Notices pour le département de Seine-Saint-Denis (93)

Sommaire


Aulnay-sous-Bois, rue Maximilien-Robespierre - 2009

Un diagnostic, réalisé aux abords de la ferme de Savigny et sa chapelle Notre-Dame de la Consolation attestées dès le XIIIe siècle, a mis au jour un ensemble funéraire de plus de trente sépultures dont six ont été fouillées.

Cinq sujets ont été inhumés dans un coffrage de bois et un sans contenant apparent, sans mobilier en dépôt. Trois ont fait l'objet d'analyses de 14c, donnant une fourchette de datation entre 775 et 1015 ap. J.-C.


Bondy, Centre-Ville - 2015

Le site est localisé au nord de l'église Saint-Pierre de Bondy, principalement au niveau des rues Jules- Guesde, Auguste-Pollissard et De-Lattre-de-Tassigny. De nombreuses campagnes de fouilles se sont déroulées dans le secteur depuis cinquante ans.

L'occupation humaine de ce site est attestée par le testament d'Ermenthrude qui mentionne un vicus, une église et une communauté de frères à Bondy. Ce texte est daté du VIIème siècle. Ce site de près de 2 ha livrant des vestiges funéraires et d'occupations domestiques et artisanales a bénéficié de fouilles ponctuelles entre 1963 et 1965, en 1981, en 2005-2006, en 2007, en 2011 et enfin en 2015.

L'époque gallo-romaine est représentée par une nécropole d'une vaste ampleur (près de 400 sépultures à inhumation). Les premières découvertes datent de 1963-1965 lors de la surveillance de travaux, complétées amplement par les fouilles de 1981, 2005-2006, 2007, 2011 et 2015. La quasi totalité des limites de la nécropole de cette période est connue. Seule la partie nord-ouest reste encore incertaine. Les défunts sont tous orientés est-ouest, la tête à l'ouest et reposent dans des coffrages ou des cercueils. Sept sarcophages en calcaire ont été fouillés lors des différentes campagnes. Alignés selon un axe nord-sud, ces cuves en pierre semblent marquer une limite de la nécropole. La répartition par sexe et par âge ne livre pas de différences notoires. La singularité de cet ensemble funéraire réside en l'absence totale de mobilier dans les sépultures. Ce ne sont pas les 5 cas de pillages observés qui peuvent justifier cette absence.

L'époque mérovingienne regroupe près de 250 sépultures à inhumation. A cette période, l'ensemble funéraire se déplace progressivement vers le sud-ouest. Un fossé délimitant le "nouveau cimetière" est alors creusé. Ce dernier a été suivi sur la partie nord-est de la nécropole. Le mobilier n'est pas très fréquent et se résume à quelques plaque-boucles, boucles et scramasaxes. Une plaque-boucle en os animal et alliage cuivreux a toutefois été découverte sur un sujet masculin inhumé dans un sarcophage. Les défunts sont inhumés dans des sarcophages de plâtre, parfois décorés et les réductions de corps sont nombreuses. Tout comme à l'époque précédente, la répartition par sexe et par âge semble être classique.

A l'époque carolingienne, le cimetière se déplace progressivement vers le sud-ouest. Les fouilles de ces cinquante dernières années ont permis la découverte de près de 100 sépultures de cette période. Les fosses sont minimalistes et quelques fosses à banquettes sont présentes. Le mobilier est absent des sépultures. La population de cette période présente davantage de troubles biologiques qu'aux périodes précédentes.


Drancy, Bois Mazurier - 1955

La commune se situe dans le pays de France, à l'est de Paris. Son territoire, de faible altitude, est traversé par la Molette. Le lieu-dit "le Bois Mazurier" est bordé par la voie antique menant de Paris à Senlis.

En 1955, avenue Paul-Vaillant-Couturier, est mis au jour de façon fortuite, un sarcophage en pierre dont la cuve (0,50 m de hauteur) est composée de deux morceaux joints l'un à l'autre. Dans le sarcophage, du mobilier a été collecté : un gobelet à pâte noire, à col élevé tronconique, reposant sur un pied très petit et évasé attribuable au IVe siècle, une coupe et une écuelle décorée à la molette issues des productions d'Argonne datées du IVe siècle, un pied de verre et des tessons d'un verre plus mince, de teinte bleutée.

En 1986-1987, une petite fouille de sauvetage met en évidence la nécropole. Six sépultures (cinq en cercueil cloué et une sans contenant apparent) ont ainsi été fouillées juste au nord du sarcophage. La nécropole observée dans sa partie extrême nord, se développe selon deux rangées de sépultures, orientées est-ouest. Elles sont occupées par des adultes reposant en décubitus dorsal ; deux sépultures d'enfants viennent perturber cet alignement.

La zone funéraire ainsi reconnue s'étend sur environ 30 m². La nécropole est bordée à l'ouest par la chaussée antique (largeur : 7,40 m ; épaisseur : 0,40 m en moyenne) constituée de sables, cailloux et fragments de fer. Vers l'est, la nécropole est bordée d'un fossé aboutissant, au nord, dans une mare.

Trois sépultures contenaient des dépôts céramiques (sigillée d'Argonne) placés de manière préférentielle à l'extérieur du cercueil. Le comblement du fossé livre de la céramique (sigillée d'Argonne, granuleuse), un gobelet en verre, des restes animaux ainsi qu'un nummus de Constant frappé entre 341 et 348 (imitation de l'atelier de Lyon).

Les sépultures sont attribuables au IVe siècle et le comblement du fossé est postérieur au milieu du IVe siècle.


