropole de l'époque mérovingienne sans pouvoir affiner la datation. Ce site n'a pas été prescrit.


Cormeilles-en-Vexin, Église Saint-Martin - 2006

Le village de Cormeilles se situe dans le Vexin français, à 35 kilomètres de Paris, sur une butte, qui constitue un des points culminants du Val-d'Oise. Des carrières de gypse existent au sud-est de Cormeilles. Son nom est mentionné pour la première fois par Hilduin, abbé de Saint-Denis, en 832. Le village revient à l'abbaye de Saint-Denis en 862. Des liens étroits existaient donc entre Cormeilles et l'abbaye, qui suggèrent l'existence d'un établissement religieux depuis au moins le IXe siècle.

L'église est évoquée dans un texte daté de 1071, relatant sa cession par l'archevêque de Rouen dont elle dépendait, au monastère par un accord passé avec l'abbaye de Saint-Denis. Néanmoins, sa titulature, Saint-Martin, évoque une possible origine mérovingienne. Selon la monographie communale de 1899, l'église et le château de Cormeilles auraient été détruits par le duc de Normandie au XIe siècle. L'église fut reconstruite en 1120 par le roi Louis VI, après une victoire militaire contre les Normands, le site ayant été choisi parce qu'"on pouvait y voir les tours de l'abbaye de Saint-Denis".

Des surveillances de travaux effectuées en 1994 mettent en évidence un bâtiment daté du XIe siècle et une zone d'inhumations comprenant vingt sépultures datées du Bas Moyen Âge à l'époque moderne, sauf une antérieure aux fondations de l'édifice. En 2006, un diagnostic permet de reconnaitre les limites du cimetière médiéval, des sépultures ayant été fouillées à 50 mètres au nord de l'église, au-delà du cimetière actuel. Ces cinq sépultures témoignent d'une continuité du cimetière depuis le haut Moyen Âge. Elles sont déposées dans des fosses, dont une fosse à banquettes et deux fosses anthropomorphes à cavité céphalique. Les vestiges osseux ont donné lieu à une étude anthropologique. Le mobilier, peu abondant, se limite à de la céramique.

L'origine du cimetière a pu être datée de la période carolingienne. Son existence peut avoir coïncidé avec l'abandon de la nécropole des Moulins, exclusivement mérovingienne et la présence d'un nouveau lieu de culte, à proximité de l'habitat carolingien et du château évoqué par les sources écrites, sur la butte de Cormeilles.


Cormeilles-en-Vexin, Les hameaux de Cormiolles - 1992

En 1992, un diagnostic puis une fouille ont été menés au lieu-dit "les hameaux de Cormiolles" par l'AFAN. Le site est localisé au pied et sur les pentes de la colline, sur laquelle se trouve le village ancien de Cormeilles, à proximité d'une voie antique, allant de Beauvais à Rouen. Un habitat altomédiéval a été mis au jour, sur douze hectares en forte déclivité. Les structures dégagées s'échelonnent du VIe au XIe siècle, date à laquelle le site est abandonné.

Deux sépultures isolées, dont une double, ont été fouillées mais peu documentées sur le terrain. Elles ont fait l'objet d'une étude en laboratoire malgré la mauvaise conservation des ossements. Elles correspondent à une femme, un homme et à un immature de 13-14 ans.

L'abandon de ce site au XIe siècle peut être mis en relation avec la construction d'un nouvel édifice de culte, cristallisant un nouvel habitat sur la colline de Cormeilles. La probable existence d'un site fortifié, détruit au XIe siècle, pourrait aussi avoir été à l'origine de la naissance de ce village.


Cormeilles-en-Vexin, Les Moulins - 1903

Au lieu-dit "les Moulins", situé au nord-ouest de la commune, une nécropole mérovingienne a été fouillée de manière exhaustive en 1903, au pied de la butte à Samson, le long d'une voie ancienne menant à Gisors. Près de deux cents sarcophages de pierre et de plâtre ont été dégagés. La nécropole aurait été abandonnée au IXe siècle. La fouille a livré peu de mobilier, celui-ci ayant été dispersé. Les ossements n'ont pas été conservés et n'ont fait l'objet d'aucune étude.


Deuil-La Barre, Église Notre-Dame et Prieuré Saint-Eugène - 2000

Le site, à flanc de coteau des buttes de Montmorency, est occupé dès l'époque gallo-romaine. Selon une tradition remontant au IXe siècle, Saint Eugène, compagnon de Saint-Denis, y aurait été martyrisé et une église y aurait été édifiée pour abriter son sarcophage. L'église Notre-Dame anciennement Saint- Eugène est édifiée au XIe siècle sur l'emplacement d'un édifice antérieur, probablement mérovingien.

La seigneurie de Deuil appartenait à l'abbaye de Saint-Denis. Dès 1930, le site aurait été reconnu lors de la découverte fortuite de deux sarcophages de plâtre, mais il fut partiellement détruit par un missile V2 à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

En 1982, lors du percement d'une tranchée, rue de l'église, huit squelettes sont découverts. L'étude ostéologique a déterminé la présence du squelette d'un immature (11-15 ans) et de trois adultes (deux hommes et une femme). En 1985, un nouveau sarcophage aurait été repéré au même endroit. Enfin, en 2000, un sarcophage trapézoïdal est exhumé, dans la cour de l'école primaire proche de l'église Notre- Dame. Les quatre sarcophages découverts étaient en plâtre, de forme trapézoïdale et dépourvus de tout décor. Ils ne contenaient aucun mobilier et étaient fortement endommagés.

Ces éléments permettent d'évoquer l'existence d'une nécropole mérovingienne, peut-être en rapport avec les reliques de Saint-Eugène et la présence d'un lieu de culte, à l'emplacement de l'église actuelle, nécropole partiellement détruite par des constructions ultérieures.


Épiais-Rhus, Buisson Saint-Jean - 1992

Ce site d'importance, connu au moins depuis le XIXe siècle, est associé à une agglomération antique avec forum, édifice de spectacle et temple, succédant à un habitat gaulois. Plusieurs villae ont par ailleurs été reconnues et fouillées aux alentours dans la seconde moitié du XIXe siècle.

La nécropole du Buisson est, quant à elle, mentionnée à la fin du XIXe siècle et localisée deux kilomètres au nord-ouest de l'agglomération antique. Une voie ancienne, "la Chaussée de la Dame Blanche" passe à un kilomètre environ au sud-ouest du site funéraire. Les premières fouilles d'ampleur ont lieu dans les années 1970 et 1980, mettant au jour un ensemble de 450 sépultures, datées de la Tène Ancienne à l'Antiquité tardive.

La phase antique est représentée par 32 sépultures en cercueil, datées du IIe au milieu du IIIe siècle de notre ère ; une phase postérieure, allant du IVe au début du Ve siècle, comprend 116 sépultures en cercueil et 87 sépultures d'immatures. Selon J.-M. Lardy (CRAVF), qui a mené les opérations, 93 inhumations en cercueil sont attribuables à l'Antiquité tardive. Des stèles ont été mises au jour dans le comblement de fosses en partie nord du site.

Les sépultures contenaient un mobilier important, constitué d'éléments de parure et de toilette, de vaisselle en céramique et en verre, d'éléments vestimentaires, qui se raréfie à partir du IIIe siècle. Les sépultures les plus tardives (fin IVe-Ve siècles) sont caractérisées par l'apparition de mobilier dit "germanique".


Ermont, Église Saint-Étienne et Saint-Flaive - 1963

Traversée par la chaussée Jules-César, une agglomération s'y serait développée dès le début du Ier siècle. Des fouilles menées par la JPGF, dans les années 1970 et 1980, collectent un riche mobilier correspondant à une population assez diversifiée aux activités variées (agricoles et artisanales). Cette occupation perdure jusqu'au début du Ve siècle. Le site aurait fait partie d'un domaine dépendant du fiscimpérial au Ve siècle, accaparé par Clovis puis donné par Dagobert à l'abbaye de Saint-Denis. En 835, Hilduin donne à son monastère le viculus Ermedonis. L'église est dédiée à Saint-Etienne et Saint-Flaive.

Le site funéraire est découvert en 1881, lors de la démolition de l'église par l'architecte, L. Magne, qui exhume soixante sarcophages dont 48 en plâtre et douze en pierre, à une cinquante de mètres de la chaussée Jules-César. La fouille de 1963, au nord du chevet de l'église actuelle, a permis d'exhumer dix-neuf sarcophages de plâtre, cinq en pierre, une fosse et les substructions de l'église carolingienne, à l'intérieur de laquelle se trouvaient les sarcophages. Ceux-ci sont alignés en files serrées, parallèlement à la chaussée Jules-César. Ils sont de forme trapézoïdale, en plâtre très blanc, sans couvercle, aux parois de 7 à 9 cm d'épaisseur, sans décor visible sauf une fine moulure sur un panneau de tête. Un sarcophage présente un coussin céphalique. Une fosse plâtrée avec parois en pierres assemblées a été également trouvée.

L'angle nord-ouest de l'église carolingienne a été dégagé, composé de deux murs, en blocage de moellons, dont les assises sont liées au mortier de plâtre. Un grand sarcophage de pierre monolithe de 2,10 m sur 45 cm conservés en hauteur servait d'appui à ce mur. Un deuxième sarcophage de pierre a été réutilisé pour consolider le mur de cette église carolingienne lors de sa construction. Les découvertes n'ont pas permis de restituer le plan général de l'édifice, daté du VIIIe ou IXe siècle d'après des fragments de colonnes demi-rondes, en pierre et marbre. Il aurait succédé à une première église mérovingienne.

Dans l'espace correspondant à l'intérieur de l'église, cinq sarcophages (quatre en plâtre et un en pierre) et trois sépultures sans contenant apparent ont été dégagées. Le mobilier peu abondant est daté entre le VIe siècle (fibule ansée en fer, or et grenats, des vases,) et la fin VIe-VIIe siècles. Les sondages de1965-1966 ont confirmé que la nécropole ne se poursuivait pas entre l'église et la chaussée Jules-César.


Frepillon - ZAC des Epineaux - 2015

Frépillon est une commune localisée au centre du département du Val-d'Oise, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris.La commune est installée sur les contreforts du Pays de France, non loin des buttes témoins de Montmorency, sur un versant de la vallée de l'Oise.

Le site a été observé lors d'un diagnostic de 2014-2015, au croisement de deux axes de circulation (route antique de Pontoise - Frepillon et chemins des Epis et sente aux Poireaux) . Sont mises en évidence une zone d'occupation antique avec un bâtiment interprété comme un possible relais routier (Ier-IIIe siècle) et deux phases d'occupation alto-médiévales, ténue à l'époque mérovingienne (VIe-début VIIIe siècle) puis assez dense du IXe au XIe siècle. Treize sépultures sont également mises au jour.

La fouille a mis en évidence 193 structures funéraires et 7 dans des structures domestiques (silo s) et 2 amas osseux, pour un NMI de 215 individus, . Trois ensembles de sépultures: la nécropole au nord, à proximité du bâtiment antique (177sépultures primaires, réductions et vidanges) , un petit groupe de sépultures au sud de la nécropole (18 dont 17 immatures) et 17 sépultures isolées sur l'ensemble du site, la plupart au nord des structures gallo-romaines.

La nécropole présente une forte densité, comme en témoignent les nombreux recoupements, les amas d'ossements résultant soit de réductions (7), soit de vidanges (3 sur couvercles et deux "ossuaires" en fosses ). Aucune limite n'est apparue mais des alignements nord-sud structurent la nécropole et on distingue des groupes en « éventails ».Plusieurs pratiques funéraires sont observables : des fosses peu lisibles (31) , des coffrages avec pierres de calage (50), avec gros ou petits blocs (25) ou coffrages de dalles plus élaborés (8), des sépultures maçonnées (8 fosses plâtrées). Les sépultures isolées (17) consistent en fosses d'inhumation simples (10) et pour 7 d'entre elles, en réutilisations de silos ou fosses domestiques.

Deux-cent quinze individus ont été comptabilisés (toutes sépultures et dépôts secondaires confondus se répartissant en 104 adultes et 103 immatures, 8 indéterminés; 65 ont pu être sexués (32H/33 F).8

Les sépultures ne contiennent pas de dépôt funéraire. Le mobilier en remblai est peu nombreux et comprend des éléments vestimentaires ( plaque-boucle, boucle), des agrafes à double crochet, 2 fibules émaillées, boucles de ceinture) et de la céramique (un seul complet) ; un cas de fragment de mortier déposé intentionnellement sur l'individu, coiffant le crâne.

D'après des datations au 14C, la nécropole fonctionne du VIIe au début du XIe siècle. ; les sépultures isolées sont contemporaines des sépultures de la nécropole, en limite d'occupation, en bord de fossé.


Fosses, chemin d'Hérivaux - 1994

Le site de Fosses se caractérise par la diversité de son terroir, associant des terres agro-pastorales de plateau et la vallée fertile de l'Ysieux, dont les argiles ont donné naissance à une importante activité potière, dès la période gallo-romaine. Il bénéficie également d'une position géographique stratégique, à la limite des civitas gallo-romaines de Paris et de Senlis, bordée par une voie romaine la reliant à Beaumont-sur-Oise. L'habitat villageois est attesté à partir du VIe siècle, succédant à une occupation datée du Bas Empire, résultant d'un déplacement de l'occupation humaine attestée au Haut Empire sur le plateau fertile au profit de la vallée de l'Ysieux. Si les principales découvertes archéologiques de 1989 à 1994 concernent les centres de production de céramique du XIIe au XVIIe siècle, cette activité pourrait avoir eu une origine plus ancienne, puisque l'étude des contextes de consommation à travers l'Île-de-France démontre la diffusion de productions issues de la vallée de l'Ysieux à partir de l'époque mérovingienne.

