Notices pour le département de Paris (75)

Sommaire


Cimetière des Innocents, 1er arrondissement - 1974

Les nombreuses découvertes de sarcophages de pierre et de plâtre au XIXe siècle, notamment lors de la construction des Halles de Paris en 1952, permettent d'attester l'existence d'une nécropole mérovingienne, dont les limites n'ont pas été totalement reconnues. Elle s'étend à l'est en bordure de la rue Saint-Denis, ancienne voie romaine, au nord, rue de la Cossonerie et à l'ouest, rue Pierre-Lescot, mais sa limite méridionale reste incertaine. Son centre a été reconnu au niveau du square des Innocents.

Lors des travaux de construction de la station RER de janvier à avril 1973, plusieurs découvertes fortuites eurent lieu, dont une partie fut détruite (au minimum deux sarcophages). Une surveillance de travaux fut assurée par J. Leroy et E. Servat.

Trois sarcophages furent découverts, vides, le long de la rue des Innocents : deux en plâtre et une cuve trapézoidale en pierre dont le panneau de tête était orné d'un décor de palmier crucifère, accosté de deux croix monogrammatiques et les parois latérales gravées de bandes striées "en arêtes de poisson". Plus au nord, à l'angle de la rue Saint-Denis, une dalle sculptée faisant office de couverture est mise au jour, présentant un décor d'entrelacs et de motifs concentriques.

Une opération de décembre 1973 à avril 1974 précédant la construction du Forum des Halles a débuté par une surveillance de travaux, donnant lieu à la découverte de sarcophages médiévaux (avec de la céramique flammulée en remblai) à l'ouest et de caves, au nord. Ensuite, trois mois de fouilles autour de la fontaine des Innocents au sud et à l'est ont permis la découverte des substructions de l'ancienne église et de sépultures dans le cimetière et dans l'église. Le matériel collecté consiste en lapidaire et en céramique flammulée.

Pour le cimetière, une centaine de sarcophages sur deux niveaux ont été dégagés au sud de la fontaine.

Reposant sur le sol naturel, trente sarcophages de plâtre, tous orientés, tous mutilés et remployés, vides d'ossements et dépourvus de mobilier ont été mis au jour. Cinq étaient ornés de décors sur leurs panneaux de tête. Les décors sont géométriques, gravés ou en relief. Plusieurs sépultures sans contenant apparent au même niveau que les sarcophages mérovingiens ont également été fouillées, différentes d'autres sépultures sans contenant apparent recoupant les sarcophages médiévaux, datables par la céramique flammulée. Un sarcophage anthropomorphe, sur une sépulture sans contenant apparent; recoupait un sarcophage mérovingien.

Pour l'église, outre la mise au jour partielle de la nef, datée du XIIIe siècle et des deux collatéraux, entre les fondations de l'ancienne église, Notre-Dame-des-Bois ( antérieure à Sainte Opportune, construite à proximité), ont été dégagées un grand nombre de sépultures médiévales : deux caveaux maçonnés,des plates sépultures (hors contexte) et des sarcophages médiévaux ainsi que soixante sépultures sans contenant apparent. Plusieurs niveaux d'inhumation ont été reconnus. Le plus ancien (le même que celui du cimetière) était recouvert ou recoupé par les fondations et dépourvu de mobilier ; au dessus,un ou deux niveaux sans mobilier ; la couche supérieure enfin contenait des céramiques flammulée, des épingles et des clous.

Le décompte des sépultures sans contenant apparent par période n'a pas été précisé. Aucune étude des ossements ne semble avoir été menée.

Les fondations dégagées témoignent de plusieurs états de construction, dont aucun n'est antérieur au XIIe siècle. L'édifice fonctionne avec un cimetière paroissial, qui s'installe donc au dessus de la nécropole mérovingienne. Aucun élément ne permet d'en expliquer l'origine et la présence d'un sanctuaire reste une hypothèse à démontrer.