Dugny, Avenue du Maréchal Leclerc de Hautecloque - 1998

Dugny se situe dans le pays de France. Son territoire, de faible altitude, est traversé par le Croult et la Morée et des ruisseaux tels que la Molette. Le site est constitué par des enclos circulaires protohistoriques, réutilisés à l'époque mérovingienne pour inhumer un groupe de cinq individus, dont deux dans la même fosse. Le mobilier de parure en argent déposé dans ces sépultures témoigne du statut social privilégié des individus inhumés. Il est daté de la deuxième moitié du VIIe siècle.

À proximité, au lieu-dit "La Butte", près du ruisseau de la Molette, une fouille de sauvetage menée en 1986-1987 avait permis de mettre en évidence un site d'habitat rural gallo-romain, occupé sur une longue période et daté du Ier au IVe siècle (d'après tuiles, tubulures, céramique, sigillée et fragment de colonne).


Épinay-sur-Seine, Fief du Mont - 1859

Des découvertes anciennes relatées par L. Fallue en 1857 signalent deux sites funéraires distincts, tous les deux situés le long de la voie antique de Saint-Denis à Argenteuil (actuelle N14) et sur la rive droite de la Seine.

L'occupation gallo-romaine "Spinogelum" se situe au sud-est de la commune, à quelques centaines de mètres à l'ouest du château de la Briche, dans un territoire compris entre la Seine et l'étang Coquenard (quartier actuel des Béatus et des Mobiles). Des urnes cinéraires auraient été découvertes sur les pentes du coteau dominant la Seine.

À la période mérovingienne, Dagobert y possède une villa et les possessions de l'abbaye de Saint-Denis y sont nombreuses. L'habitat s'y serait développé du fait de sa position entre Saint-Denis et Argenteuil, où se trouvait l'abbaye créée à l'initiative de Bathilde, mère de Clotaire III. La première église dédiée à Saint-Médard et Saint-Gildas daterait du VIIe siècle et se trouverait près de la voie antique, à un petit carrefour de routes. C'est à proximité que furent découverts des urnes avec crémation, des sépultures sans contenant apparent et des sarcophages de plâtre, dont certains avec couvercles, décorés de croix. Elle fut totalement détruite et il ne reste à son emplacement qu'une croix (actuel monument aux morts et rue de Saint-Marc).

L'habitat se déplace vers l'ouest, en bord de Seine, où existe un pont assurant les échanges de Gennevilliers à Montmorency et traversant l'Île-Saint-Denis (village d'Épinay et centre ville actuel). Une chapelle y aurait été édifiée, annexe de l'église primitive, remplacée par un nouvel édifice (emplacement actuel de l'église Saint-Médard, reconstruite en 1786) reprenant la titulature de Saint-Médard (à une date où l'église primitive a disparu). L. Fallue décrit la découverte de part et d'autre de la voie antique et en bord de Seine (depuis l'actuelle rue du Mont, au tracé circulaire très caractéristique, à l'ouest et au sud de l'église actuelle et jusqu'aux Béatus), de seize constructions souterraines voûtées qu'il interprète comme "des cryptes", avec à l'intérieur des sépultures, certaines sans contenant apparent et d'autres en sarcophages non décorés et sans couvercles. C'est une seconde nécropole qu'il attribue, de façon confuse, à l'aristocratie franque.

Les deux nécropoles auraient fonctionné depuis le Bas Empire jusqu'au Moyen Âge, avec dans les deux des sarcophages de plâtre. Ont-elles coexisté pendant un temps ? Les sarcophages ont-ils été réutilisés ultérieurement, pendant la période carolingienne ?


Gagny, Îlot de l'Église Saint-Germain - 2010

Le site se trouve en contre-bas du coteau, dans un vallon anciennement arrosé par un ru disparu à la fin de l'époque médiévale. En 2009, une fouille de 630 m² a eu lieu préalablement au percement de la rue Chaban-Delmas reliant la rue Laugiers-Villars et la rue du Général-Leclerc dans le centre-ville de Gagny. Les vestiges mis au jour s'étendent du Bas Empire à l'époque Moderne.

Quelques structures (four domestique, fosses, foyer) témoignent d'une occupation ténue au premier Moyen Âge. La continuité de l'occupation a été reconnue vers le nord-est sous l'Hôtel de Ville avec davantage de vestiges mérovingiens et sous la place Foch avec des structures carolingiennes.

À l'époque carolingienne, le site est occupé par un cimetière dont 59 sépultures ont été mises au jour ; il marque le début de la cristallisation du village. L'espace étudié ne correspond qu'à une partie du cimetière, qui s'étend vers le nord et l'ouest. Au nord-est, les inhumations sont moins denses. La dynamique érosive du terrain a pu restreindre la découverte de sépultures d'immatures, généralement moins profondément enterrées que celles des adultes et dont les os sont fragiles. Malgré les perturbations du cimetière dont une partie conséquente est détruite par les caves modernes, la densité la plus importante est observée au nord-ouest avec 23 individus sur 30 m².

Trois phases d'ensevelissement se distinguent avec des alignements de sépultures distincts. Aucune clôture, ni espace de cheminement n'ont été mis en évidence.

L'orientation est-ouest, tête à l'ouest est la règle. Quarante-deux fosses d'inhumation ne présentent aucun aménagement, deux fosses sont maçonnées, six à neuf fosses sont dotées de banquettes avec une logette céphalique, pourvues d'un coussin céphalique en pierre ou plâtre dans six cas, des coussins en matériau périssable peuvent aussi avoir existé. Les défunts reposent généralement en décubitus, les avant-bras repliés sur l'abdomen ou le pubis et les membres inférieurs alignés. Ils ont été inhumés en linceul et l'absence de mobilier associé au dépôt est caractéristique des pratiques carolingiennes. Le type de colmatage, appréhendé par l'étude taphonomique, est rapide et implique un dépôt sans contenant. La plupart des sujets immatures, essentiellement de moins de 5 ans, présentent un colmatage plutôt progressif ou différé, suggérant leur dépôt dans un contenant en matériau périssable de type cercueil ou coffrage.