Une première nécropole mérovingienne a été reconnue à l'ouest du village, de part et d'autre de la route de Luzarches. Au début du XXe siècle, plusieurs sépultures mérovingiennes en sarcophages de pierre et de plâtre sont exhumées entre la route et la fontaine Sainte-Geneviève, à 350 m de l'église, et une vingtaine des sarcophages sont fouillés un peu plus au nord. Avant 1945, plusieurs sépultures sans contenant apparent ont fait l'objet de découvertes fortuites sur des terres agricoles situées le long du chemin menant de Fosses à Hérivaux. Enfin, en 1992, une intervention d'urgence de la JPGF sur une parcelle attenante permet d'observer sept sépultures sans contenant apparent, dépourvues de mobilier, après la destruction d'une dizaine de sépultures au début d'un chantier. En 1993-1994, des sépultures ont été fouillées dans la partie basse du site, au bord de la Grande Rue.


Fosses, Parvis Église Saint-Étienne - 1993

Les fouilles programmées de 1993 concernant le réaménagement du centre de Fosses et des alentours de l'église Saint-Étienne ont mis au jour des ateliers de potiers et ont permis d'attester une occupation du site dès l'antiquité. L'origine pré-romane du sanctuaire est ainsi mise en évidence, d'après les découvertes effectuées au nord de l'église et sous le parvis daté du XIIIe siècle. Des structures d'habitat mérovingiennes sont identifiées sous le parvis à l'ouest de l'église et dans le cimetière actuel, une grande partie ayant sans doute été détruite lors des aménagements du parvis au Moyen Âge.

La première nécropole est sans doute abandonnée vers les VIIIe-IXe siècles et un nouveau cimetière est créé autour de l'église pré-romane. Cette création correspond à une césure dans l'occupation humaine du secteur nord de l'église, avec le remblaiement du terrain et un enclos matérialisé par deux fossés perpendiculaires.

Cinquante sépultures ont été fouillées, les squelettes reposant en décubitus, bras en position diverse, dans des contenants d'une grande diversité : fosses trapézoïdales ou anthropomorphes, avec empierrements, sépultures en cercueils datés du IXe au XIIe siècle sous le parvis de l'église d'après l'auteur. Un fragment de chapiteau, mouluré, sculpté dans un calcaire tendre local, a été découvert dans une sépulture "encagée" ; il pourrait provenir d'un état antérieur de l'église.


Gadancourt, Église Saint-Martin

Autour de l'église Saint-Martin, des sépultures en sarcophages accompagnées de vases ont été repérées.Archives CRAVF.


Genainville, le Buisson de la République - 1884

La commune se trouve sur le plateau du Vexin français, à proximité de plusieurs voies anciennes, dont la Chaussée Jules César. Elle se situe dans un vallon, traversé par un ruisseau dont la source se trouve sur le site gallo-romain des Vaux-de-la-Celle. Sur son territoire, de nombreuses carrières ont fourni le calcaire des édifices mis au jour. Genainville est surtout connue pour ses vestiges gallo-romains exceptionnels, notamment un temple à double cella, un théâtre, des bâtiments secondaires etc.

Sur ce site, la période mérovingienne est marquée d'abord par des destructions, les monuments antiques ayant été réutilisés comme carrières. Des sarcophages en réemploi, stèles et monnaies attestent une occupation des lieux aux Ve et VIIe siècles. Les textes confirment cette occupation dès le VIIe siècle, dans une donation de la reine Bathilde et "le testament de l'inconnu d'Arthies".

Si l'occupation mérovingienne a été très dense dans le Vexin français, elle l'est plus particulièrement à Genainville, cinq nécropoles étant recensées sur le sol de la commune, voire même une sixième mise au jour en 1830-1880 et 1902, en limite avec la commune voisine de Maudétour. Sur cet ensemble de découvertes, on dispose de peu d'information faute d'une fouille méthodique. Deux de ces cimetières ont fait l'objet de sauvetages partiels réalisées par le CRAVF, les autres n'étant connus que par des mentions anciennes de la fin du XIXe ou début XXe siècle (selon l'érudit local, V. Le Ronne).

Au lieu-dit le Buisson de la République, en 1884, cinq sarcophages en calcaire sont découverts. Ils disposent d'un couvercle de forme arrondie et sont dépourvus de décor ; les cuves mesurent de 1,9 à 2 mètres de long, sauf un de petites dimensions (1,45 m de long). Ils n'ont pas été datés précisément. Les sarcophages étaient vides, à l'exception de quelques ossements.


Genainville, la Couture - 1958

Quatre sarcophages en pierre ont été exhumés. Deux sont monolithes et deux sont bipartites, de forme trapézoïdale. Trois avaient conservé leur couvercle (un plat, un en bâtière et un bombé). Aucun ne présentait de décor.

Deux stèles en pierre calcaire ont été dégagées : l'une à base rectangulaire débordante et partie supérieure en demi-cercle, ornée d'un demi-cercle en creux et une autre de forme semi-circulaire.

Les sarcophages n'ont livré aucun mobilier ; seule une fosse sans contenant apparent contenait les ossements d'un individu, sur lequel a été trouvée une plaque-boucle, au niveau de la poitrine.


Genainville, Le Champart - 1964

Le site se trouve sur le versant d'une colline, à 400 m d'altitude. Deux sarcophages ont été fouillés. Ils sont monolithes, trapézoïdaux, en calcaire et l'un d'eux présente un couvercle plat.


Gonesse, Église Saint-Pierre et Saint-Paul - 2013

La fouille de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul à Gonesse a pour origine l'installation d'un chauffage au sol à l'intérieur de l'édifice. Elle a été précédée par deux diagnostics, à l'extérieur et à l'intérieur de l'église en 2002 et en 2010.

Elle s'est déroulée en trois phases, en 2011 dans le déambulatoire et le choeur, en 2012 et en 2013 dans les nefs et sur les bas-côtés. Elle n'a pas été exhaustive, se limitant à la profondeur prévue pour l'aménagement. Néanmoins, le substrat a été atteint dans le choeur, la moitié nord du déambulatoire, l'extrémité ouest des bas-côtés et la quasi-totalité de la nef. La fouille a livré des maçonneries, des structures liées aux aménagements internes de l'édifice (niveaux de sol, moule à cloche) ainsi qu'une importante occupation funéraire, du VIe au XVIIIe siècle.

Trois cent trente huit sépultures individuelles ont été fouillées, deux réductions de corps (VIII-XIIe siècle) et un ossuaire (XVIIe siècle), une centaine sous le choeur et le déambulatoire et le reste se répartissant dans la nef et les bas-côtés. On observe une grande diversité des contenants ( sarcophages en plâtre (43), cuves maçonnées (25), cercueils cloués (187), cercueil chevillé (1), coffrages de bois (12) , fosses (11) , pleine terre (9) et indéterminés(50).

La typologie des contenants, le mobilier en dépôt dans certaines sépultures, la stratigraphie ainsi que sept datations au 14C ont permis de distinguer quatre phases d'inhumations, allant des VIe-VIIe siècles au XVIIIe siècle.

La première occupation funéraire du site (mi VIe-VIIe siècle) est essentiellement matérialisée par les 43 inhumations en sarcophages de plâtre de forme le plus souvent trapézoïdale (88 % du corpus). Certains présentent des décors de croix ou de rosace sur les panneaux de tête ou de pied, du type ouest-parisien. Ces cuves sont attribuables au VIIe siècle. Elles recoupent 12 coffrages de bois - contenant huit individus -, mis en évidence d'après les indices taphonomiques et d'architectures funéraires (traces de bois, pierres de calage), qui constituent les sépultures les plus anciennes.

Les individus reposent en décubitus, membres supérieurs repliés sur l'abdomen ou en extension le long du corps.

D'une manière générale, ces sépultures ont livré peu de mobilier. Seules deux d'entre elles ont livré des agrafes, quelques perles et une boucle d'oreille, datant l'occupation mérovingienne des Vie-VIIe siècles. Généralement recoupées par des sépultures postérieures jusqu'au XVIIIe siècle, elles sont souvent perturbées, voire dans quelques cas, réoccupées par des inhumations plus tardives. Aucune trace d'édifice contemporain de cette phase d'inhumation n'a été observée.

La seconde phase d'inhumation -VIIIe-XIIe - (attestée par 14C uniquement pour une période Xe-XIIe) - 31 sépultures ,la moins importante du fait des destructions - contraste avec la première par la densité des sépultures, les regroupements alternant avec des espaces vides et l'importance des recoupements (8 niveaux observés). Les modes d'inhumation consistent en coffrages de ou fosses étroites , plus ou moins anthropomorphes (comparables aux Mastraits, à Serris Les Ruelles, Saint-Denis ou Banthelu). Le maintien des tête acquiert une importance accrues, les membres supérieurs sont fléchis sur l'abdomen ou en position haute. Le linceul est très majorairement utilisé, de pair avec l'abandon du vêtement et du dépôt d'objet dans les sépulture au profit du dépouillement prescrit par l'Église.

Les trois autres phases d'occupation sont constituées par 91 sépultures médiévales (XIII-XVe siècles) et 164 sépultures modernes ( 107 des XVIe-XVIIe siècles et 57 datées du XVIIIe siècle).


Guiry-en-Vexin, Église Saint-Nicolas - 1997

L'église Saint-Nicolas se trouve au fond du vallon de Guiry et a été élevée sur les fondations d'une église construite au XIIIe siècle. Au début du XXe siècle, "trois squelettes inhumés entre des dalles de pierre posées latéralement pour remplacer le cercueil" sont datés du XIe siècle. En 1955, lors de travaux dans l'église, un sarcophage en plâtre est exhumé, coupé par une tranchée ainsi qu'une sépulture mérovingienne, datée des VIe-VIIe siècles près du portail occidental. En 1997, un sarcophage de pierre de très petite taille est découvert à proximité du clocher. Il contenait les vestiges osseux d'un immature.


Guiry-en-Vexin, La Nourotte - XIXe siècle

Le site de la Nourotte est localisé dans la vallée de la Nourotte, au pied de la colline de Cléry près du bois de Morval. Il est bordé au nord par la chaussée Jules César. Il a probablement été découvert au XVIe siècle, lors de travaux de voierie.

En 1840, selon L. Plancouard, dans l'allée du château, une cinquantaine de sépultures dans des sarcophages de pierre, sont mises au jour. Elles sont alignées et orientées est-ouest ; certaines contiennent des ossements. De nombreuses fouilles se succèdent tout au long du XIXe siècle, notamment à l'initiative du maire entre 1889 et 1906. "Deux cents cercueils de pierre du pays renfermant des squelettes et une foule d'objets mérovingiens" sont exhumés en 1851 selon l'abbé Cochet (1854), de nouvelles découvertes en 1886 permettent d'étendre la nécropole vers le nord-est, selon L. Plancouard dans les Mémoires de la Société Historique du Vexin. La fouille de J. Sirat en 1955, à l'occasion de sondages pour délimiter la nécropole, ajoute cinq sépultures à ce bilan.

Une partie du mobilier des fouilles anciennes et de celle de 1955 est déposée au MADVO. Il se compose de pièces d'armement (scramasaxes, framée) de couteaux, d'éléments de parure (collier en perles d'ambre) et de verroterie, épingles à chaînette. Certains mobiliers en verre ont été datés du Ve siècle.

La nécropole aurait pu fonctionner depuis le Bas Empire. Au vu du seul mobilier, L. Plancouard évoquait un recrutement non discriminant en âge et en sexe, hypothèse qui n'a pu être vérifiée par la suite. Les ossements humains furent pour partie réinhumés au XIXe siècle. Les ossements conservés n'ont pu être étudiés du fait de leur mauvais état de conservation.


Guiry-en-Vexin, Sur les quais - 1975

Le lieu-dit "Sur les quais" est mentionné dès le VIIe siècle dans des sources écrites lors du legs d'une villa à une abbaye (non nommée). Il se situe à proximité de l'église Saint-Nicolas, au nord de la nécropole de la Nourotte, fouillée au XIXe siècle. Le site a fait l'objet de fouilles en 1975 mettant au jour quarante-neuf sépultures.

Quarante-et-une sépultures étaient orientées est-ouest, huit nord-sud. Trois modes d'inhumations ont été observés : en sarcophages de pierre calcaire, en coffrages de dalles plates (dressées ou creusées dans le calcaire et une dalle en couverture) et enfin sans contenant apparent. Les sarcophages sont tous trapézoïdaux, à l'exception d'un très grand sarcophage rectangulaire ; certains couverts de dalles plates, d'autres de couvercles en bâtière. Une sépulture a été découverte au fond d'un puits rempli de cendres. Une seule stèle semi-circulaire, éloignées des sépultures, a été découverte.

Dix-huit fosses et sarcophages contenaient des ossements et un mobilier datés des mêmes périodes (VIe- VIIe siècles). Les inhumations sont souvent multiples, les réductions étant nombreuses aussi bien au pied ou à la tête des sarcophages que dans les fosses.

L'étude anthropologique a dénombré 200 à 250 squelettes adultes. La plupart des squelettes reposaient en décubitus sauf deux, un en position ultra contrainte au niveau des jambes et un reposant latéralement. Les squelettes présentaient plusieurs pathologies : fractures réduites, deux crânes portant des traces de blessures et un crâne était déformé.

Le mobilier déposé indifféremment dans les sarcophages comme dans les sépultures sans contenant apparent est abondant mais assez commun, à l'exception d'une petite boucle en bronze comparable à la boucle sarmate d'Hérouval. Il se compose d'objets de parure : plaques-boucles damasquinées, fibules en bronze, collier de perles ; de pièces d'armement, dont un scramasaxe de petite taille ; de céramiques déposées au pied du défunt ; de monnaies, dont un potin gaulois. Le mobilier est daté entre le milieu du VIe et la fin du VIIe siècle. Cependant, le fait qu'il soit pour partie retrouvé hors contexte, dans des fosses dépotoirs ou en remblai incite à penser, selon J. Sirat, que la nécropole fut encore utilisée tout au long du VIIIe siècle. Cette hypothèse est confortée par l'importance des réutilisations observées dans les sépultures.