Prieuré Saint-Martin-des-Champs, 3e arrondissement - 1999

Le lieu est cité en 710 par Childebert III (dans une charte portant sur l'attribution des revenus d'une foire autrefois située à Saint-Denis) comme un de ceux dédiés à Saint-Martin à Paris, différent de l'oratoire mentionné par Grégoire de Tours dans la Cité, ainsi que de deux autres lieux sur la rive gauche détruits aujourd'hui. Saint Martin, né au IVe siècle, dont la vie a été écrite par Sulpice Sévère en 397 fut au départ uniquement vénéré dans les pays de Loire et d'Aquitaine qu'il avait évangélisés, mais devint le saint patron de la dynastie mérovingienne à partir de Clovis, associé à Saint-Denis à partir de Dagobert.

L'essentiel des informations disponibles sur l'ancien prieuré Saint-Martin-des-Champs et plus particulièrement sur la basilique mérovingienne et la nécropole proviennent des fouilles de 1993-94, de la fouille et surveillance de travaux de 1998-1999, lors de la rénovation du Musée des Arts et Métiers.

Les découvertes antérieures sont très rares et de faible portée : en 1606, découverte d'une "sépulture médiévale" lors de la construction du maître-autel conçu par F. Mansard (cité par dom M. Marrier) ; en 1851, "dans l'église […] en fouillant le sol […] quelques sépultures de pierre dont la forme accuse une grande ancienneté […]".

La basilique mérovingienne mise en lumière dans le prieuré Saint-Martin et la nécropole se situaient le long de la voie antique dans le prolongement de la rue Saint-Jacques, mais aucun vestige gallo-romain n'y a été découvert. La basilique est le seul édifice parisien avec Saint-Étienne (parvis de Notre-Dame) ayant livré le plan d'une basilique mérovingienne. Il s'agit d'une basilique à transept et à augmentum axial, précédant une abside. Ces éléments centraux étaient encadrés distinctement par deux augmenta latérales peut-être terminés en abside. La présence d'un clocher dans le prolongement méridional du transept ainsi que l'absence de collatéraux sont déduites d'informations fournies par la fouille. Celle-ci a permis de préciser les dimensions de l'édifice (qui l'apparentent aux grandes basiliques) et a révélé sa fonction funéraire importante. Les murs mérovingiens sont construits sur le modèle romain : fondations de pierres liées au limon puis lit de mortiers avec parement de pierre calcaire, de 60 cm de large, conservés sur un mètre de haut, ainsi que des fragments de marbres blancs et colorés.

La nécropole a perduré de l'époque mérovingienne au XVIIe siècle comme en témoignent la densité des inhumations, leur remploi, les réutilisations et les réductions (jusqu'à cinq ou six individus). À l'issue des deux fouilles, on comptabilise 112 sarcophages, dont quatre en pierre, l'écrasante majorité étant en plâtre, plusieurs avec décors, organisés en rangées, les plus anciens le long du mur de la basilique, puis dans les espaces centraux et une troisième phase, constituée de sarcophages à décors de croix. Une datation au 14C a été réalisée pour la sépulture 617 établie entre 650 et 780 ap. J.-C. À l'époque carolingienne, correspondent un nombre important de sépultures d'enfants, dans le choeur et l'avant nef de la basilique mais aussi sous l'aile sud des anciens cloîtres. Des sépultures du Bas Moyen Âge ont été dégagées en 1999. La population inhumée est strictement composée d'adultes masculins, identifiée comme les inhumations des moines, la présence d'un cimetière de moines étant attestée jusqu'au XVIIIe siècle.

En 1999, la basilique a été datée stratigraphiquement comme postérieure aux sarcophages (dont un contenait une obole de Charles le Chauve datée de 840-877 ap. J.-C.) et à une fosse antérieure aux fondations du XIe siècle. Cette fosse contenait du mobilier céramique typique de l'époque carolingienne (VIIIe-IXe siècles) et un mobilier ichtyologique, représentant une consommation exclusive de poissons de rivière et d'étang (rarement documentée auparavant). Les constructions datées de cette période se limitent aux sols construits de la basilique mérovingienne, à des réfections et pose d'enduits sur les murs de l'édifice. Les limites du bâtiment peuvent être déduites de l'orientation de certains sarcophages, strictement est-ouest, contrairement à la plupart des autres, indiquant qu'ils se situaient à l'extérieur de l'édifice.