L'étude archéo-anthropologique a permis de déterminer neuf hommes, dix-sept femmes et dix-huit immatures, quinze individus restent indéterminés. Elle révèle une population villageoise "naturelle" assez homogène, sans anomalie, vivant d'activités agricoles et dont les individus paraissent plutôt apparentés. Sur le plan sanitaire, la population s'avère assez carencée (indicateurs de stress, état bucco-dentaire) et éprouvée (marqueurs d'activités, atteintes dégénératives), ce qui suggère une alimentation peu équilibrée à fort pouvoir cariogène et abrasif (céréales, bouillies…) et une activité physique importante.

L'analyse de trois échantillons au 14c permet de situer la partie la plus dense du cimetière entre le dernier quart du Xe siècle et le premier quart du XIe siècle. Ce cimetière rappelle pour la même période chronologique les cas de Villiers-le-Bel (95), Villiers-le-Sec (95), Montfermeil (93) ou Chelles (77).


Gournay-sur-Marne, avenue Roger-Ballu - 1999

Gournay-sur-Marne, dans une boucle de la Marne, a bénéficié d'une situation privilégiée du fait de l'existence d'un gué naturel sur la rivière. Son territoire s'étend sur la rive gauche où une fouille a mis au jour une sépulture dispersée datant du IXe siècle. Elle contient les restes d'un individu, reposant en décubitus sur le fond d'une fosse oblongue et d'une orientation nord-est - sud-est, tête au nord-est. Il s'agit d'un adulte de sexe féminin. Des éléments de ferrure, ayant appartenu à un coffre, ont été extraits d'une petite fosse en relation avec la sépulture. Ce dépôt, la présence d'une céramique accompagnant la sépulture et le coffrage de pierres l'entourant, témoignent d'un rituel plutôt soigné.


Gournay-sur-Marne, avenue Paul-Doumer - 1994

Plusieurs observations ont eu lieu depuis cinquante ans, témoignant d'un cimetière, vraisemblablement d'époque carolingienne. Celui-ci se situe au nord de la commune, à 200 m au sud de la Marne.Entre 1970 et 1994, de nombreuses sépultures ont été observées avant leur destruction.

Lors d'une fouille en 1994, 47 sépultures sans contenant apparent et en "coffre" sont mises en évidence, 31 sont fouillées. Ces découvertes révèlent l'existence d'un cimetière sur un rayon d'une soixantaine de mètres, situé de part et d'autre d'un axe de circulation orienté nord-sud (l'actuelle rue Émile-Boisseau). Leur datation demeure imprécise mais est comprise entre le VIIIe et le XIIe siècles. Leur association à l'église Notre-Dame est plausible.

La quantité d'ossements humains trouvés permet d'estimer le nombre de sépultures à plusieurs centaines. Les squelettes trouvés sont ceux d'adultes et d'immatures, les corps sont orientés tête à l'ouest, en décubitus, les mains sur l'abdomen ou le long du corps. Elles sont dépourvues de mobilier.

Cette nécropole est de toute évidence en liaison avec le prieuré. Le cartulaire de Gournay fait référence au cimetière dépendant du monastère, dans lequel sont enterrés notamment les moines.


La Courneuve, Église Saint-Lucien - 1981

La Courneuve se situe dans le pays de France, son territoire est traversé par le Croult. La paroisse Saint-Lucien est mentionnée dès 1015 à propos d'un oratoire construit par Robert le Pieux. L'église est mise à sac pendant la Guerre de Cent Ans et reconstruite en 1580.

De 1973 à 1981, trois opérations ont permis de repérer la nécropole mérovingienne ainsi que les divers états de l'église, à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice actuel. En 1973, quatre sondages dans l'église mettent au jour onze sarcophages de plâtre, dont cinq avec des décors essentiellement sur les panneaux de tête : décors anthropomorphes, décors géométriques et rosaces double ou simple. Neuf sont fouillés, dont un rectangulaire, la plupart sans couvercle et sans mobilier. On dénombre également trois réductions et une superposition.

En 1978-1979, dans la nef et devant le choeur, sont fouillés cinq sarcophages de plâtre, violés, avec réemploi contemporain, dont un avec décor de croix latine sur le panneau de pied et un contenant une réduction. Ils étaient recoupés par six sépultures datées du XVIIe siècle. Enfin, un grand nombre de sépultures sans mobilier sont recoupées par les fondations du bâtiment de 1580. Elles contenaient à 90 % des immatures en bas âge (1 an à 4-7ans) en linceul et avec pour certaines un plancher et couvercle en bois, pour d'autres des coffrages ou des fosses à banquettes.

À l'extérieur du bâtiment actuel, la nécropole se poursuit avec des sépultures du Bas Moyen Âge sans mobilier, ainsi que huit sarcophages (en plâtre avec panneaux coffrés, dont un avec couvercle et décor de tête, réoccupé à l'époque moderne). Ont été trouvées également une sépulture maçonnée plus tardive, composée de moellons de gypse et dont l'intérieur est en plâtre lissé et une sépulture sans contenant apparent sous un sarcophage de plâtre.

En 1981, deux fosses sans contenant apparent et quatorze sarcophages de plâtre trapézoïdaux sont mis au jour dans et autour de l'église, vides, réutilisés et sans couvercles, fabriqués à l'aide d'un double coffrage. Les décors sont chrétiens et / ou géométriques, peu soignés, plutôt en tête et à l'extérieur (un cas de décor intérieur). Ils sont quasiment vides de mobilier. Au total, pour la période mérovingienne, 40 sarcophages ont été dénombrés.