Haute-Isle, non localisée - 1951

Des sarcophages renfermant des ossements, des vases et des agrafes ont été découverts sur le territoire de la commune entre 1835 et 1951.


Hédouville , La Maladrerie - XIXe siècle

La commune se situe dans le Vexin français, à la limite de la Picardie. La première mention écrite du village date d'un acte de justice de Clovis III, en 691. Le village est alors désigné sous le nom d'Hidulfoivilla. La nécropole est connue depuis le milieu du XIXe siècle ; localisée au-dessus des hameaux de Hodan et de Chateaumolle, sur le versant occidental du coteau.

En 1850, à l'occasion de l'ouverture d'une carrière de pierre, vingt-cinq à trente sarcophages sont mis au jour. Ils contenaient un grand nombre d'ossements humains, une épée et une céramique. En 1898, la nécropole est fouillée et six cents sépultures sont exhumées, orientées est-ouest. Un érudit local, A.-D. Denise, estime alors que la plus grande partie de la nécropole a été détruite par l'exploitation d'une carrière voisine.

La plupart des sépultures étaient sans contenant apparent ; cependant on compte soixante-quinze sarcophages de pierre, taillés dans la pierre locale et dépourvus de décor. Certains conservent leur couvercle ; la plupart sont très dégradés. Un nombre important de sépultures inachevées laisse penser qu'un atelier de construction de sarcophages se trouvait à proximité.

Les vestiges osseux présents dans les sépultures correspondaient à des adultes et à des immatures. On observe un cas de superpositions de deux individus.

Le mobilier a été trouvé principalement dans les sépultures sans contenant apparent alors que les sarcophages semblent avoir été pillés. Il se compose de céramiques non décorées, dans les sarcophages ; de boucles en bronze au niveau de la ceinture, argentées ou étamées, de pièces d'armement ; une sépulture a livré un vase en verre.

Selon A.-D. Denise, auteur du compte-rendu manuscrit de la fouille (ADVO, D4/270) la nécropole aurait perduré du VIe au VIIIe siècle. Le mobilier a été laissé pour moitié au propriétaire ; l'autre fait partie de la collection Denise, rachetée par le MAN en 1981.


Herblay, Parc des Alouettes - 1991

Un diagnostic a eu lieu à 250 m du site de Gaillon-le-Bas, où ont été mises au jour des occupations du Bas Empire et d'époque mérovingienne. Une sépulture a été dégagée dans le comblement d'une fosse dans laquelle des tessons carolingiens ont été retrouvés.


Herblay, Église Saint-Martin - 2003

Herblay se situe sur la rive droite de la Seine, au sud-est de Pontoise, son territoire s'étendant des berges du fleuve jusqu'au rebord du plateau qui la surplombe, passant de 20 à 75 m d'altitude. La première mention d'Herblay remonte à 754, quand Pépin confirme à l'abbaye de Saint-Denis la possession de sa villa de Taverny avec les colonies d'Acebrelido (Herblay) et Walion (Gaillon).

Des fouilles pour l'aménagement d'une ZAC à l'ouest de la commune, sur les berges de la Seine, ont révélé un habitat très ancien, remontant au Néolithique et des occupations de l'Âge du Fer à la période carolingienne, notamment à Gaillon-le-Bas (Hallstat final) sur des terrasses limitées par des murs de soutènement.

Le site de la nécropole mérovingienne, à 1,5 km des occupations alto-médiévales des bords de Seine, a été reconnu dès 1867 lors du nivellement de l'ancien cimetière et en 1899 "[...] beaucoup de cercueils de plâtre [...] (sont mis au jour) ces cercueils conservaient des restes de corps […]" sur le chevet sud de l'église Saint-Martin et " [...] plusieurs autres dans une propriété particulière où il existe quelques débris d'une ferme ayant appartenu à un seigneur [...] ils étaient absolument pareils aux précédents".

Trois campagnes de fouilles ont été réalisées sur le site. La première est menée en 1967 par la JPGF le long du mur extérieur d'une abside latérale, exhumant quatorze sarcophages de plâtre et quatre sépultures sans contenant apparent. Les fouilles reprennent en 1972, dans le prolongement de la première opération et dans le square attenant ; trente-six sarcophages sont mis et au jour et l'origine de la nécropole est datée du VIe-début VIIe siècles. Enfin, en 2003, un sondage permet de dégager trois nouvelles sépultures sans contenant apparent, près des découvertes de 1967.

La nécropole a été estimée entre 560 et 600 sépultures, dont 200 d'époque mérovingienne. Soixante-dix sarcophages ont été observés, cinquante ont été fouillés. Ils étaient orientés est-ouest, à l'exception d'un seul, orienté sud-nord, et disposés selon plusieurs alignements et par groupes. Les recoupements sont très rares et n'affectent que quelques sarcophages percutés par des sépultures sans contenant apparent, très postérieurs à la construction du contrefort de l'église. Ceci implique une visibilité des sarcophages, même si aucune stèle ou autre marqueur n'a été retrouvé.

Les sarcophages étaient fabriqués avec le plâtre local d'Herblay, provenant des carrières de "la Butte". Ils étaient pour la plupart dépourvus de couvercles, certains conservant des couvercles plats très dégradés ;des traces de planche ont pu être observées sur certains d'entre eux. Ils présentent un fond coulé dans la fosse et des panneaux latéraux moulés, sans joints. Les décors observés (de rouelles, de croix pattées, de rouelles avec rayons) relèvent du groupe ouest-parisien ; ils sont comparables à ceux des sarcophages de Saint-Vincent et Saint-Marcel à Paris ou d'Andrésy et Pontoise (Val d'Oise), datables du VIIe siècle. Des fosses plâtrées, sans fond, sont également présentes, distinctes des alignements observés.

Seules les trois sépultures sans contenant apparent exhumées en 2003 ont bénéficié d'une étude anthropologique. Elles comptaient cinq réductions. Les individus étaient déposés en décubitus, les avant-bras sur l'abdomen, vraisemblablement en linceul.

Le mobilier exhumé est assez modeste, se concentrant principalement dans les réductions pour l'opération de 2003. Il consiste en tessons de céramique décorés à la molette, une plaque-boucle damasquinée et des agrafes de vêtement en bronze. Il est attribuable au VIIe siècle.

Un phasage des sépultures a pu être ébauché malgré la rareté du mobilier. La phase mérovingienne se caractérise par la présence des sarcophages, dont sept intacts contenant des vestiges osseux ; les sépultures sans contenant apparent, avec très peu de mobilier et la présence probable de linceul pourraient correspondre à la période carolingienne puis moderne ; enfin, des rangées de sépultures d'enfants, et d'autres d'adultes et enfants confondus, en cercueils de bois, sont datables du XIXe siècle.

Elles attestent une pérennité de la nécropole tout au long du haut Moyen Âge, en rapport avec un habitat carolingien à proximité, résultant d'un déplacement des berges de la Seine vers les hauteurs défensives du plateau.

La question du rapport entretenu par cette nécropole avec les occupations situées à 1,5 km à Gaillon Haut et Bas reste ouverte, ainsi que celle de son extension, la nécropole ayant été partiellement détruite lors de la création du cimetière moderne.


Hérouville, Église Saint-Clair - 2003

La nécropole a été fouillée en 2003 à l'occasion de travaux de réfection de l'église. Elle se situe sur une éminence dominant un plateau, à un carrefour important de voies anciennes. Le nom d'Hérouville est évoqué dans une charte de donation au XIe siècle. L'église actuelle a été construite du XIIe au XVIe siècles, avec des phases de reconstruction et d'aménagements.

Plusieurs sondages ont été effectués près des quatre piles de fondation du bâtiment. Ils ont mis en évidence une occupation humaine antique ou mérovingienne antérieure à la nécropole et un cimetière chrétien, utilisé dès l'époque mérovingienne et se développant à l'époque carolingienne.

Six phases allant de la période mérovingienne au XVIIe siècle ont été distinguées. Une première phase comprend 27 sépultures et 13 individus "redéposés". La seconde phase correspond aux VIIIe-IXe siècles avec des fondations antérieures aux piles de la croisée du transept, un regroupement d'ossements interprétés comme des réductions de sépultures après percolation de sept sépultures de la phase précédente. La phase III, datée du XIIe siècle, est contemporaine des piles de la croisée du transept. Les phases IV à VI, avec la reconstruction générale de l'église correspondent au bas Moyen Âge et à la période moderne.

L'étude anthropologique est très complète et a mis en évidence pour les phases d'inhumations datées du haut Moyen Âge un recrutement nettement masculin, la courbe de mortalité étant conforme à celle des populations pré-jenneriennes ; en revanche, les femmes en sont pratiquement exclues.

La nécropole est attestée au IXe siècle mais d'après la datation 14C de la plus ancienne sépulture, elle pourrait avoir fonctionné dès le VIIIe siècle. Plusieurs indices suggèrent l'existence d'un bâtiment cultuel dès le haut Moyen Âge : la présence d'un premier bâtiment d'une certaine importance (mur), des fragments de vitraux et de résille de plomb, de nombreuses tegulae et enfin une structure excavée, au milieu du cimetière chrétien repérée à la fouille. On peut donc en déduire l'existence d'un habitat groupé à proximité dès l'apparition de cette nécropole.

Il est tout à fait possible que la paroisse d'Hérouville ait été créée dès le IXe ou Xe siècle ce qui impliquerait la construction d'une église, dont la localisation reste à préciser.


Hodent, Sud de l'Aubette - XIXe siècle

Le site se trouve sur le coteau sud de l'Aubette, entre 55 et 132 m d'altitude. Plusieurs découvertes fortuites situées à peu de distance les unes des autres et des fouilles anciennes ont mis en évidence l'existence d'une nécropole mérovingienne, fin XIXe - début XXe siècles.

En 1827, deux sarcophages en pierre sont découverts dans une propriété privée. En 1832, au lieu-dit "Le vieux four à chaux", quatre sarcophages de pierre avec couvercles et de dimensions différentes sont exhumés, ils contenaient des ossements d'adultes et d'enfants. Le mobilier comprend deux vases et un poignard. En 1893, au lieu-dit "La Marnière", deux sarcophages en pierre trapézoïdaux, renfermant chacun un squelette, sont mis au jour. Enfin, en 1903, cinq squelettes et trois sarcophages avec couvercle sont dégagés.

Un crâne a subi une trépanation au temporal gauche. Le mobilier recueilli comprend des vases "sans ornement" dont un en terre noire et un en terre rougeâtre ; les sépultures étaient accompagnées "d'une lame de sabre en fer, d'un poignard".


Longuesse, Sous les roches Couture - 1964

Le site est connu depuis la fin du XIXe siècle, avec la découverte fortuite en 1884 de deux sarcophages trapézoïdaux, en pierre calcaire, provenant probablement de la carrière de Saillancourt ; ils étaient vides de mobilier ; l'un , au couvercle cassé en trois morceaux, contenait deux crânes. Cette nécropole est mentionnée le long "du chemin neuf" de Longuesse à Vigny, sur le sommet et le versant d'un côteau dominant l'Aubette.

En 1963, une découverte fortuite de sarcophages lors de la construction d'une canalisation donne lieu à une fouille menée en deux temps par P.-H. Mitard (CRAVF). Celle-ci a permis de préciser l'extension de la nécropole et d'en dater l'utilisation grâce au mobilier exhumé (VIe-VIIe siècles).

Trente-deux sépultures ont été fouillées. Les modes d'inhumation sont variés : deux sans contenant apparent, une en cercueil de bois, 19 en sarcophages de calcaire (dont deux de petites dimensions) et 10 en sarcophages de plâtre. L'absence de recoupement, la présence d'une stèle in situ devant un sarcophage de plâtre, attestent une organisation rationnelle de l'espace funéraire. Les réductions internes et les vidanges plaident également en ce sens, face à une forte densité d'occupation.

Le réemploi de blocs calcaires ou stèles pour les couvercles de sarcophages notamment est récurrent. Ces blocs, qui présentent des trous de louve, proviennent de bâtiments antiques. Les stèles décorées sont très variées : forme demi-circulaire à base rectangulaire, à cavité rectangulaire, stèle simplement rectangulaires. Les décors comprennent des croix grecques (VIIe siècle), une croix latine, une croix ansée ; l'une portant la trace d'une ébauche de décor non aboutie. Le traitement des cuves de pierre est assez archaïque, caractéristique du Ve siècle.

Le mobilier est abondant et varié, retrouvé aussi bien dans les sarcophages que dans les fosses sans contenant apparent. Il se compose principalement de céramiques et d'éléments de vêtements. Il a été déposé au MDAVO. Cependant, la nécropole a subi des pillages anciens et contemporains, préjudiciables à une datation fine de la nécropole.

ll n'y a pas eu d'étude anthropologique mais des mesures crâniennes ont été prises sur trois individus. La présence d'immatures dans la population inhumée a été observée.


Louvres - Présentation

La commune de Louvres, située en Pays de France, dispose d'un territoire formé de trois plateaux séparés par deux vallées, dont celle du Crould (le "Rhin" sur son cours supérieur) ; c'est près de leur confluence que se développent le bourg et plus au sud-ouest, la motte féodale "des ducs" d'Orville. Outre ses richesses agricoles, ce territoire offre des ressources minérales exploitées anciennement, avec trois carrières dont on extrayait la pierre de taille. L'habitat le plus ancien s'organise le long de l'axe antique de Paris à Senlis (actuelle rue de Paris).

La villa de Louvres est mentionnée dans une charte de Dagobert de 632. Deux églises, séparées par une rue étroite, constituent une particularité de Louvres. La plus ancienne, Saint-Rieul, est dédiée au premier évêque de Senlis (vers la fin du IIIe siècle) et la seconde, Saint-Justin est consacrée au saint martyr local (IVe siècle).