Une période d'abandon de l'édifice du haut Moyen Âge est attestée par la présence de graffiti sur des fragments de plâtre d'époque carolingienne.

Les fondations de l'édifice à nef courte repérées dans la fouille de 1994 se situent au dessus de la fosse carolingienne datée des VIIIe-IXe siècles. Les élévations conservées en fondation du choeur du second quart du XIIe siècle présentent de nombreux caractères typiques de l'époque romane. Aucune construction, même de soubassement, n'a pu être attribuée à une phase carolingienne, ceci venant à l'appui des sources écrites. Ce second édifice doit être rattaché à l'église consacrée en 1067. La fouille de 1999 dans l'ancienne église priorale a permis d'observer les fondations sur la majeure partie de l'édifice actuel, ce qui permet de proposer les plans des églises romanes de Saint-Martin.

Deux périodes distinctes apparaissent au vu des sources écrites et dans les datations de la sculpture. Un premier édifice roman se composant de trois vaisseaux est datable de 1067, ses dimensions conformes à des couvertures charpentées. Le second édifice roman correspond essentiellement à un agrandissement et à une rénovation du premier. Faute de documentation, il pourrait être comparable aux églises des autres premières filles de Cluny avec une extension de la nef s'ouvrant sur un clocher porche attesté de la fin du XIe siècle. La nef du XIIIe siècle est sûrement à rattacher à l'édifice dédicacé en 1111 suite aux reconstructions des clunisiens (pour leur installation après l'an 1079). Aucune sépulture ne peut être attribuée à cette période. 140 fragments lapidaires ont permis d'enrichir la connaissance de la sculpture de Saint-Martin, du cloître et de l'église.

En 1999, la localisation de la chapelle Notre-Dame de l'Infirmerie a été affinée et l'étude en a été amorcée, pour le choeur et pour les fondations de l'abside. Les vestiges d'un pavement ancien ont été recueillis , carreaux de plâtre historiés à motif jaune sur fond rouge, ressemblant à ceux mis au jour au XIXe siècle à Saint-Germain-des-Prés et datés du XIIIe siècle. Ce pavement daterait dans son état le plus ancien du XIVe siècle et aurait été réaménagé au XVe siècle.


15 rue du Temple, 4e arrondissement - 1995

Le site offre une fenêtre réduite. Il est exploité dès le début du haut Moyen Âge pour ses ressources naturelles avec une carrière de sable. Il comprend un habitat mérovingien et est occupé par une nécropole à la fin du haut Moyen Âge et au début de l'époque carolingienne. Celle-ci pourrait être rattachée au cimetière des églises Saint-Merry et Saint-Bon. Des datations au 14c ont été effectuées dont les résultats sont à collecter.

Trois sépultures sans contenant apparent avaient été fouillées lors d'un diagnostic. Douze (ou plutôt onze car l'une des sépultures pourrait en compléter une du diagnostic) ont été dégagées lors de la fouille. Aucun mobilier funéraire n'est associé, très peu en remplissage. La datation reste incertaine, les sépultures se situant au dessus des sols d'occupation mérovingiens.