Montfermeil, Église Saint-Pierre - Saint-Paul - 2007

Montfermeil se situe sur le plateau de l'Aulnoye, limitée au sud et à l'ouest par la vallée de la Marne. Une première fouille a lieu en 1974 au nord de l'église Saint-Pierre sur une surface de 50 m², où sont découvertes plusieurs sépultures dont une en sarcophage de plâtre trapézoïdal et une autre en coffrage.

Un diagnostic réalisé en 2007 à l'ouest de l'église a révélé la présence de sépultures en banquette et sans mobilier, vraisemblablement datables entre le IXe et le XIIe siècle.


Neuilly-sur-Marne, Église Saint-Baudile - 2006

Le territoire communal se situe sur la rive droite de la Marne, limité au nord-ouest par la base du coteau du plateau d'Avron et au nord-est par le vallon du ruisseau de Saint-Baudille. Il est bordé par la voie antique menant de Saint-Denis à Chelles.

Le village est attesté en 998, par une donation royale à l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés, confirméepar une bulle d'Innocent II en 1136 et par des lettres de Maurice de Sully, évêque de Paris en 1195. Selon l'Abbé Lebeuf : "L'église de ce lieu mérite quelque attention. Elle étoit sous le titre de Saint-Baudele, martyr de Nîmes, même avant qu'elle fut donnée aux religieux de Saint-Maur il y a près de huit cens ans.". Le culte de ce martyr du IIIe siècle pourrait s'être répandu dans la civitas des Parisis dès le Ve siècle.

En 2005-2006, des travaux de restauration partielle de l'église Saint-Baudile à Neuilly-sur-Marne ont entraîné la découverte lors d'une surveillance archéologique de sarcophages en plâtre moulé mérovingiens et de sépultures médiévales associés à l'église. Cette découverte a conduit à la réalisation de deux sondages, au nord et au sud de l'abside construite au XIXe siècle. Au total, six sarcophages ont ainsi été documentés (cinq ont été prélevés). Une tranchée d'adduction creusée au nord de l'église a permis d'observer sept autres sarcophages.

Les cuves ont été coulées en fosse, sept sur les treize mises au jour comportent des décors simples qui relèvent du groupe est-parisien. Aucune de ces cuves ne contenait d'inhumation initiale, ni de mobilier ; en revanche, l'une d'elle reposait sur un remblai qui a livré une plaque-boucle en fer datable des périodes MA3-MR2, soit 560-670 ap. J.-C. selon la typochronologie de Legoux, Périn et Vallet.

Cet ensemble peut être attribué à la seconde moitié du VIe-VIIe siècles. Aucune vestige correspondant à l'église antérieure à celle de 1198 n'a été observé.

Ces découvertes font écho à des observations ponctuelles réalisées en 1976 par J. Ajot lors de la construction d'un bâtiment sur cave au sud de l'église. Il y avait alors constaté la présence de "deux sarcophages en plâtre dont l'un était orné à la tête d'une rosace à six branches placée dans un cercle […] de nombreuses sépultures [...] une fosse semblant correspondre à un habitat du haut Moyen Âge".


Noisy-le-Sec, Les Petits Noyers - 1947

La commune se situe au pied du plateau de Belleville-Montreuil. D'après le testament d'Ermentrude, elle est traversée par le "chemin d'Enfer et chemin des Murets" (actuellement rue Denfert-Rochereau) menant au hameau du Merlan qui pourrait correspondre au Monte Maurilioni.

Ce site est connu grâce à de nombreuses découvertes fortuites au XIXe siècle et par les fouilles menées au XXe siècle par l'architecte et historien de Noisy-le-Sec, H. Espaullard : au moins trois sarcophages en plâtre, dix-sept sépultures sans contenant apparent et un amas d'ossements d'au moins quinze individus, dont les datations ne sont pas avérées.


Noisy-le-Grand, Les Mastraits - 2009

Noisy-le-Grand se développe sur la rive gauche de la Marne, son territoire se répartissant sur le plateau et sur le versant de la vallée.

Le site des Mastraits est connu depuis le XVIIIe siècle comme une nécropole ancienne et a fait l'objet de nombreuses découvertes lors de travaux ponctuels de particuliers. Une fouille a eu lieu en 2008-2009, mettant en évidence l'importance de cette nécropole. En outre elle a permis de déceler une limite fossoyée de la nécropole mérovingienne (à l'ouest) abandonnée à l'époque carolingienne.

Ont été fouillées 660 sépultures à inhumation : 219 d'époque mérovingienne, 409 d'époque carolingienne et 32 inhumations qui n'ont pu être attribuées chronologiquement.Pour l'époque mérovingienne, plusieurs modes d'inhumation ont été identifiés : une majorité de sarcophages de plâtre (dont quelques uns décorés), des fosses maçonnées, des coffrages de pierre et un petit nombre de fosses sans contenant apparent. Pour la période carolingienne, ce sont principalement les fosses sans contenant apparent et les coffrages de pierre qui sont privilégiés.

Aucune discrimination spatiale n'est apparue dans la répartition de la population inhumée, tant du point de vue du sexe que de l'âge. Néanmoins, les réductions de corps et les vidanges présentent un nombre plus important de sujets féminins. La population carolingienne présente un état sanitaire moins satisfaisant que la population mérovingienne.

La nécropole a livré 418 éléments de mobilier, dans près de 200 unités stratigraphiques. Cela concerne

des objets en alliage cuivreux, en fer, en verre et en os. Ils correspondent principalement à des éléments de parure (colliers de perles, fibules, bagues, châtelaines...) et des éléments vestimentaires (plaque-boucles, boucles de ceinture, jarretière...). Le site s'est avéré pauvre en armement (deux scramasaxes) et six couteaux et on peut noter la présence d'une aumonière et d'une pyxide.