Dès le XIXe siècle, au lieu-dit le "Bois d'Orville", une nécropole mérovingienne est repérée, à l'occasionde travaux d'extraction de pierre : douze cercueils en auge, en pierre calcaire du pays furent dégagés.

À partir des années 1970 jusqu'aux années 1990, de nombreuses prospections menées par le GRHALP sous la conduite de P. Muzas permettent de découvrir un site antique des IVe et Ve siècles au lieu-dit "Secrétain" dans la vallée du "Rhin". Des fouilles à l'intérieur de l'église Saint-Rieul, sous la nef et le collatéral, mettent en évidence une nécropole d'une longévité exceptionnelle, datée du IIIe au XIXe siècle, les vestiges d'un édifice et de silos antiques, d'un deuxième bâtiment pré-roman ainsi que des éléments d'architecture allant du bas Moyen Âge à la Révolution (dallage, atelier de salpêtre, moules à cloches). Les fouilles ultérieures le long du bas-côté de l'église Saint-Justin en 1993 et des travaux d'assainissement en 2003, ont permis de repousser les limites de la nécropole autour des deux églises au sud, rue des Deux-Églises et à l'est rue Saint-Justin, évaluant de 400 à 500 le nombre des seuls sarcophages.

Parallèlement, au sud-ouest de ces implantations, à la faveur de grands travaux d'infrastructure routière, la motte féodale du château d'Orville et ses alentours font l'objet de nombreuses campagnes archéologiques et d'une fouille programmée, à partir de 1995. Elles localisent le village du haut Moyen Âge, installé du VIIe au Xe siècle au bord du Crould, faisant place à la motte féodale à partir du XIIe siècle. Dans ce cadre, plusieurs structures funéraires datées de la période carolingienne sont exhumées, les unes situées à l'intérieur des structures d'habitat, les autres en dehors.

L'aménagement d'une ZAC a conduit à la réalisation d'un diagnostic archéologique à l'ilôt Bruel, rue de Paris en 2009, suivi d'une fouille réalisée de juillet 2010 à février 2011. La fouille a permis de mettre au jour, outre une importante nécropole antique (utilisée du Ier au Ve siècle), des indices d'habitat protohistorique, une carrière antique et des structures d'habitat alto-médiévales.


Louvres, Route de Paris, ZAC du Parc - 2010

En ce qui concerne la zone funéraire, plusieurs phases ont été déterminées La première, attribuable au Ier siècle, correspond à l'implantation de sépultures, essentiellement d'immatures (131 sur 142) dans la carrière, après l'abandon de son exploitation. Deux autres phases du Haut Empire ont été identifiées, une première attribuable au IIe siècle avec 28 sépultures et une seconde phase concernant neuf sépultures datées du IIIe siècle. L'utilisation du site funéraire durant le Haut Empire se termine avec la présence de niveaux d'occupation scellant les niveaux antérieurs. Sept incinérations du IIIe siècle s'installent dans ces niveaux. Une nécropole du Bas Empire se développe par la suite dans la zone sud de la fouille, postérieurement à l'abandon de la zone d'incinération du IIIe siècle. Deux-cent-cinquante sépultures sont datées des IVe-Ve siècles constituant un ensemble funéraire majeur pour cette période. Les sépultures sont organisées en rangées suivant un axe de circulation est-ouest.

Elles sont orientées nord-sud pour la plupart, avec quelques unes orientées nord-ouest - sud-est. La présence d'une dizaine de petites fosses associées aux sépultures pourrait matérialiser l'existence de possibles marqueurs. En outre, la présence de fragments d'os humains brûlés peut constituer un indice de la présence d'incinérations détruites par le creusement des inhumations. Les fosses d'inhumations sont de forme rectangulaire ou oblongue et comprennent des banquettes. Ces structures sont assez profondes (plus d'un mètre). Elles n'accueillent qu'un individu. Certains défunts sont inhumés dans des coffrages de bois aménagés directement dans la fosse et maintenus par des calages de pierres. Pour d'autres, la présence de clous et les indices taphonomiques conduisent à conclure à la présence de contenants rigides périssables cloués. La plupart des défunts ont été déposés habillés ou en linceul.

L'état de conservation des os est médiocre. Les défunts reposent essentiellement en décubitus. Les positions des bras semblent variables (parallèles au corps, ramenés sur le ventre). L'étude anthropologique est en cours mais on peut noter la présence d'adultes des deux sexes ainsi que d'immatures et notamment des nouveau-nés, qui semblent avoir bénéficié d'une égale attention lors de leur inhumation.

La très grande majorité des défunts était accompagnée de dépôts. Il s'agit pour l'essentiel de vaisselle, céramique (gobelets, jattes, cruches) ou en verre (gobelets, bouteilles). Ces dépôts sont la plupart du temps placés au niveau de la tête du défunt, plutôt en dehors du contenant. Si la majorité des inhumés est déposée avec un seul élément de vaisselle, quelques-uns disposent de plus d'un dépôt de ce type (28 sépultures avec deux éléments de vaisselle, deux avec trois et une avec quatre éléments). Des dépôts alimentaires peuvent accompagner le dépôt de vaisselle. Il s'agit la plupart du temps de volaille (coq, oeufs) et de porc dans une moindre mesure. 272 sépultures ont livré des clous de chaussures, les études tendent à montrer que ces éléments pouvaient être, soit portés par le défunt, soit déposés avec lui dans ou sur la sépulture. Dans le cas des dépôts, le nombre de chaussures déposées ne correspond pas toujours à une paire. Des dépôts de monnaies ont aussi été observés. Ils étaient présents, soit associés au défunt (dans une bourse, dans la main), soit dans le creusement près du défunt (entre les jambes, dans les chaussures), soit avec les dépôts de vaisselle et d'offrandes alimentaires, soit dans les comblements. Ces dépôts concernent la plupart du temps une seule monnaie, bien que plusieurs dépôts multiples aient aussi été observés.

Des éléments de parure ont pu être observés, moins nombreux cependant. Il peut s'agir d'éléments de parure en alliage cuivreux (torque, bracelets), en alliage ferreux (bracelets, fibules et épingles) ou encore en os (épingle à cheveux, bracelets). Les éléments de vêtement sont également présents : fragments de ceintures (en alliage cuivreux ou ferreux), éperon, anneaux en alliage ferreux. Quelques outils ont été mis au jour, il s'agit de quatre couteaux et de deux fragments de lames en alliage ferreux. Les ustensiles de toilettes sont peu nombreux : seuls deux pinces à écharder en alliage cuivreux et un peigne en os ont été trouvés. On notera aussi la présence de trois plats en métal. Les études du mobilier métallique permettent de le dater pour l'essentiel des IVe-Ve siècles. J. Soulat souligne le caractère "germanique" de nombre de ces artefacts, dont la présence témoigne d'une évolution des comportements par rapport à la période précédente où le mobilier céramique prévalait dans les dépôts.


Louvres, Église St-Rieul - 1991

Les fouilles des deux églises et du square attenant ont permis de mettre au jour les fondations d'un bâtiment édifié entre le IIIe et le IVe siècle ainsi que des silos à grains d'une époque ultérieure (contenant de nombreux crânes humains en remblai). Aux VIIIe-IXe siècles, le bâtiment est prolongé par une abside, dont on a exhumé quelques éléments ; elle est remplacée par une autre, plus vaste, à l'époque pré-romane. Le dernier édifice, dont subsistent aujourd'hui le choeur et l'avant-choeur portant le clocher, date du XIIe siècle. L'emplacement de la nef, détruite à la Révolution, est occupé par un cimetière jusqu'au XIXe siècle.

Une stratigraphie complexe des soubassements de l'édifice a été mise en évidence, distinguant plusieurs niveaux de sépultures : les inhumations mérovingiennes précoces en cercueil de bois chevillés et les sarcophages de pierre et de plâtre se trouvent à une profondeur de 2,2 m et au delà, recouvertes par une phase funéraire médiévale (fosses sans contenant apparent et cercueil de bois) puis une phase de remaniements au XIXe siècle liés au déplacement du petit cimetière entourant l'église.

Trois-cent-trois inhumations, allant du Ve siècle à l'époque moderne, ont été fouillées, soit 251 sépultures primaires (dont 205 contenaient des ossements) et 66 réductions. Les modes d'inhumations contenant apparent et 151 indéterminés.

Pour le haut Moyen Âge, 139 sépultures primaires ont été fouillées, dont 124 sont mérovingiennes ainsi que de nombreuses réductions. La majorité a été inhumée en sarcophages, pierre ou plâtre, onze en cercueil cloué ou chevillé, 39 en fosses. Elles correspondent à plusieurs phases : six pour la période mérovingienne précoce (IVe-Ve siècles), 40 pour la seconde période mérovingienne (V-VIe siècles), 78 pour la période mérovingienne récente (Ve-VIIIe siècles). Vingt-cinq sépultures sont datées de la période carolingienne, dont 21 réutilisant des sarcophages en plâtre et quatre des fosses sans contenant apparent.

Une vingtaine de sarcophages en pierre ont été dégagés, un seul est rectangulaire, les autres, comme les sarcophages de plâtre, sont trapézoïdaux. Deux sont monolithes, deux ont des couvercles en bâtières, un présente un couvercle plat, avec un décor en gaufrage. Pour les 55 sarcophages en plâtre, deux ont été fabriqués in situ. Certains présentent des décors : rosaces, croix pattées en relief dans un triple cercle dont l'intérieur est décoré de chevrons, croix latine entouré de bossettes dans un double cercle, décors géométriques en "grille".

Cinq sépultures datées des IVe-Ve siècles ont livré un mobilier exceptionnel, se composant d'objets de parure (fibules digitées et circulaires en argent, ornées de grenats provenant de Bohême et d'Inde, cristal de roche, argent, cinq pendentifs en ambre ou cristal de roche, bracelets et boucles d'oreille en argent, bague en or) et d'une vaisselle de prestige (bol en verre, bassins en bronze, cuillère...) comparables au mobilier découvert à Saint-Denis (93). D'après ce mobilier d'une très grande richesse (les ossements humains étant très peu conservés) ces sépultures correspondent à quatre femmes et un homme de statut aristocratique. Une autre sépulture en sarcophage de plâtre contenait une épée d'origine alamane et son fourreau ainsi qu'une hache. L'essentiel du mobilier a été réuni au musée Archea.

Les ossements humains sont très mal conservés ; pour les plus anciens, ils ont fait l'objet d'une étude anthropologique limitée menée par H. Guy ; les autres ont été étudiés par I. Abadie en 2004. Pour la période altomédiévale (mérovingiens et carolingiens confondus), 119 individus ont fait l'objet d'une étude exhaustive. Ils se décomposent en 103 adultes, seize immatures (un IM2, quatre IM3, deux IM4, trois IM5 et six IM indéterminés). Sur les 103 adultes, on compte 19 hommes et 21 femmes. Si le recrutement de la nécropole ne présente pas de spécificité, on peut cependant noter la faible représentation des immatures.

La documentation sur cette nécropole est regroupée de façon exhaustive dans le mémoire universitaire d'I. Abadie, sous forme d'un inventaire de toutes les sépultures avec photos et un recensement de tout le mobilier qui leur est associé.

Le plan de la nécropole illustre l'extension de la nécropole de l'est vers l'ouest et les différentes phases d'utilisation du site durant le haut Moyen Âge. Cette extension tient compte de l'existence de deux édifices cultuels antérieurs à l'église du XIIe siècle. En effet, si pour les périodes mérovingiennes, les sépultures se répartissent à l'intérieur puis à l'extérieur d'un édifice partiellement identifié, celles de la période carolingienne réutilisent presque systématiquement des sarcophages situés en dehors d'un second édifice dont l'abside a été dégagée.

Enfin, la localisation des sépultures les plus anciennes au sud-est, à une centaine de mètres de la nécropole antique (Ie-Ve siècle) fouillée dans la ZAC du Parc, nécessite que l'on s'interroge sur les relations existant entre ces deux sites et sur la pérennité de cette implantation depuis le Haut Empire jusqu'au XIXe siècle, cas extrêmement rare pour l'Île-de-France.


Louvres, Le Bois d'Orville - 1999

Les structures funéraires exhumées permettent de distinguer deux pratiques spécifiques : les inhumations dans une petite zone située à l'extérieur de la zone d'habitat du haut Moyen Âge, structurée par la présence d'un chemin, dont l'inflexion détermine l'orientation et le développement de la nécropole et, à la même période, des inhumations en zones d'habitat. Elles correspondent à la période carolingienne.

L'étude anthropologique de C. Dumont de 1999 fait la synthèse des fouilles de 1997 et 1999. La grande majorité des individus inhumés sont des immatures, ce qui permet d'évoquer soit une nécropole à recrutement spécifique soit une zone d'inhumations réservée aux enfants (aucune délimitation n'a été mise en évidence). La question du lieu d'inhumation des adultes à la même période reste entière.


Luzarches, Collégiale Saint-Côme - 1863

Luzarches est située sur un point élevé de la vallée de l'Ysieux, entre la Plaine de France et la forêt de Chantilly. Le secteur occidental du bourg est dominé par un éperon rocheux, la butte de Sainte-Côme qui culmine à 116 mètres. L'église Saint-Côme et Saint-Damien est mentionnée dans un diplôme de Charlemagne daté de 775.

En 1863, entre la collégiale Sainte-Côme et le vieux château, des sépultures sans contenant apparent sont mises au jour. Elles contenaient des squelettes d'adultes et d'immatures ainsi que du mobilier varié (collier de perles, poignard, fermoir de ceinture, céramique et un bronze daté du Bas Empire).