Place Baudoyer, 4e arrondissement - 1999

Le site de la Place Baudoyer se localise dans le fond de vallée de la Seine, sur la butte Monceau-Saint-Gervais, basse terrasse sur la rive droite de la Seine. La première église (à l'emplacement de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais) et le cimetière auraient été fondés entre la fin du IVe et le début du VIe siècle, le long d'une voie romaine et en dehors de la ville. La première mention de la basilique, dédiée à Saint-Gervais et Saint-Protais, émane de Fortunat, évêque de Poitiers et date du milieu du VIe siècle sous Childebert. Le sépultureau des deux frères martyrisés, découvert à Milan, serait à l'origine de la dédicace de l'église au IVe siècle. Le cimetière pourrait s'être installé sur une nécropole antique, peu dense mais plus étendue. Il perdure tout au long du haut Moyen Âge tout en s'amenuisant. À partir de 1212, le baptistère de l'église Saint-Gervais, situé près de la place de Grève, fait place à l'église Saint-Jean (détruite aujourd'hui) et à un nouveau cimetière. De très nombreuses découvertes de sarcophages en plâtre et en pierre se sont succédé depuis la fin du XIXe siècle (notamment celles de T. Vacquer) jusqu'en 1950 dans les rues proches de la place Baudoyer, mettant en évidence l'étendue de l'espace sépulcral. Une fouille de 1994-1995 permet, elle, de préciser les limites de la nécropole. La nécropole ad sanctos, se développe à partir de la fin du Bas Empire, depuis la rue Vieille du Temple à l'est, rue Lobau à l'ouest, la rue des Barres et le quai de l'Hôtel de Ville au sud. La place Baudoyer constitue la limite nord de cette nécropole, sous la mairie du IVe arrondissement. La fouille a également fait apparaitre une occupation allant de l'époque romaine jusqu'au Bas Moyen Âge. A l'est du cimetière, se sont développés un habitat mérovingien et des activités artisanales (notamment un possible atelier de verrier) qui pourraient avoir été séparés de la nécropole par une clôture, détruite tardivement. A l'époque carolingienne, au sud de l'emprise, des habitats sont construits au dessus des sépultures mérovingiennes, laissant penser que dès le IXe siècle le souvenir de la nécropole avait été perdu ; enfin, l'implantation de caves dans le quartier du Bas Moyen Âge détruit une partie des vestiges mérovingiens.

Sur les 1800 m² de la fouille, 206 sépultures ont été découvertes, 163 pour le haut Moyen Âge et 43 pour le XIIIe siècle. Une grande diversité de modes d'inhumation a pu être observée. Les vingt-sept sépultures en "pleine terre" présentent des fosses bien taillées à parois verticales, dépourvues de toute trace de cercueil, de pierres ou de clous, certaines pouvant s'apparenter à des sépultures habillées du fait de la présence en position fonctionnelle de boucles en fer, à l'origine damasquinées d'argent. Sept coffrages de pierres ou tuiles, sont aménagés dans des fosses plus larges que les précédentes, formant un caisson en pierres sèches constitué de moellons taillés et appareillés, jointifs, pour accueillir le couvercle en dalles de pierre calcaire. Onze sépultures maçonnées en pierre et tuile (trois liées au plâtre et huit lissées au plâtre) présentant des assises en moellons et tuiles, tuiles posées à plat au fond et recouvertes d'une couche de plâtre. Le plâtre est coulé sur place comme à Saint-Marcel et aux Saints Innocents. Six sépultures maçonnées présentent une cuve en pierre calcaire posée à plat ; des assises liées par argile marneuse. Elles sont dotées de couvercles constitués de grandes dalles de pierre rectangulaires en remploi, posées à plat et jointives avec les bords de la cuve.

Trente-huit sarcophages de pierre ont été recensés, avec cuve monolithe ou en plusieurs parties ; ils sont taillés dans le calcaire de Paris le plus souvent sauf dans huit cas où le calcaire est celui du Val d'Oise. Les traces de retaille sont fréquentes ; la plupart des sarcophages comprennent des blocs de remploi,issus des destructions de bâtiments antiques, remplois qui se multiplient au IVe siècle. Le sarcophage 120 est doté d'une couverture de dalles gravées de motifs circulaires au compas et d'une épitaphe ; un autre a été rallongé avec un bloc placé au milieu des parois latérales, comme un sarcophage découvert rue de la Reine Blanche ; certains présentent des trous de louve. Cinquante-sept sarcophages en plâtre moulé ont été inventoriés, dont certains avec des décors moulés en forme de rosace et en croix pattée, trois sur des panneaux de tête et deux sur des panneaux de pieds. Les réductions sont au nombre de dix-sept : douze sans contenant apparent et cinq à l'intérieur de sarcophages. Elles témoignent de la permanence de l'occupation et d'une réutilisation fréquente des sarcophages.