Un diagnostic en 2015 a permis d'identifier la continuité de la nécropole à l'est sur une quarantaine de mètres jusqu'à la rue du Docteur Sureau. En 2017, la seconde fouille préventive a permis la mise au jour de 97 sépultures. En 2018, Lors de la réalisation de tranchées perpendiculaires à l'axe de la route pour l'installation d'un nouveau réseau de télécommunication et d'électricité, six nouvelles sépultures ont été fouillées dont une sépulture mérovingienne dont le défunt, inhumé dans un sarcophage de plâtre, était accompagné d'une truelle en fer a été découverte. Cette nouvelle inhumation permet de repousser de quelques mètres la limite sud de la nécropole. Enfin, une fouille programmée a débuté en juin 2019, au cours de laquelle 41 sépultures ont été exhumées au sud-est de la nécropole.

Au total, ce sont 794sépultures qui ont été fouillées sur une surface de 1084 m².


Noisy-le-Grand, Église Notre-Dame et Saint-Sulpice - 2013

L'église Notre-Dame et Saint-Sulpice de Noisy-le-Grand, se trouve en rive gauche de la Marne, immédiatement en aval de Chelles et Gournay-sur-Marne, en bordure du plateau de Brie. L'Histoire des Francs de Grégoire de Tours mentionne Nocetum comme une villa regia relevant du domaine de Chilpéric, mais peu d'informations archéologiques documentent ce domaine. La nécropole des Mastraits se situe à un kilomètre au sud-est, plus haut sur le coteau.

En 1060, le roi Henri Ier donne entre autres, le domaine de Noisy-le-Grand à l'abbaye Saint-Martin-des-Champs, pour le financement de la reconstruction de son église et en 1089 Geoffroy, évêque de Paris donne aux moines de l'abbaye l'autel de Noisy et la terre qui lui est associée : c'est à partir de ce moment-là que l'église acquiert le statut paroissial et que se développe le cimetière autour du sanctuaire, on note que la titulature à Saint-Sulpice relève de la tradition carolingienne.

À l'occasion de l'agrandissement du cimetière ancien et de la restauration de l'église, des sondages ont été menés entre 2002 et 2012 qui ont permis de mieux connaître le contexte topographique dans lequel s'insère l'église. La sépulture la plus ancienne de l'édifice consiste en un sarcophage de plâtre sans décor attribué à la seconde moitié du VIIe siècle par comparaison typo-chronologique du mode de mise en oeuvre avec les découvertes faites à Saint-Denis. Ce sarcophage, remployé comme ossuaire lors de la construction des fondations médiévales, contenait les restes de sept individus.

Au total, ces sondages ont mis au jour vingt-cinq sépultures : une dizaine sont à dater entre l'époque carolingienne et le XIIe siècle (sans contenant apparent, avec colmatage rapide), les autres sont postérieures au milieu du XIIe siècle, date de la reconstruction du système de fondation de l'édifice. Aucun dépôt de mobilier associé aux individus n'a été observé.

Neuf sépultures mises au jour en 2013 au sud de l'église, s'apparentent à ces sépultures altomédiévales, par leur mode d'inhumation : position des pieds, joints et en hyper-extension, position des bras, absence de mobilier. Le cimetière médiéval,peut-être à partir de l'époque carolingienne, semble s'étendre vers le sud en remontant le coteau dans un rayon d'un quarantaine de mètres. Vers le nord, en redescendant le coteau, les données archéologique restent insuffisantes.

Le développement du cimetière associé à l'église à la fin du haut Moyen Âge est contemporain des dernières phases de la nécropole des Mastraits. Mais constitue-t-il une implantation funéraire, vouée à remplacer cette nécropole dès cette époque ? Une autre hypothèse peut être avancée : le site de l'église Notre-Dame et Saint-Sulpice, occupé dès le haut Moyen Âge correspondrait dès l'origine à un sanctuaire, probablement une chapelle funéraire privée, sans pour autant qu'il y ait de lien formel certain entre ce sanctuaire et la villa regia de Chilpéric.


Saint-Denis, École Émile Connoy

Partie carolingienne du cimetière du Bourg Saint-Marcel situé "extra monasterium", associée à une église dédiée à Saint-Marcel, mentionnée à partir du début du IXe siècle dans les "Miracula sancti Dionysii". Au total, ce sont 40 sépultures (VIIIe-Xe s.) qui ont été fouillées.


Saint-Denis, rue des Ursulines

Partie carolingienne du cimetière du Bourg Saint-Marcel situé "extra monasterium", associée à une église dédiée à Saint-Marcel, mentionnée à partir du début du IXe siècle dans les "Miracula sancti Dionysii".

Au total, ce sont 53 sépultures (VIe-VIIIe s.) qui ont été fouillées.


Saint-Ouen, ZAC des Docks - 2010

Le site se trouve en fond de vallée de la Seine, légèrement en retrait par rapport à la première terrasse, ce qui a favorisé des extractions de sable de la protohistoire à l'époque moderne. Le diagnostic en 2010 des terrains de l'ancien parc de château de Saint-Ouen, devenu une friche industrielle, a mis au jour une sépulture dispersée au sein d'une fosse d'extraction d'une sablière.

L'inhumation est un dépôt primaire. Le sujet est orienté nord-sud, tête au nord et repose en décubitus, les avant-bras à 15° repliés sur la ceinture scapulo-humérale et les membres inférieurs légèrement fléchis. Le sujet est un individu adulte de sexe féminin dont l'âge est compris entre 20 et 30 ans, dont le tibia gauche présente une facette d'accroupissement au niveau du bord antéro-inférieur de l'extrémité distale (droit non observable).