En 1988, lors de travaux dans le jardin du presbytère jouxtant l'église, des sarcophages de plâtre sont repérés, alignés par rapport au plan de l'église pré-romane. Deux ont pu être sauvés et l'un d'eux conservait un couvercle formé de deux dalles jointives orné d'une grande croix latine pattée de style bourguigno-champenois, datés des VIIe-VIIIe siècles. Ils contenaient des vestiges osseux en mauvais état de conservation et étaient dépourvus de tout mobilier.


Luzarches, Le Noyer-à-la-Drouarde - XIXe siècle

Au lieu-dit Le Noyer-de-la-Drouarde, une nécropole mérovingienne est connue depuis le XIXe siècle.

Une fouille a été menée par la JPGF, au début des années 1980, mettant au jour 139 sépultures organisées "en rangées". Plusieurs modes d'inhumation ont pu être observés : 125 sans contenant apparent, huit dans des fosses plâtrées, une en coffrage de pierre et cinq en sarcophage (trois en plâtre et deux en pierre). Les sépultures étaient majoritairement orientées est-ouest, à l'exception de deux d'entre elles orientées nord-sud. D'autre part, une sépulture contenait deux individus, reposant tête à l'est.

Cent-cinquante-deux individus ont été dénombrés. Le mobilier funéraire exhumé est abondant et varié : armement, éléments de parure et éléments vestimentaires, conservé au MADVO. Les deux cuves de sarcophage en pierre sont déposées à la JPGF.


Magny-en-Vexin, Collège Claude Monet - 1997

Magny-en-Vexin se situe dans une cuvette, traversée par la vallée de l'Aubette, le long de la chaussée Jules César. Depuis le début du XIXe siècle, deux sites funéraires sont connus. La première nécropole, dite "Le Vieux Cimetière" se situe au centre de Magny, place Potiquet, près de l'Aubette ; la seconde se trouve à 150 m au sud-est de la précédente, les principales découvertes étant regroupées autour du collège Claude Monet et du Boulevard Dailly. Les deux sites ont été gravement dégradés en 1972 et en 1986 lors des travaux qui ont précédé les fouilles.

La nécropole du collège Claude Monet est située sur le versant oriental de la vallée de l'Aubette, à 500 m de la chaussée Jules César. Au cours du XIXe et au début du XXe siècle, des sépultures sont exhumées à plusieurs reprises ; en 1955, près de la salle des fêtes, dix sarcophages, orientés est-ouest, sont mis au jour et détruits ; cinq d'entre eux présentaient un décor de sculpture, bûchée sur le fond. Y étaient associés un fer de lance à douille ouverte, un passe-courroie en bronze avec décor de triangles d'argent.

En 1957, deux sarcophages trapézoïdaux parallèles dont un avec demi-couvercle, contenant quelques ossements et des vases (céramique noire à pâte rouge avec décor à molette) sont exhumés près de la salle des fêtes. Enfin, en 1967, "plusieurs" sarcophages de pierre sont encore découverts et des fouilles, à proximité, mettent au jour un habitat gallo-romain avec hypocauste, daté de la fin du Bas Empire (CRAVF).

À l'occasion de la construction du collège Claude Monet, en 1972, une première campagne de fouilles, organisée par le CRAVF (P.-H. Mitard et G. Mercier), rue Baron, exhume quarante sépultures (six sans contenant apparent et trente-quatre en sarcophages). Elle confirme également la présence d'une importante zone d'habitat antique, s'étendant du Ier au IVe siècle.

Une nouvelle campagne menée en 1997 par M.-C. Taupin dans l'enceinte du collège met au jour dix nouveaux sarcophages et soixante-trois sépultures sans contenant apparent, au nord-ouest des précédentes découvertes. Elle met également en évidence le noyau le plus ancien de la nécropole, situé au nord-ouest (Secteur III) ; les sépultures, dotées d'un mobilier très riche, étant datées du dernier quart du Ve siècle à la première moitié du VIe siècle. Les autres sépultures semblent s'organiser autour de ce noyau initial, en rangées et groupes plus ou moins serrés. L'absence de recoupement suggère la présence de marqueurs non préservés, stèles ou tertres.

Les quarante-quatre sarcophages exhumés se divisent en deux groupes : un groupe de sarcophages en pierre monolithes, la plupart pillés, datables du VIe siècle ; un deuxième groupe plus tardif, taillés dans des blocs en réemploi, soit gallo-romains soit mérovingiens. Ces sarcophages sont fermés hermétiquement par un joint d'argile, ne contenant pas de terre, conservant un riche mobilier datable du VIIe siècle. Les sarcophages ont été taillés dans un calcaire jaune, d'une production locale. Ils sont de forme quadrangulaire, avec couvercles en bâtière, bipartites hormis un sarcophage monolithe, de petites dimensions.

On ne note pas de réutilisation des sarcophages. Une sépulture double (deux sarcophages placés dans une fosse unique) est observée. Des clous retrouvés dans les cuves de sarcophages évoquent la présence soit de coffrages avec brancards soit de cercueils.

Les sépultures sans contenant apparent (58) semblent avoir coexisté avec les sarcophages en pierre, à couvercles en bâtière et blocs de réemploi gallo-romains. Elles sont placées dans des fosses rectangulaires et auraient également contenu des cercueils ou des coffrages avec brancards.

Le pillage est évalué à 33 % du total des sépultures ; il a touché principalement les sarcophages du fait de leur visibilité (stèles) ou de sondages systématiques de la part des pilleurs : vingt sépultures étaient ainsi dépourvues de mobilier.

Le mobilier se concentrait essentiellement dans huit sépultures pour l'armement (une épée à bouterolle en argent, sept haches et deux lances), cinq sépultures pour les objets de parures féminins (quatre paires de fibules asymétriques digitées, trois paires de fibules aviformes, une paire de fibules discoïdes, cinq bagues, deux colliers de perles associées à une vaisselle de prestige notamment cinq gobelets coniques en verre) et deux monnaies datées du Ier au IIIe siècle. Le mobilier plus commun se répartit dans les autres sépultures (cruches, boucles de fer, couteaux, pinces à écharder). Il correspond, par sa richesse et sa diversité, à une population privilégiée, d'origine aristocratique, à l'image de celle de Louvres (95).

Les vestiges osseux sont assez mal conservés. Une étude anthropologique minutieuse (riche en données métriques) a été réalisée, ne concernant que les ossements de la fouille de 1997. 63 individus ont été étudiés, se décomposant en 57 adultes et 11 immatures. Une mortalité particulièrement importante est observée pour la classe d'âge des 18-29 ans. La répartition par sexe (étudiée selon des critères morphologiques pour les adultes et archéologiques pour les immatures) donne un taux de masculinité de 58 %.

La nécropole a été reconnue dans toute son étendue, lors de cette fouille et de petites opérations postérieures. Le mobilier, contemporain pour le plus ancien de celui de Louvres (95), permet de dater la nécropole du début du VIe siècle. La forme quadrangulaire de ses sarcophages pourrait étayer l'hypothèse de son antériorité par rapport à la nécropole de la place Potiquet, dont les sarcophages sont trapézoïdaux.

La synthèse des fouilles effectuées à Magny-en-Vexin a permis de constater un déplacement de l'occupation entre la période antique et le haut Moyen Âge, du sommet du versant vers le fond de la vallée. Il reste à établir les rapports existants entre les deux nécropoles connues et leur relation avec les zones d'habitat antiques et altomédiévales. Enfin, aucune découverte funéraire à ce jour n'a pu être mise en rapport avec l'habitat du Haut Empire.


Magny-en-Vexin, Place Potiquet, lieu-dit Le Vieux Cimetière - 1986

Il s'agit de la première nécropole découverte en 1826 au lieu-dit "Le Vieux Cimetière", où "plusieurs sépultures antiques monolithes" sont mentionnées lors de la construction de la halle (centre ville). Les découvertes se poursuivent en 1928 (deux sarcophages dont l'un contenait les ossements d'un individu), en 1931 ("plusieurs sarcophages avec ossements épars") et en 1981 avec cinq sépultures, fouillées par J. Sirat. Cette découverte est la seule à avoir été documentée.

Ces cinq sépultures comprenaient quatre sarcophages en pierre et une sépulture sans contenant apparent. Les quatre sarcophages étaient taillés dans le calcaire, de forme trapézoïdale, ils avaient pour trois d'entre eux, conservé leur couvercle en bâtière. Quatre sépultures contenaient des ossements humains, décrits comme appartenant à des individus adultes. Dans l'un des sarcophages, se trouvait une réduction.

Les individus inhumés se trouvaient en décubitus, les bras le long du corps. Deux d'entre eux reposaient au niveau du crâne sur une pierre plate. Aucune sépulture n'a livré de mobilier. Un des sarcophages, avec couvercle en place, n'a pas été fouillé.

La destruction en 1986, lors de travaux, de 80 sarcophages a compromis gravement la connaissance de cette nécropole.


Marines, Les Carreaux - 2001

Une fouille en 2001 au lieu-dit Les Carreaux, a concerné une emprise de 21000 m² située sur le côteau de la vallée du Rû, le long d'un axe ancien d'échange de Pontoise à Gisors. Elle a mis en évidence un site très riche en structures d'habitat (vingt-cinq cabanes excavées, la plupart à quatre poteaux et quelques bâtiments à quatorze poteaux, des fours culinaires, silos et puits) et en structures funéraires (vingt-deux fosses contenant vingt-six individus) peu nombreuses mais intéressantes par leur implantation et par le mobilier qui leur est associé.

Ce site est occupé du VIe au Xe siècle ; on y distingue nettement quatre phases avec une prédominance des phases 2 (fin VIe-début VIIIe siècle) et 3 (VIIIe-fin IXe siècle). Il témoigne d'une continuité de l'habitat du VIe au IXe siècle, que l'on retrouve dans toute l'Île-de-France et sur des sites comme Villiers-le-Sec (95), avec un abandon définitif au Xe siècle. Il se singularise par l'importance des activités culinaires représentées, mais aussi par le déplacement progressif de l'habitat vers le nord-est.

Du point de vue funéraire, il présente un dispositif intermédiaire entre nécropole et sépultures isolées. On observe trois alignements de sépultures, dont deux sans recoupement, se répartissant sur toute la superficie du site, datés des VIe-VIIIe siècles comme à Bussy-Saint-Georges ou Chessy (77) totalisant vingt individus et cinq sépultures isolées, d'époque carolingienne.

Le mode d'inhumation qui prévaut est l'inhumation dans des fosses individuelles sans contenant apparent, à l'exception d'une fosse contenant trois individus. Trois des cinq sépultures isolées sont aménagées dans des structures excavées abandonnées au moment de l'inhumation, dont un four ; elles se distinguent par l'absence de mobilier.

La répartition par âge et par sexe de la population ne dénote aucun recrutement discriminatoire : il se compose au total de six immatures et vingt adultes; onze hommes, cinq femmes ,quatre indéterminés. Le premier alignement compte six sépultures d'adultes(trois hommes, une femme et deux indéterminés) ; le second, situé au sein de l'habitat mais en dehors des structures domestiques, se compose de six adultes (trois femmes, deux hommes et un indéterminé) et quatre immatures ; le troisième correspond à six individus (deux immatures, une femme, un homme et deux adultes indéterminés).

Une fosse contenait les ossements de trois individus adultes, dont un masculin, en position contrainte peut-être entravés, dont l'origine reste inexpliquée.

Le mobilier est rare et semble correspondre à une population modeste. Il consiste en dépôt d'objets de métal et de céramiques mérovingiens (scramasaxes le long du corps, céramique entre les jambes). Il se concentre dans un nombre réduit de sépultures.


Maudétour-en-Vexin, Église Notre-Dame - 1896

La commune se situe sur un versant du plateau des Bruyères qui surplombe le site gallo-romain de Genainville. La mention la plus ancienne de Maudétour date de 690, avec le toponyme de Binando Villa,légué par "l'inconnu d'Arthies" à sa mère Ida. L'église Notre-Dame de Maudétourt fut édifiée par Agnès de Montfort, épouse du comte de Meulan au XIe siècle. Elle fut détruite au XIXe siècle. Elle se trouvait à une centaine de mètres du chemin de Mantes à Magny.

Plusieurs sarcophages en calcaire, contenant des céramiques datées du VIIe siècle, furent découverts à l'intérieur de l'église, lors de sa destruction puis dans les tranchées de fondation d'une chapelle en 1904. Les sépultures étaient disposées autour d'un édifice contemporain de ces sépultures. On ne dispose d'aucune information concernant les vestiges osseux.


Maudétour-en-Vexin, Le Vieux Cimetière - 1901

La nécropole a été localisée à l'occasion de plusieurs découvertes fortuites tout au long du XIXe siècle.

Elle est située sur le plateau nord dominant le site de Genainville, au lieu-dit "Le Vieux Cimetière", se développant à flanc de colline. Trente-cinq sépultures au minimum ont été dégagées, inhumées dans des sarcophages de calcaire tendre provenant des carrières de Genainville. Ils étaient disposés en plusieurs rangées et orientés est-ouest. Ils ne présentaient pas de décor. Parmi eux, on relève un sarcophage sans fond et un sarcophage de petites dimensions. De nombreuses réutilisations y ont été constatées (jusqu'à quatre individus dans le même sarcophage).

Le mobilier a été en partie conservé par les fouilleurs. On note un scramasaxe, une francisque, une monnaie en argent dans la bouche d'un défunt ; des vases en céramiques décorés au pied des défunts ; trois verres en "forme de clochette" (gobelet apode ?), une épingle en bronze, une agrafe et des plaques de ceinturon en bronze argenté décoré d'entrelacs et arêtes de poisson.


Mériel, Cimetière des Stors - 1924

La nécropole, située au sommet d'un plateau calcaire dominant l'Oise, a été fouillée entre 1921 et 1924 et comprenait 21 sarcophages de plâtre et un de pierre "ornementé" dont la plupart semblent avoir été pillés. Sept stèles, dont certaines portaient des symboles chrétiens, ont été également mises au jour.