Cinq datations 14c ont été réalisées avec des résultats allant du Ier au VIe siècle.

Malgré un taux de violation important, on a pu déterminer la période d'occupation de la nécropole, utilisée sans discontinuité de la fin IVe-début Ve jusqu'à la fin du VIIIe siècles, date à laquelle elle est abandonnée. Cependant, il n'a pas été possible de réaliser le phasage ni la datation précise de toutes les sépultures, faute d'élément datant. Les sépultures les plus anciennes semblent être sans contenant apparent ou en cercueil de bois, suivies en partie par les sépultures en pierre et coffrages, les inhumations en sarcophage de plâtre étant les plus récentes.

Une étude anthropologique a été menée sur 71 sépultures mérovingiennes, soit 90 individus. Tous les corps avaient été déposés en décubitus, jambes allongées. Le décompte par âge des sujets examinés distingue 30 % d'immatures et le sexe ratio est proche de un. Vingt individus présentaient des lésions dégénératives au niveau de la colonne vertébrale et de la hanche. Un individu présentait les symptômes du mal de DISH ; un autre une carpite fusionnante et un une fracture de Poutteau. Vingt-sept sujets étaient atteints de caries, dix-huit avec pertes ante mortem.

Le mobilier n'a pas fait l'objet d'un décompte systématique. On a pu observer qu'il provenait d'un petit nombre de sépultures, dites privilégiées, du fait de la qualité du mobilier collecté.

La fouille de la Place Baudoyer confirme l'établissement de la nécropole mérovingienne sur une occupation funéraire du Bas Empire, comme quelques rares découvertes antérieures avaient permis de le penser. Le recrutement de la nécropole comprend des sépultures privilégiées avec un mobilier de qualité.

L'origine de la nécropole est-elle liée, selon la tradition chrétienne, à la présence du premier sanctuaire de Saint-Gervais ou bien, comme à Saint-Marcel, témoigne-t-elle de la christianisation progressive des cimetières hérités de l'Antiquité païenne, symbolisée par l'implantation d'une basilique ?


Rue de la Cité, abbaye Saint-Éloi, 4e arrondissement

Le site appartient à "la ceinture Saint-Éloi" correspondant au domaine de l'abbaye Saint-Éloi, notamment à l'emplacement du choeur de l'église et d'une partie du cloître de l'abbaye, édifice supposé mérovingien mais l'hypothèse est contestée (postérieur au début du XIe). La fouille a montré que le tronçon de la rue Saint-Éloi qui mène à l'église serait antérieur au VIIIe siècle. Au total, cinq sépultures ont été dégagées.

La datation des trois dernières exhumées est faite sur la base d'une perle en verre datée du VIIe siècle.


Église Saint-Séverin, 5e arrondissement - XIXe siècle

Le cimetière est associé à l'église Saint-Séverin, implantée le long de la rue Saint-Jacques, à l'angle de la rue Saint-Séverin. Il a été reconnu à diverses reprises au cours du XIXe siècle où plusieurs

Pour les deux derniers sites, le mobilier a été transporté au musée Carnavalet où il semble avoir été égaré. Des sarcophages décorés de pierre ou de plâtre, parmi d'autres sépultures moins caractéristiques, furent mis au jour sous l'église actuelle et aux alentours, notamment en bordure de la rue des Prêtres-Saint-Séverin. Des découvertes effectuées à cette époque, subsiste au Musée de Cluny un beau sarcophage de pierre à décor géométrique (n°17, inv.18809).