Si la sépulture installée dans une fosse d'extraction de sable est isolée, en dehors d'un espace funéraire communautaire ou consacré (le cimetière le plus proche autour de l'église est situé à quelques centaines de mètres), des gestes funéraires sont observables, qui n'évoquent pas le rejet.

Le seul élément de mobilier datant de cette inhumation est la plaque-boucle qui l'accompagne. En l'absence de radio et de restauration, cet objet semble se rattacher au type 187 établi par R. Legoux, P. Périn et F. Vallet, correspondant chronologiquement aux alentours du milieu du VIIe siècle (MR1- MR2 - 630-670 ap. J.-C.). Une datation radiocarbone a été réalisée sur une côte de l'individu inhumé, le résultat calibré à 2 Sigma (95% probabilité) est : 1345 à 1285 BP, soit 605 à 665 ap. J.-C.


Sevran, Église Saint-Martin - 1984

La commune se situe sur le revers méridional de la Plaine de France. Le testament d'Ermenthrude rédigé aux alentours de l'An 700, mentionne le legs d'un de ses biens à l'église Saint-Martin de Sevran, attestant la présence d'un lieu de culte dès l'époque mérovingienne.

Deux interventions ont eu lieu au niveau de l'église Saint-Martin. La première, en 1980-1981, a révélé l'existence de quatre sépultures sans contenant apparent, vraisemblablement postérieures à l'époque carolingienne. Mettant à profit la remise en état de ce bâtiment dont l'intérieur avait été endommagé par un incendie en septembre 1980, un sondage archéologique a été réalisé dans la première travée de la nef. Quatre sépultures sans contenant apparent dont la datation semble être médiévale, ont été mises au jour, ainsi que des fragments de parois de sarcophage de plâtre prouvant une occupation mérovingienne.

En septembre 1984, devant l'église, des travaux d'assainissement mettent au jour plusieurs ossements et cinq sarcophages en plâtre.


Tremblay-en-France

La commune de Tremblay-en-France est située à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Paris, dans la Plaine de France au niveau du plateau du Parisis (du massif montmorencien à la vallée de la Marne). Ce plateau est incliné vers le sud-ouest et superficiellement entaillé par des petits rus qui convergent vers la Seine à Saint-Denis. Le Vieux Pays de Tremblay a fait l'objet de nombreuses observations archéologiques, par le biais de prospections, d'opérations de diagnostic et de fouille (plus d'une vingtaine). En vingt ans, 61 hectares ont ainsi été diagnostiqués dont huit ont été fouillés. Le village est donc bien documenté par un abondant dossier archéologique. .


Tremblay-en-France, 5 place de l'église - 2009

Lors d'une surveillance de pose de réseaux, en 2007 et 2009, il a été identifié trois sarcophages en plâtre ; un seul présentait les restes d'un individu en position primaire, avec une boucle en alliage cuivreux retrouvée au niveau de la ceinture pelvienne. À noter également le ramassage de nombreux ossements humains et fragments de sarcophages en plâtre. Cette intervention a été complétée par un diagnostic ; celui-ci a livré une sépulture et deux sarcophages supplémentaires (un sans individu et l'autre avec un individu et une réduction). Aucune étude anthropologique n'a été réalisée. Cet ensemble de sépultures est en lien avec le cimetière de l'église Saint-Médard.


Tremblay-en-France, Église Saint-Médard - 2006

L'église Saint-Médard est attestée en 1531 mais le vocable suggère une origine plus ancienne. Dans le cadre du suivi des travaux de restauration et de surveillance de terrassement, des sépultures ont été mises au jour, dont cinq sarcophages. Ils sont tous orientés est-ouest, tête à l'ouest. La présence de sépultures mérovingiennes confirme l'ancienneté de l'église Saint-Médard.


Tremblay-en-France, 70 ter route de Roissy - 1998

Préalablement à la construction d'un pavillon sur un terrain attenant à l'ancienne église Saint-Pierre-Saint-Paul et dans l'emprise du cimetière associé, deux sondages manuels au nord de l'église ont été réalisés. Ils ont permis d'identifier des sépultures allant de la période carolingienne au XVe siècle.

Quarante sépultures ont été fouillées, totalement ou partiellement. Elles se répartissent en deux phases d'inhumation. Les sépultures de la phase I correspondent à des inhumations en coffrages ou en fosses anthropomorphes. Elles sont recouvertes par un important remblai portant des traces de reprise de la végétation (phase II), ce qui semble traduire un arrêt de l'inhumation dans cette partie-ci du cimetière.

L'attribution des sépultures de la phase I à l'époque carolingienne se fonde sur la typologie des sépultures et sur la découverte, dans les remblais d'inhumations, de quelques bords de forme fermée à pâte granuleuse. L'état de conservation du sous-sol est excellent et la stratification clairement lisible ce qui a permis d'estimer le nombre de sépultures à 700-800 dans l'emprise du terrain.


Tremblay-en-France, Ferme Cuypers - 1992

Une sépulture dispersée a été découverte dans un silo carolingien. Le corps a été déposé dans un amoncellement de torchis, de cendre et de grosses pierres.


Tremblay-en-France, Les Tilleuls - 2007

Il s'agit d'une sépulture primaire à inhumation contenant les restes osseux de deux individus, en décubitus. Cette sépulture double est orientée est-ouest, la tête des défunts reposant à l'ouest. Pour les deux individus, la position des côtes indique la présence d'un élément de contention au niveau du thorax (vêtement). La décomposition s'est déroulée au sein d'un espace colmaté. Les deux individus sont des immatures. L'un d'eux a livré deux boucles (dont une rectangulaire à ardillon scutiforme) et une plaque de châtelaine du type rouelle, datables du VIIe siècles.