On a retrouvé dans les sépultures du mobilier de parure, dont une fibule en bronze "d'un type exceptionnel". Une partie du mobilier a été datée du VIIe siècle par J. Sirat d'après des photographies. Le mobilier, les stèles et les sarcophages en pierre ont disparu.


Montreuil-sur-Epte, Église Saint-Denis - 1926

En 1926, des sarcophages de pierre sont découverts à l'emplacement d'un ancien chemin situé en bordure de village, près de l'église Saint-Denis.


Nesles-la-Vallée, Verville, Rive droite du Sausseron - Non daté

La commune se situe entre 35 et 140 m d'altitude sur un territoire traversé par le Sausseron. Elle est riche en vestiges, notamment en nécropoles de l'Âge du Fer sur le plateau, en habitats (plusieurs bâtiments) et nécropoles dont deux situées de part et d'autre du Sausseron.

La nécropole de la rive droite serait mérovingienne comprenant des sarcophages de pierre avec des vases en grès de facture grossière en dépôt. L'un d'eux comportait un coussin céphalique gravé et un autre un fragment de baudrier en fer (conservés dans la collection privée de l'Abbé Le Chenetière).


Nesles-la-Vallée, Cimetière des Sarrasins - XIXe siècle

La nécropole aurait livré "plusieurs cercueils en pierre contenant des armures de prestige".

Le mobilier issu des différentes fouilles, est dispersé dans plusieurs collections (notamment musée de Picardie, MAN, MADVO). Il présente une grande richesse : céramiques avec décor à molette, pots carénés, gobelet tronconique, fibules zoomorphes, digitées ou discoïdes, peignes et autre tabletterie en os, pendeloques, boucles et plaques-boucles, boucles d'oreille, verroterie, ...

Ce mobilier est daté entre le IVe et le VIIe siècle.


Nucourt, Vieil-Aître - 1956

La présence d'un site funéraire au lieu-dit du Vieil-Aître, est connue depuis les premières découvertes fortuites remontant à 1881, de fragments de sarcophages en pierre ou plâtre, ainsi que de fragments de céramique non identifiée. Des fouilles ont été menées dès 1883.

Elles ont permis la mise au jour de sarcophages attribués à la période antique selon les fouilleurs de l'époque. Cinq sépultures en "pleine-terre" (creusées dans le calcaire local) auraient aussi été mises au jour, avec du mobilier céramique. Un crâne présentait des "traces de violence".

D'autres opérations ont été menées en 1937 puis en 1956, lesquelles ont permis de mettre au jour 32 sarcophages et deux sépultures sans contenant apparent supplémentaires.

L'opération de 1956 menée par J. Sirat a permis la découverte d'une stèle, d'un stylet et d'une épingle de bronze, d'une plaque-boucle ichtyomorphe attribuable au VIIe siècle ainsi que du mobilier céramique datable du IIIe au VIIe siècle.


Omerville, Église Saint-Martin - 1902

La commune est située de part et d'autre de l'Aubette, sur un plateau culminant à 160 m NGF. L'église relevait du diocèse de Rouen. Plusieurs seigneuries se partageaient le territoire depuis au moins le XIIe siècle.

En 1842, des ossements humains en grand nombre sont découverts lors d'un chantier, près de l'église Saint-Martin. En 1902, une fouille a proximité met au jour des sarcophages de pierre, dont trois superposés avec des squelettes en place ; aucun mobilier n'y est associé en dépôt.


Osny, La Garenne et La Chevaurue - XIXe siècle

Osny se situe de part et d'autre de la Viosne entre 35 et 90 m d'altitude. Elle est traversée par des itinéraires antiques, dont la chaussée Jules César. Le village le plus ancien se situait sur la rive droite et l'église Saint-Pierre aux Liens témoignerait d'une fondation mérovingienne.

Deux nécropoles sont signalées en 1899 de part et d'autre de la Vosne : La Garenne et la Chevaurue (ou Le Grand-Plant). Au lieu-dit "La Garenne", en 1898, sont mentionnés des cercueils de plâtre. Le lieu-dit "La Chevaurue" est proche du cimetière actuel et de la chaussée Jules César (300 m). On y a découvert des fosses, des sarcophages en plâtre (parfois superposés) et "un cercueil de dalles de pierre blanche" contenant des vestiges osseux associés à du mobilier d'armement (un scramasaxe, une épée en fer et de nombreux couteaux et poignards), des monnaies, des fragments de poterie gallo-romaines.


Parmain, la Butte de Montarène - 1973

Parmain se situe à l'est du Vexin français, à la confluence de l'Oise et du Saussero. L'occupation, attestée dès le Néolithique au nord, dans le hameau de Jouy-le-Comte, se développe vers le sud dans le fond de vallée et sur le versant du plateau du Vexin. La butte de Montarène surplombe le centre du village.

La nécropole, située sur le coteau, est connue depuis le XIXe siècle grâce à de nombreuses découvertes. Selon D. Denise, maire et chroniqueur de la ville au début du XXe siècle, on découvre en 1875 une trentaine de sépultures. Trois types d'inhumations sont identifiés : huit sarcophages en calcaire (deux types de pierre), vides, la plupart monolithes et pour la moitié de petite taille ; des fosses plâtrées mal conservées et enfin des fosses empierrées, contenant un mobilier courant, le plus souvent en bronze dont un scramasaxe. Trois quarts des sépultures auraient été "pillées" à une date ancienne.

En 1878, l'exploitation d'une carrière au lieu-dit "Les Grandes Denises" aurait détruit une grande partie de la nécropole, qui aurait pu contenir environ 1000 sépultures parmi lesquelles de nombreux sarcophages, en pierre ou en plâtre. Le propriétaire aurait vendu une partie du mobilier au MAN ; une autre partie aurait été envoyée au MAN en 1882. En 1930, cinq autres sarcophages sont découverts et conservés sur place.

Dans les années 1970, des fouilles de sauvetage menées par le GERAVO sur la butte de Montarène ont permis de dégager 36 sépultures : douze sarcophages en pierre, huit sarcophages en plâtre et seize fosses. La nécropole est densément occupée, les sépultures dégagées étant organisées en deux ou trois rangées, avec des regroupements de deux à cinq sépultures. Les recoupements sont rares et la présence de stèles témoigne de l'organisation de l'espace funéraire ainsi que de la visibilité des sépultures, notamment celles qui disposent de sarcophages. Pour ces derniers, on note des réutilisations. Les creusements apparaissent rectangulaires à trapézoïdaux en plan et sont orientés est-ouest à sud-ouest - nord-est.

La plus grande partie des sépultures aurait été pillée. La plupart d'entre elles contenaient des vestiges osseux plus ou moins bien conservés. Les individus inhumés apparaissent en décubitus, les bras le plus souvent le long du corps. Cependant, aucune étude anthropologique n'en a été faite.

Le mobilier acquis par le MAN est exceptionnel : un carchesium de forme très rare, une bague en or, une paire de fibules ansées, une paire de fibules zoomorphes, fils d'or, chaînettes, etc... Ce mobilier a été étudié par F. Vallet. Il provient de deux sarcophages trouvés côte à côte, correspondant d'après ce mobilier à une sépulture masculine et une sépulture féminine, d'origine aristocratique. Il a permis de dater l'occupation du site de la seconde moitié du VIe siècle. Le reste du mobilier exhumé est constitué de vases funéraires, certains bi-tronconiques, avec décors à molette, un exemplaire en verre. Le mobilier métallique est en bronze étamé, il se compose d'éléments vestimentaires et de parure (une quinzaine de boucles, quatre plaques-boucles dont une richement décorée, une fibule ansée, une agrafe, des épingles, une perle en verre) les pièces d'armement se réduisant à un scramasaxe et des coutelas ; un stylet à écrire et deux monnaies. Le mobilier de la fouille de 1970 a été conservé dans le musée archéologique communal.


Pontoise, École Saint-Martin - 1993

Le site doit son importance à sa situation géographique, au confluent de l'Oise et de la Viosne. Il constitue un des seuls points de franchissement de l'Oise et est traversé par la Chaussée Jules César, sur la route de Paris à Rouen. La première occupation du site se trouve sur le plateau Saint-Martin, connu dès le Bas Empire, se déplaçant au cours du haut Moyen Âge vers les hauteurs du mont Bélien. L'abbaye Notre-Dame de Lorette y abrite les reliques de Saint Mellon à partir du IXe siècle. Sur le plateau Saint-Martin, l'abbaye de Saint-Martin datée de la fin du XIe siècle a pour origine la donation de l'église Saint-Martin aux moines de Saint-Germain. Elle abrite aujourd'hui une école.

Les découvertes fortuites, dont certaines dans l'enceinte de l'École Saint-Martin y ont été nombreuses depuis la fin du XIXe siècle. Les fouilles de 1882 livrent des cercueils et des corps "d'époque monastique" et une céramique mérovingienne. Huit sarcophages de plâtre, auraient été découverts avant 1992.

En 1992-1993, une opération de sauvetage menée par le Service Archéologique Municipal, se déroule à l'intérieur de l'école. Treize sépultures sont exhumées à cette occasion. Elles correspondent à sept sépultures sans contenant apparent, trois sarcophages de pierre et trois de plâtre. Deux réductions et une vidange leur étaient associées.

Les sarcophages en calcaire sont de forme trapézoïdale, sans décor, un seul est monolithe. L'un d'eux conservait encore une partie de sa couverture faite de quatre petites dalles. Les sarcophages en plâtre étaient dépourvus de couvercle et ne présentaient aucun décor apparent. Aucune sépulture ne contenait de mobilier.

Un seul sarcophage contenait un squelette complet. Parmi les inhumations sans contenant apparent, mieux conservées, sans mobilier, se trouvait un adulte, avec une importante déformation crânienne. Seul ce crâne a fait l'objet d'une étude approfondie de la part du Musée de l'Homme et d'une exposition à la mairie de Pontoise.

Une datation des sépultures de la nécropole les situe du Ve au VIe siècle.


Presles, la Côte des Trépassés - début XXe siècle

La mention la plus ancienne de Presles remonte au partage des biens de l'abbaye de Saint-Denis entre la mense abbatiale et la mense conventuelle confirmé en 862. Le village s'est développé le long du ru du Roy, affluent de l'Oise et en bordure d'un axe routier Paris - Calais. La chaussée antique de Paris à Beauvais passait au dessus du village dans la forêt de Carnelle, où se trouverait un oppidum lié au contrôle de cette voie importante et de la vallée du ru du Roy, Presles étant situé aux confins des Parisii et des Bellovaques.

Lors de la construction de la route de Presles à Prérolles, à proximité du site de l'église, un coffre mégalithique néolithique et des sarcophages mérovingiens, en pierre et en plâtre, furent découverts. Ils contenaient du mobilier, assez abondant, qui fut dessiné et conservé chez le propriétaire du château de Bellevue. Des stèles décorées de croix pattées, croix de Malte et rosaces étaient utilisées en réemploi de couverture de sarcophages. On ne trouve aucune allusion à des vestiges osseux.


Roissy-en-France, la Pointe des Vieilles Vignes - 1999

Le site fouillé en 1998-1999 a mis en évidence un habitat et une nécropole : deux cabanes séparées par un fossé ont été datées de l'époque mérovingienne. Le niveau d'occupation a livré de la céramique à pâte fine et surface noire lissée (VIe-VIIe siècles). D'autres structures se rattachent aux XIe-XIIe siècles.

Soixante sépultures ont été répertoriées mais n'ont pas toutes été fouillées. Il s'agit d'inhumations, orientées est-ouest, dans des fosses sans contenant apparent. Au milieu de celles-ci se trouvaient un sarcophage (sans fond) et un panneau en plâtre. Une fosse avec des os déconnectés (NMI 13) qualifiée "d'ossuaire" n'a pas été datée. L'étude détaillée de M. Gaultier conclut qu'il ne s'agit pas d'un ossuaire mais plutôt d'un nettoyage partiel de la nécropole dans une zone assez dense et d'un enfouissement des os récupérés en périphérie du cimetière.


Les inhumations étaient dépourvues de mobilier.

L'étude anthropologique a permis d'identifier 74 individus, se décomposant en 51 adultes, 22 immatures et un indéterminé. On a pu décompter 14 hommes, 9 femmes et 22 immatures. La datation au 14c obtenue sur trois sépultures les date du VIIe siècle.


Roissy-en-France, Les Tournelles, rue Jean-Moulin - 1997

Les découvertes se situent à quelques centaines de mètres au nord du site de la Pointe des Vieilles Vignes, correspondant à une zone d'habitat et à une nécropole du haut Moyen Âge, dont les structures les plus anciennes ont pu être datées du VIIe siècle. Le site des Tournelles est en continuité avec le 15 rue Jean-Moulin fouillé la même année.

Sur les deux sites, les structures dégagées ont mis en évidence une occupation allant de l'époque carolingienne au Moyen Âge. Des structures d'habitat et d'activité agricole ont été fouillées et en leur sein, des structures funéraires dispersées.

Aux Tournelles, deux inhumations dispersées ont été fouillées, une est certainement datable du IXe siècle, l'autre du haut Moyen Âge indéterminé. Quelques éléments d'ossements humains résiduels laissent penser que d'autres inhumations de ce type ont existé sur le site.

Au 15 rue Jean-Moulin, une sépulture dispersée correspondant à celle d'un individu féminin âgé, a été datée de l'époque mérovingienne. On compte également au moins six inhumations dispersées datées des Xe-XIIIe siècles sans contenant apparent et probablement en linceul, qui pourraient correspondre à un regroupement familial. Enfin, ont été fouillés deux individus en silo datés de l'époque carolingienne.

Ce site a-t-il coexisté avec celui de la Pointe des Veilles Vignes ? Les découvertes du site des Tournelles et de la rue Jean-Moulin témoignent-elles de la coexistence de structures funéraires différentes ?


Sagy, découverte fortuite - 1970

Située de part et d'autre du vallon de l'Aubette, Sagy est connue depuis 1100 ; elle relevait du diocèse de Rouen. Son église dédiée à Saint Sulpice fut cédée en 1071 à l'abbaye bénédictine de Saint-Denis.

Une mention est très lacunaire nous apprend que "lors de la construction d'une maison, un sarcophage mérovingien a été découvert en 1970".


Saint-Brice-sous-Forêt, Église Saint-Brice - 1979

Saint-Brice est situé sur le coteau des buttes de Montmorency, très boisées, entre 65 et 160 m d'altitude. La création du village dès la fin du IVe siècle serait liée à la présence d'un oratoire au bord de la voie antique de Beauvais, chapelle consacrée à Saint-Brice, successeur de Saint-Martin à Tours. En 1899, la monographie locale évoquait un aqueduc romain. Deux voies antiques traversent son terroir : celle de Beauvais à Paris et la voierie des Rosiers.

Un diagnostic de 2003, sur huit hectares, à la chapelle Saint-Nicolas, devenue léproserie en 1237, met en évidence une occupation antique (ferme gallo-romaine avec enclos rectangulaire) habitée dès le Haut Empire.

Des vestiges funéraires ont été localisés en 1904, sous le choeur de l'église Saint-Brice, située le long de la voie antique de Paris à Beauvais, "on a retrouvé des vestiges fort anciens de deux cimetières superposés" ; en 1979, dans l'église à l'occasion de travaux entrepris par les Monuments Historiques, un sarcophage de plâtre aurait été exhumé ainsi que les fondations d'un bâtiment antérieur.


Saint-Brice-sous-Forêt, La Plaine au Moulin - 1976

Un second site funéraire a été identifié au lieu-dit "la Plaine du Moulin" en 1976, à proximité de vestiges d'habitat antique, avec un alignement de sarcophages de plâtre.

Seul le rapport anthropologique est conservé au SRA. Au XIXe siècle, un sarcophage de pierre de deux mètres de long y aurait été trouvé, un peu plus au sud.


Saint-Clair-sur-Epte, Église Saint-Clair - 2004

L'ancienneté de l'occupation de Saint-Clair-sur-Epte est liée à sa situation : lieu de franchissement de l'Epte, aux confins de l'Île-de-France et de la Normandie, traversée par la chaussée Jules César. L'église Saint-Clair se situe légèrement en surplomb du centre ville, place Rollon.

Des vestiges antiques et mérovingiens y sont mis en évidence dès le début du XIXe siècle et dans les années 1930, au nord et à l'est de la commune (lieux-dits "Le Breuil" et "Beaujardin") avec un hypocauste, un aqueduc, des fûts de colonne, de nombreux enduits peints et un mobilier abondant et varié conservé au MAN (Fonds Destouches).

Une "douzaine de sarcophages contenant des vases funéraires remplis de charbon" y auraient été découverts par le curé de Boury en 1836.

Dans les années 1950, sont découverts sur la place Rollon des sarcophages s'accompagnant d'un riche mobilier : une fibule aviforme en argent avec des filigranes d'or et des incrustations de verroterie rouge, bleue et verte (datée de la fin des VIe-VIIe siècle et déposée au MAN), deux vases lacrimaux, deux aiguilles en bronze et de nombreux vases.

En 1958-1959, une campagne de fouilles menée par P.-H. Mitard (GRSACCF) à l'intérieur de l'église Saint-Clair, au niveau du choeur met au jour six sarcophages mérovingiens en calcaire, de forme trapézoïdale, dont un avec couvercle et de nombreuses réductions ainsi que des sépultures en cercueil, postérieures. Les immatures y sont nombreux.

La fouille permet de dégager les murs d'un bâtiment antérieur à l'église du XIe siècle : de forme rectangulaire, recoupant des sarcophages et pouvant correspondre au prieuré donné aux bénédictins de Saint-Denis, selon une charte de 841. Recoupée par ces murs, une couche gallo-romaine très cendreuse, est interprétée comme une couche de dépotoir d'habitat, datée au plus tard du IIe siècle. Vingt-huit plaquettes d'os gravés y furent collectées, faisant partie, selon P.-H. Mitard, d'un reliquaire mérovingien (VIe-VIIe siècles).

Les fouilles des années 2000 complètent la connaissance des édifices cultuels successifs et permettent de mesurer l'étendue de la nécropole du haut Moyen Âge. En 2003, sont dégagées au niveau du prieuré, dans la zone sud de l'église, une abside et une construction souterraine (possible crypte ?). En 2004, une abside est encore identifiée dans la cour du prieuré adjacent, pouvant correspondre au plus ancien édifice cultuel, une chapelle issue de la récupération d'un bâtiment antique.

Onze inhumations sont également mises au jour, dont huit en sarcophages et trois sans contenant apparent, accompagnées de vases carénés ou peints (mérovingiens et carolingiens) et d'un scramasaxe.

Trois réductions sont associées à un groupe de quatre sarcophages. Un dénombrement des individus en position primaire et en réduction a été établi, soit onze individus.

Ces découvertes attestent que la zone cimetériale s'étend à la périphérie de l'église au sud, à l'ouest et au nord. La majeure partie de celle-ci est située sous la place Rollon et aurait été intégralement décaissée au XIXe siècle. L'importance de la nécropole est également attestée par une forte densité d'occupation, dont témoignent les réutilisations nombreuses et le resserrement des sépultures, sur une longue période de fonctionnement du Bas Empire au Moyen Âge.


Saint-Clair-sur-Epte, Ferme du Prieuré - 1933

Au dessus de la falaise dominant la ferme du Prieuré, une découverte fortuite a lieu en 1927 : deux sarcophages en calcaire renfermant des ossements humains en partie déplacés avec un vase en terre décoré aux pieds d'un des squelettes.

En 1928, une fouille exhume 31 sarcophages monolithes sans couvercles (1 m à 1,92 m de long), dont l'un présentait un orifice dans lequel un crâne avait été enchâssé. Le mobilier consiste en trois vases à pâte noire, trois à couverte blanche et une boucle de ceinture en fer. Selon J. Toutain, le même archéologue fouille, en 1933, 52 sarcophages de pierre avec vases, un scramasaxe et une boucle en fer décorée d'émaux.


Saint-Cyr-en-Arthies, Les Ravenelles - XIXe siècle

La commune est constituée de plusieurs hameaux, elle est traversée par le chemin de Mantes à Saint-Cyr dont la tradition veut qu'il soit l'ancienne voie romaine de Beauvais à Chartres. Le culte de Saint-Cyr, martyr oriental, s'est développé à l'époque carolingienne sous l'impulsion de Pépin le Bref.

LesRavenelles est un hameau au plus haut du village. En 1854, dans une carrière située le long du chemin de Saint-Cyr à Mantes, plusieurs sépultures creusées dans le roc naturel et recouvertes de dalles sont mises au jour. Elles contenaient des squelettes et des "vases".

Les os ont été réinhumés au cimetière moderne de Saint-Cyr. En 1866, six autres sépultures sont fouillées, renfermant des squelettes et une poignée d'épée.


Saint-Ouen-l'Âumone, Abbaye de Maubuisson - 1992

Une découverte fortuite lors de constructions dans l'ancien parc de l'abbaye de Maubuisson en 1927 et 1928 a mis au jour six sarcophages en plâtre contenant des ossements humains accompagnés de mobilier, dont des haches, une javeline et une bague en or. Ce mobilier n'a pas été conservé.

Datées au départ comme gallo-romaines, ces sépultures, orientées sud-est - nord-ouest, constituées de sarcophages fabriqués sur place, en plâtre et carreaux de plâtre, ont été attribuées depuis à la période mérovingienne.


Saint-Prix, Église Saint-Prix - XIXe siècle

Le premier village remonterait au Ve siècle, dénommé Tour, dépendant d'un vaste domaine centré sur Ermont. La première mention de Saint-Prix remonte au XIe siècle, quand les dîmes de l'église sont données à Saint-Martin de Pontoise. Le bâtiment date du XIe siècle, il est remanié à partir du XVIe siècle.

En 1873, au nord de l'église, des sarcophages de pierre et de plâtre sont trouvés par l'architecte chargé des travaux dans l'église, L. Magne. En 1887, A. Maignan fouille un sarcophage en plâtre moulé et deux sépultures sans contenant apparent, datés par des tessons de céramique de l'époque mérovingienne.

Cette nécropole aurait été détruite en 1085, lors de la création du Prieuré-noir.


Santeuil, Les Épagnes - 1988

La nécropole de Santeuil au lieu-dit "Les Épagnes" nommé aussi "La Croix des Goths" est un site très anciennement connu, qui a donné lieu à des fouilles dès la fin du XIXe siècle (1879 et 1900).

Deux opérations de sauvetage en 1973 et en 1987 à l'occasion de la construction d'un lotissement sur la commune, permettent la découverte de nombreuses sépultures (respectivement onze et dix-huit) et la surveillance du site jusqu'à la fouille de 1988. Le site se présente comme un éperon, délimité par la confluence de la Viosne et de la Couleuvre, au pied duquel a été reconnue une voie antique allant de Meulan à Beauvais (la chaussée Brunehaut) et un habitat, probable vicus routier.

La fouille de 1988 a permis de dégager 174 sépultures, qui ne constituent qu'une petite partie de la population de la nécropole, estimée à environ mille individus. Les modes d'inhumation sont variés : 122 sépultures sans contenant apparent, 22 sarcophages en pierre (calcaire à milioles dont huit monolithes), 11 sarcophages en plâtre et 19 coffrages de pierre. Les sépultures sont orientées nord-ouest - sud-est, selon une disposition en éventail qui correspond à la topographie du site. L'alignement des sépultures et les nombreux groupements, les réductions nombreuses et la présence d'un ossuaire témoignent d'une réelle gestion de l'espace funéraire.

Si un grand nombre de sépultures semblent avoir fait l'objet de violations, elles ont néanmoins livré un mobilier abondant et d'une très grande diversité, grâce auquel les différentes phases de développement de la nécropole ont pu être identifiées par une étude typochronologique menée par R. Legoux.

Les vestiges les plus anciens, recueillis dans la partie centrale de la zone fouillée, correspondent à des céramiques du Bas Empire et à des objets de parure de haute époque, significatifs de l'expansion des peuples germaniques orientaux. Certaines poteries à décor à la molette avec représentations anthropomorphes ou zoomorphes, illustrent selon R. Legoux, l'éclosion artistique autour de Paris au milieu du VIe siècle et l'essor des échanges commerciaux entre ces régions. Enfin, les stèles en remploi taillées dans un calcaire de grain plus fin que les sarcophages, découvertes en nombre sur le site, ont permis d'enrichir le corpus connu, par la qualité de leur décor sculpté de symboles chrétiens. L'occupation du site sera continue depuis la fin du Ve siècle jusqu'à la dernière phase mérovingienne (début VIIIe siècle). Des inhumations, dénuées de mobilier, témoignent que le site s'est perpétué au moins durant l'époque carolingienne.

Le mobilier évoque une population privilégiée, par la richesse des matériaux utilisés, l'origine de certains objets de parure, telle la fibule aviforme gépide ou la vaisselle, notamment les cornets apodes en verre.

Mais aucune étude anthropologique d'ensemble n'a été réalisée, du fait de la mauvaise conservation des squelettes et des violations nombreuses.

L'étude du site a été réalisée près de quinze années après la fin de la fouille, dans des circonstances particulièrement difficiles, du fait notamment du décès de J. Sirat qui avait entrepris de reprendre les données de la fouille et de coordonner les différentes études spécialisées prévues. La dispersion du matériel et des données entre le SDAVO et le MADVO, l'hétérogénéité des données de terrain (notamment le faible nombre de relevés) peuvent expliquer certaines zones d'ombre. Néanmoins, l'étude donne un inventaire des sépultures, une étude approfondie du mobilier funéraire et des monnaies, riches en photos, dessins et plans de répartition.


Santeuil, Église Saint-Pierre - Saint-Paul - 1982

Une opération de sauvetage a été menée par P. Soulier en 1982 à la suite de l'effondrement d'une partie du mur du cimetière attenant à l'église Saint-Pierre - Saint-Paul. Cette découverte se situe à distance de la nécropole mérovingienne anciennement connue et fouillée au lieu-dit "Les Épagnes", au sud-ouest de la commune.

En dépit de l'étroitesse de la fenêtre d'observation, douze sépultures ont été fouillées et une stratigraphie complexe a été mise en évidence : des sarcophages de pierre et de plâtre, des sépultures construites et des couches superposées de sépultures sans contenant apparent, reposant sur le calcaire lutétien.

Les neuf sarcophages sont bien conservés : cinq en plâtre moulé, deux avec couvercle dont un en bâtière et quatre sarcophages en pierre dont un avec couvercle.

Deux stèles en calcaire ont été mises en évidence dont l'une façonnée dans un couvercle en remploi. Une réduction se trouvait dans une sépulture d'enfant. Un ossuaire situé entre deux sépultures était constitué de fragments de plâtre, pierres et restes osseux. Ces éléments témoignent d'une réelle gestion de l'espace funéraire pour la période mérovingienne.

Une étude anthropologique a été menée sur sept individus : un immature, un homme, deux femmes et trois indéterminés adultes. Des pathologies ont été observées sur les vestiges osseux.

Aucun mobilier n'a été exhumé en dehors de quelques tessons résiduels.


Sarcelles, Église Saint-Pierre - Saint-Paul - 2013

Commune du Pays de France, située au nord de Paris et au sud de la butte d'Écouen, Sarcelles est traversée par le Petit Rosne, affluent du Croult. Une voie romaine la traverse menant de Paris à Luzarches.