Tremblay-en-France, Château Bleu - 1998

Cinq sépultures ont été fouillées et des ossements ont été observés en coupe. Le plan caractéristique de certaines excavations non fouillées (fosses oblongues, longues de 1,30 à 1,90 m et large de 0,50 m en moyenne) suggère en outre la présence d'un nombre égal de sépultures non fouillées. Trois fosses sont précédées d'un trou de poteau, vestige probable d'un marquage en surface de la sépulture à l'aide d'une croix. Aucune orientation préférentielle et aucun recrutement spécifique de ces sépultures n'ont été mis en évidence. Un ossuaire a également été mis au jour, avec un NMI de seize. Un fémur droit témoigne de la maladie de Paget.


Tremblay-en-France, Chemin des Voyeux - 2011

Une sépulture primaire à inhumation, orientée nord sud, tête au nord a été mise au jour dans une fosse oblongue. L'individu repose en décubitus, le crâne en vue latérale droite. Le squelette est celui d'un immature de sexe indéterminé appartenant à la classe d'âge des 5-9 ans. Le remblai d'inhumation a livré trois tessons de la période carolingienne.


Tremblay-en-France, La Maladrerie - 2008

La fouille a livré sept inhumations individuelles, orientés est-ouest, tête à l'ouest, à l'intérieur de fosses oblongues, étroites, de faible profondeur, ne présentant aucun aménagement. Les individus ont tous été déposés en décubitus. Ces sépultures se regroupent sans organisation particulière en deux ensembles :

- un groupe avec deux adultes (un homme et une femme) et deux immatures en périphérie d'une zone d'habitat ;

- un groupe composé uniquement d'immatures, proche d'une zone de fonds de cabane et de fours domestiques. On note l'absence de mobilier, en dehors de sept tessons de granuleuse. Des datations 14c ont été réalisées, attribuant ces sépultures à la période carolingienne.


Tremblay-en-France, RD40 - 2005

Une occupation funéraire correspondant à une nécropole du Bas Empire a été mise en évidence avec 36 sépultures primaires à inhumations, orientées est-ouest et nord-ouest sud-est, organisées en trois travées principales. Aucun recrutement spécifique lié au sexe, à l'âge ou aux pratiques funéraires (espace de décomposition, offrandes) n'a été mis en évidence.

Les sépultures se caractérisent par des fosses quadrangulaires profondes, des inhumations en cercueil assemblé par des clous, une majorité d'adultes et par le dépôt de nombreuses offrandes contenues dans des verres et des céramiques. Des restes de gallinacés reposent également à proximité des individus.

Un groupe de sépultures du haut Moyen Âge a été mis au jour au sein de la nécropole, mais du fait de leur dispersion, il est difficile d'en conclure la pérennité de la nécropole. Ce sont vingt-sept sépultures du haut Moyen Âge qui ont été identifiées, isolées parfois regroupées par trois. La plupart des sépultures ont bénéficié de fosses sépulcrales ; trois ont été implantées dans des structures de combustion réemployées comme fosses d'inhumations. On observe également deux sépultures de relégation.


Tremblay-en-France, rue de la Belle Borne, rue des Buissons, Aéroville - 2011

La fouille d'Aéroville, menée rue de la Belle Borne, rue des Buissons à Tremblay-en-France (93) - Roissy-en-France (95) en 2011, a livré une sépulture. Elle se situe dans une fosse de grandes dimensions qui contient un four domestique et sa fosse de travail. La sépulture semble donc être une sépulture opportuniste. Il s'agit d'un individu en décubitus, orienté nord-sud, tête au nord, le long de la paroi orientale de la fosse. La sépulture correspond à un dépôt primaire, qui s'est décomposé en espace vide. La présence d'un contenant rigide en matière périssable de type coffrage a été reconnue par la mise en évidence d'un effet de délimitation linéaire à droite. L'absence de clous en fer indique plutôt un contenant de type coffrage chevillé. L'individu est un adulte de plus de vingt ans.

La céramique, trouvée dans le comblement de la fosse sépulcrale, est datée du dernier quart du IVe siècle. La contrainte latérale visible à gauche sur l'épaule et le membre supérieur et la mise à plat des côtes à distance des humérus, ainsi que la position fléchie du membre inférieur gauche suggèrent la présence d'une enveloppe souple de type vêtement.

Le mode de dépôt de la sépulture présente donc des caractéristiques semblables aux inhumations des petites nécropoles du Bas Empire de Tremblay-en-France, Saint-Nom-La-Bretèche (78) et Ville-Saint-Jacques (77).


Tremblay-en-France, rue Jules-Guesde - 2010

La fouille de la rue Jules-Guesde à Tremblay-en-France a permis la découverte de quatre sépultures à inhumation primaire, dont une double, au sein d'une occupation de la période mérovingienne.

Parmi les cinq individus mis au jour, au moins trois reposent dans une structure domestique en remploi (fosse polylobée, silo).

L'étude biologique a permis de distinguer quatre immatures et un adulte de sexe et d'âge indéterminés. Si les sujets immatures sont majoritaires, il ne semble pas pertinent de parler de recrutement spécifique en raison de la dispersion des sépultures et de leur faible nombre. Aucune corrélation n'apparaît entre les pratiques funéraires observées et l'âge des sujets. Si l'orientation apparaît rigoureusement est-ouest, tête à l'ouest, pour chaque individu, il semble en revanche que les gestes funéraires soient diversifiés et s'adaptent au contexte de l'inhumation, comme c'est le cas pour le sujet A de la sépulture 004 déposé en position foetale en raison du manque de place disponible dans le silo.


Tremblay-en-France, rue Cruppet - 1989

En 1989, une fouille préalable à la construction de pavillons, met au jour sept sépultures "d'enfants et d'adolescents" dispersées dans l'habitat et datées des VIe-VIIe siècles.


Villemomble, Grande Rue et avenue Detouche - 1987

La commune occupe une vallée formée par un ancien bras de la Marne, s'étendant sur le flanc nord du plateau d'Avron. Une voie ancienne la traverse, en bordure du plateau, devenant le chemin royal de la vallée de la Marne à Paris.

C'est l'élargissement de la Grand Rue, bordant le site, qui a été à l'origine des premières découvertes en 1982. Celles-ci ont donné lieu ensuite à plusieurs campagnes de fouilles jusqu'en 1987, qui ont mis au jour des fondations de la moitié sud de l'église mérovingienne et médiévale Saint-Genès et de la nécropole dont 300 sépultures ont été fouillées. Le cimetière, fondé au VIIe siècle et vraisemblablement associé dès l'origine à l'église, a perduré jusqu'en 1803. Les vestiges du haut Moyen Âge, bien que perturbés par le fonctionnement ultérieur du cimetière, sont importants.

Plusieurs pratiques funéraires ont été identifiées pour le haut Moyen Âge : des sarcophages, des fosses maçonnées, des fosses sans contenant apparent, certaines anthropomorphes. Pour la période mérovingienne, quatre sarcophages de pierre, taillés dans le calcaire, ont été mis au jour à l'intérieur de l'église. De forme trapézoïdale, ornés parfois sur leur paroi latérale de motifs géométriques, ils correspondent au type bourguigno-champenois.

Quarante-neuf sarcophages de plâtre ont été mis en évidence, que G.-R. Delahaye a répartis en deux types : les sept sarcophages à parois épaisses, concentrés à l'intérieur du bâtiment et les quarante-deux sarcophages à parois minces, situés à l'extérieur du bâtiment excepté trois d'entre eux. Peut-on expliquer cette différence par une érosion plus importante des sarcophages situés en dehors de l'église ou s'agit-il, comme le suggère G.-R. Delahaye d'une véritable distinction sociale ? Quoi qu'il en soit, les deux types de cuves portent des décors, significatifs de l'est-parisien. On retrouve des chrismes, des compositions géométriques, qui pourraient être liées à une production locale mais aussi des décors anthropomorphes, dont l'un identique à ceux attestés à Saint-Denis (93), La Courneuve (93) et Sergines (89), accompagné de son panneau de pied qui évoquerait la crucifixion (G.-R. Delahaye 1999).

Les sépultures mérovingiennes ont livré peu de mobilier (une plaque-boucle, une boucle en bronze, trois fibules ansées, une agrafe à double crochet, une pendeloque en bois de cerf décorée et un sceat anglo-saxon daté vers 740).

Pour la période carolingienne, les pratiques funéraires évoluent avec quelques fosses maçonnées, de forme trapézoïdale, des fosses anthropomorphes, s'insérant dans les rangées de sarcophages. Elles étaient quasiment dépourvues de mobilier, hormis un denier en argent de bas titre, imitant un denier de Charles le Chauve, frappé à Saint-Denis, postérieur à 840.


Villepinte, Avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny - 2008

La commune de Villepinte est située sur le revers méridional de la plaine de France, incisée par le vallon du Sausset. En 2008, une fouille menée à l'angle de la route de Tremblay et de l'avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny a mis au jour une occupation allant du haut Moyen Âge à l'époque moderne.

Au sud de cet habitat, une zone funéraire composée de 48 sépultures se développe entre le Ve et le IXe siècle. La nécropole s'étend au sud, au-delà de l'emprise de fouille et vraisemblablement vers l'est. L'alignement de plusieurs sépultures en bordure ouest suggère la présence d'un élément structurant l'espace à cet endroit : il pourrait s'agir d'une limite matérielle (fossé arasé ou végétation ?) ou d'un chemin d'accès qui aurait fonctionné avec les phases les plus précoces de l'occupation.

Aucune organisation spécifique de l'espace funéraire n'a été perçue, ni aucun regroupement d'individus en fonction du sexe ou de l'âge. Quarante-neuf individus ont été mis au jour au sein de fosses majoritairement quadrangulaires, dont l'orientation est variable, la plus fréquente est sud-ouest - nord-est tête au sud-ouest. La plupart ont été déposés dans des contenants en matériau périssable de type coffrage ou cercueil non cloués.

Les individus se répartissent en quatorze hommes, huit femmes, treize immatures et quatorze adultes de sexe indéterminé. Les défunts reposent généralement en décubitus, les membres inférieurs alignés dans l'axe du corps et les avant-bras en position basse.

Le dépôt de mobilier est rare. Il concerne principalement des éléments de parure ou d'habillement en position fonctionnelle suggérant un dépôt habillé des cadavres dans la fosse. Deux inhumations se distinguent par leur pratique funéraire : les défunts y ont été déposés dans des fosses "à banquette", type d'aménagement également observé dans le département sur les sites des Mastraits à Noisy-le-Grand, de la rue Chaban-Delmas à Gagny ou à Saint-Denis, elles sont datées de l'époque carolingienne.

En marge de l'espace funéraire, une sépulture dispersée, datée entre le VIIe et le IXe siècle grâce à une analyse de 14c, repose au fond d'une fosse polylobée au nord de l'emprise. Le réemploi de structures antérieures est aussi observable pour une à deux inhumations situées dans l'espace funéraire, bien qu'excentrées. Toutes présentent un colmatage rapide des masses molles du cadavre indiquant le dépôt de ce dernier sans contenant apparent, pratique distincte de celle majoritairement observée dans l'espace funéraire.