La nécropole a été pour la première fois localisée au sud de l'église actuelle, édifiée au plus tôt au XIIe siècle. Elle se développe sur les flancs d'une colline, dominant le rû du Petit Rosne et culminant à 69m.NGF. Elle est anciennement connue par la découverte de nombreux sarcophages en plâtre en 1849, lors du creusement des fondations de l'ancienne mairie et à l'intérieur de l'église en 1877. De nombreux sarcophages de plâtre et les vestiges d'un édifice antérieur à l'église actuelle, lui-même bâti sur une construction plus ancienne, ont été alors découverts.

Une première fouille est menée par la JPGF en 1970, le long de la façade nord de l'église à la suite de la découverte d'un sarcophage de pierre en 1969. Onze sépultures sont exhumées mettant en évidence l'occupation de la nécropole du Ve siècle au XIIe siècles. Onze sarcophages de plâtre sont découverts à l'occasion de quatre sondages en 1973. En 1987, des fouilles à l'intérieur de l'église, confirment l'existence d'un état antérieur de l'édifice. Un important habitat villageois mérovingien est fouillé à proximité de la nécropole en 2007.

La nécropole se caractérise par plusieurs modes d'inhumation : des fosses sans contenant apparent (les plus anciennes), des sarcophages (majoritairement en plâtre mais certains en calcaire) et un coffrage de pierres.

Le sarcophage en calcaire découvert en 1969 a été documenté avec précision. De forme trapézoïdale, son couvercle, en trois parties jointives et profil à chanfrein, présente un décor en rouelle (15 cm) daté du VIIe siècle. Les sépultures étaient orientées est-ouest, certains sarcophages étant disposés en alignements parallèles et constituant des groupes. Les sarcophages en plâtre sont généralement trapézoïdaux, à l'exception d'une cuve rectangulaire et sont ornés pour certains de décors (rosaces en paroi de tête, décor anthropomorphe associé à deux rosaces).

Un diagnostic archéologique mené en 2013 a permis, outre la découverte de quatre nouvelles sépultures, de repousser les limites connues de la nécropole mérovingienne au-delà de la rue Pierre Brossolette et de mettre en oeuvre une nouvelle fouille, en cours en 2015.

Seules les découvertes de 2013 ont pu bénéficier d'une étude anthropologique : elle a porté sur cinq individus, dont deux dans une sépulture double. Ils se répartissent en quatre immatures et un adulte, de sexe indéterminé.

La présence de mobilier découvert in situ dans les sarcophages, permet de dater la nécropole du VIe siècle. Les fouilles anciennes ont collecté un mobilier important mais très disparate du point de vue chronologique (monnaies datées du milieu du IVe siècle, céramique flammulée ou vernissée, clous et épingles de linceul, moules à cloche du XVe siècle), attestant de la pérennité de la nécropole tout au long du Moyen Âge.

Les fouilles menées en 2015 ont mis au jour cinquante sépultures en sarcophages de plâtre datant de la période mérovingienne. Les études du mobilier ainsi que des données récoltées se poursuivent actuellement et permettront d'affiner la connaissance de ce site et de son occupation.


Seraincourt, La Grouette - 1952

Seraincourt se situe dans le Vexin français, au carrefour de nombreux chemins, dont la voie antique de Paris à Rouen prolongeant la chaussée Brunehaut. Des fouilles anciennes au début du XIXe siècle auraient mis au jour une nécropole antique, au lieu-dit "la Renardière", le long de la voie menant de

Seraincourt à Meulan, sur le versant d'un plateau, à 120 m de l'église actuelle. Elle aurait compté des centaines de sépultures sans contenant apparent, orientées est-ouest, contenant des dépôts de verre et de céramique.

À la fin du XIXe siècle, une seconde nécropole est mise au jour, au hameau de Rueil, au lieu-dit "La Grouette", avec 200 sarcophages en pierre, utilisés par la suite pour la construction du hameau.

En 1951-52, des fouilles menées par le GRSACCF permettent d'exhumer 29 sépultures, formant deux rangées de sarcophages, de fosses empierrées et de fosses sans contenant apparent. L'absence de recoupements et la faible profondeur d'enfouissement implique une visibilité des sépultures, confirmée par l'importance du pillage.

On compte treize sarcophages de pierre taillée, rectangulaires, monolithes et bipartites, à couvercle plat, un seul avec un couvercle en bâtière. Ils étaient dépourvus de décors. Les fosses étaient aménagées de parois empierrées et couvertes de dalles ou pierres plates. Entre les rangées de sarcophages, on note la présence de vidanges.

Le pillage a été important sur le site, plus particulièrement pour les sarcophages. Il concerne principalement les parties supérieures des squelettes, les membres inférieurs étant restés en place. Il se matérialise par des trous dans les couvercles des sarcophages au niveau de la tête et par le bouleversement des parois empierrées des fosses sans contenant apparent. Le mobilier retrouvé in situ comprend des céramiques, vases carénés à décors à la molette, souvent géométriques, déposés aux pieds de l'individu, des armes sur le bord latéral gauche. La documentation concernant les ossements est succincte et aucune étude anthropologique n'en a été faite.

Un diagnostic en 1997 sur le site de l'église Saint-Sulpice a dégagé des sépultures d'un cimetière médiéval, déplacé au XIXe siècle, qui se situait autour de l'église du XIe siècle. Ces sépultures sont datées du Moyen Âge classique.


Taverny, La Garenne - 1972

Taverny se situe sur le versant sud des Buttes de Montmorency et est traversée par la chaussée Jules César. Un important établissement gallo-romain y a été fouillé entre 1972 et 1977. Une découverte fortuite lors de labours a mis au jour une sépulture couverte de blocs de grès qui contenait des ossements humains ainsi qu'un "cylindre, deux clous, deux fragments d'une plaquette en fer, un tesson céramique et un grattoir en silex". La sépulture a été datée du IVe siècle.


Vétheuil, Église Notre-Dame - XXe siècle

Vétheuil se situe sur la rive droite de la Seine, sur un territoire dont les reliefs très escarpés ont été creusés par les rus qui affluent vers la Seine. L'église se situe sur un promontoire au nord du village.

Plusieurs découvertes fortuites depuis le XIXe siècle autour de l'église Notre-Dame et à l'intérieur ont permis de mettre en évidence une nécropole mérovingienne se perpétuant aux périodes médiévales.


Vétheuil, la Croix de l'Aumône - XIXe siècle

Au XIXe siècle, ont été découverts des "ossements et des sarcophages de pierre […] un peu partout autour du cimetière actuel" et au dessus du cimetière, des sarcophages accompagnés de leur couvercle.


Vienne-en-Arthies, La Pierre-Percée - 1997

En 1997, la sépulture d'un immature a été mise au jour. Cette sépulture mérovingienne "en caisson", violée anciennement, était orientée nord-sud comprenait aussi deux plaques de ceintures trapézoïdales en fer et décor en vannerie damasquinée au fil d'argent datées du VIIe siècle. Des fosses, non funéraires, proches étaient également datables des VIe-VIIe siècles.


Villiers-le-Sec, Place de la Ville - 1996

Villiers-le-Sec se situe au coeur de la plaine de France. Le nom apparaît au IXe siècle dans les sources écrites, dans un acte constitutif de la mense conventuelle du monastère de Saint-Denis par Hilduin en 832 et une donation du seigneur laïque Lantfred en 840. Le site archéologique de "la Place de la Ville" se situe au sud-ouest du village actuel, à proximité d'un carrefour de voies anciennes reliant Paris à Luzarches et s'étend sur une superficie d'une dizaine d'hectares.

Les premières découvertes archéologiques datent de 1975 lors de prospections pédestres de la JPGF. Des fouilles, en 1981 et 1982, mirent au jour une douzaine de sépultures et des structures agricoles s'échelonnant du Bas Empire au haut Moyen Âge. Une nouvelle campagne de fouille en 1983-1984 mit en évidence des vestiges d'occupation de la Tène moyenne et de la période gallo-romaine. Enfin, leprojet de Francilienne Nord donna lieu à une nouvelle opération, organisée en deux phases de 1994 à 1996, qui permit de fouiller de façon exhaustive la totalité du site, soit huit hectares.

Dans le domaine funéraire, l'originalité du site tient au fait que les sépultures découvertes se trouvaient pour moitié (soit une quarantaine) concentrées à l'intérieur d'une zone d'inhumations et pour une autre moitié, dispersées. Les éléments de datation indiquent que les sépultures s'inscrivent toutes entre la fin de l'époque mérovingienne et la fin de l'époque carolingienne.

La nécropole se divise en deux ensembles, de part et d'autre d'un carrefour antique (entre le chemin de Villaines et le chemin de Luzarches), constituée de fosses orientées est-ouest. Les recoupements sont rares, au nombre de trois. Deux modes d'inhumation prévalent, dans des coffrages de pierre et pour 11 % dans des fosses sans contenant apparent. La forte densité des sépultures, la durée d'occupation importante, l'existence d'une gestion de l'espace funéraire avec au moins une réduction plaident en faveur de l'existence d'un cimetière, dont une grande partie aurait été détruite et dont ne subsistent que les extrémités sud et nord-ouest.

Les sépultures les plus anciennes datent des VIIe-VIIIe siècles, l'espace cimetérial s'étendant peu à peu vers l'habitat, comme cela a été également observé à Serris et Poigny (77). Il est progressivement abandonné fin Xe-début XIe siècles, tandis que l'habitat se resserre autour de l'église pour former le village actuel.

Sur les 43 sépultures dispersées, on retrouve en proportions comparables des inhumations en coffrages et d'autres en fosses sans contenant apparent. Deux sépultures se trouvaient dans des structures domestiques. La coexistence de ces deux types de sépultures peut être interprétée comme le témoignage d'une période transitoire, durant laquelle les cultes païens restent encore largement mêlés au rite chrétien, le caractère sacré attaché au cimetière n'étant pas encore totalement ancré dans les mentalités.

L'étude anthropologique des vestiges osseux ne révèle aucun recrutement discriminant ni du point de vue de l'âge ni de celui du sexe. Aucune différence notoire n'est apparue entre la population inhumée dans le cimetière et celle des sépultures dispersées.


Villiers-le-Bel, Église Saint-Didier - 2010

La commune est située sur les pentes de la butte d'Écouen dans le Pays de France, entre deux itinéraires anciens, la voie de Saint-Denis et celui menant de Paris à Amiens. L'église Saint-Didier et ses abords ont fait l'objet de plusieurs interventions archéologiques entre les années 1970 et 2010.

À l'intérieur de l'église, les quatre sondages réalisés autour des piles du clocher en 2005 ont permis la fouille de 43 sépultures primaires individuelles, dont l'attribution chronologique est comprise entre le IXe et le XVIIe siècle.

Sur le site de l'école Saint-Didier (au sud de l'église), une fouille menée en 2009 a permis la découverte de 184 sépultures primaires individuelles. La nécropole est utilisée de la fin du VIIe au XVe siècle d'après les datations issues des analyses 14C, de la stratigraphie et de l'étude du mobilier céramique.

L'occupation funéraire mérovingienne est constituée de quatorze sarcophages de plâtre et d'un individu dont le mode d'inhumation n'a pas pu être identifié. Quelques sarcophages ont livré des fragments de décor de type rosace permettant d'attribuer ces cuves au VIIe siècle. Les recoupements stratigraphiques avec les sépultures postérieures sont très importants, les inhumations mérovingiennes sont donc très incomplètes. Elles n'ont livré aucun mobilier et les cuves sont quasi-systématiquement remployées aux époques ultérieures.


Wy-dit-Joli-Village, Les Boissières - 1980

La commune est localisée en rebord de plateau, au nord des buttes d'Arthies. Le site est anciennement connu par des vestiges gallo-romains très nombreux, notamment les thermes du IIe siècle découverts à 50 m de l'église et les voies antiques proches.

En 1980, au lieu-dit "Les Boissières" situé à l'est de la commune, des sépultures en sarcophages sont dégagées à quelques mètres d'une sépulture gallo-romaine contenant deux vases datés du IIe siècle.


Wy-dit-Joli-Village, Église Notre-Dame - 2005

Les principales découvertes funéraires se situent autour de l'église Notre-Dame. L'édifice actuel date du XIIe siècle mais selon la tradition, l'église aurait été créée au VIe siècle par Saint Romain, évêque de Rouen. En 1914, des sépultures auraient été découvertes à plusieurs reprises dans l'ancien cimetière désaffecté en 1893. L. Plancouard décrit un cimetière mérovingien de "forme trapézoïdale", délimité par « la sente à Manon », les chemins de la carrière et la Place de la Carrière. Une centaine de sépultures en pierre auraient été dégagées, mais leur localisation est imprécise.

Un diagnostic en 2005, à l'intérieur de l'église (au niveau du clocher et du transept sud), a mis en évidence plusieurs phases d'inhumation depuis le Bas Empire jusqu'à l'époque moderne, voire contemporaine. Les inhumations les plus anciennes datent du IIIe siècle et se prolongent tout au long de la période antique selon trois phases : les crémations (bol tripode daté du IIIe siècle), les inhumations sans contenant apparent puis les sarcophages. Le site d'inhumation antique se transforme en lieu du culte chrétien.

La période mérovingienne est caractérisée par les sarcophages et le remploi de contenants antiques. Cinq sarcophages sont trapézoïdaux, un est rectangulaire ; quatre sont monolithes, un bipartite et un formé de moellons. Les niveaux mérovingiens (six ou sept sarcophages) ont subi un arasement dû à la continuité de l'occupation. Aux périodes suivantes, correspondent les réutilisations de sarcophages après vidange (nombreux ossuaires au dessus des sarcophages) et la présence de cercueils.

Le mobilier consiste en quelques monnaies (datables du IIe et du IVe siècle) et une cinquantaine de tessons, trouvés dans les contextes contemporains ou antérieurs aux sarcophages (IIIe et IVe siècles) ; parmi eux, un tesson "black burnished ware" d'importation britannico-romaine, identifié également à Genainville (95).