La fouille la plus importante de ce secteur est celle des 6-12 rue des Prêtres-Saint-Séverin menée en 1973, par M.-H. Pottier. On y observe des sépultures mérovingiennes appartenant à la première période de la paroisse Saint-Séverin. Dix-neuf sarcophages en plâtre moulé trapézoïdaux sont disposés en cinq rangées. Treize panneaux de tête et de pied portent un décor. Les sépultures sont orientées nord-ouest -sud-est, tête vers le nord-ouest et aucun mobilier n'a été mis au jour. Cette opération complète les observations suivantes :

1/ en 1839, J.-B. Jollois signale la découverte de sarcophages en plâtre ;

2/ en 1899, C. Sellier signale la découverte, dans le jardin du presbytère, de plusieurs sarcophages (l'un d'entre eux, en plâtre, comportait un décor sur le panneau de tête avec un chrisme) ;

3/ devant le numéro 6 rue des Prêtres-Saint-Séverin, C.Sellier relate, en 1899, la mise au jour de deux sarcophages de plâtre, dont les panneaux de pieds étaient ornés. Pour les deux derniers sites, le mobilier a été transporté au Musée Carnavalet où il semble avoir été égaré ou n'être plus identifiable.


Nécropole Sainte-Geneviève, 5e arrondissement - 1909

La nécropole est associée à la basilique Saints-Apôtres, devenue Sainte-Geneviève, qui était située à l'emplacement actuel de la rue Clovis entre la place Sainte-Geneviève et la rue du Cardinal-Lemoine.

Les limites de la nécropole mérovingienne restent incertaines du fait qu'elle est postérieure à une nécropole de l'antiquité tardive fonctionnant avec le sanctuaire de Sainte-Geneviève.

Comme pour la plupart des nécropoles parisiennes, les premières découvertes sont anciennes, au moins depuis le XVIIe siècle.

Lors de la démolition de l'église en 1807, des fouilles furent entreprises avec la découverte de trente-deux sarcophages trapézoïdaux, en plâtre et en pierre, certains avec décor, appartenant à la période mérovingienne ou au début de la période carolingienne.

Au cours du XIXe siècle, T. Vacquer et E. Toulouze signalent de nouvelles découvertes, augmentant le corpus des données. La Commission du Vieux Paris poursuit l'étude de cette nécropole tout au long du XXe siècle. À noter les fouilles de C. Magne, en 1909, aux n°9 à 11 rue Laplace, avec l'identification de soixante-deux sarcophages (dont quarante-deux en plâtre) ayant livré du mobilier. La Commission du Vieux Paris a également répertorié de nombreuses découvertes mais aucune fouille d'envergure n'a été menée.


Église Saint-Victor, 5e arrondissement - 1931

Un cimetière mérovingien coïncide avec l'ancienne église Saint-Victor. "Ce monument, détruit à partir de 1798, s'élevait à l'angle des rues Linné et Jussieu. […] L'essentiel des découvertes furent effectuées entre 1901 et 1931 où un nombre limité de sarcophages de pierre et de plâtre, ces derniers parfois ornés, furent mis au jour. Il semble qu'aucun d'entre eux n'ait été conservé et que pas une des sépultures n'ait livré de mobilier funéraire."

Les observations les plus importantes sont celles de 1931, sous la Halle-aux-Vins, dans les anciennes caves n°31 à 3 7 de l'entrepôt Saint-Bernard, par A. Grimault.


Église Saint-Julien-le-Pauvre, 5e arrondissement - 1901

Ce cimetière est associé à l'église Saint-Julien, devenue Saint-Julien-Le-Pauvre. Son origine remonte au haut Moyen Âge car on note de nombreuses découvertes de sépultures mérovingiennes ou présumées mérovingiennes. Il a été découvert au début du XIXe siècle et a fait l'objet de diverses observations :


Église Saint-Étienne-des-Grès, 5e arrondissement - 1893

L'église Saint-Etienne-des-Grès était située à l'angle des rues Saint-Jacques et Cujas. Le cimetière mérovingien qui lui est associé a été étudié par T. Vacquer notamment en 1873 et 1893 avec la découverte de cinq sarcophages de pierre et deux de plâtre dont l'un orné, contenait une plaque-boucle damasquinée.


Saint-Serge-Saint-Bacchus ou Saint-Benoît-le-Bétourné, 5e arrondissement - 1854

Peu d'informations existent sur ce cimetière lié à l'église Saint-Serge-Saint-Bacchus, devenue Saint-Benoît-le-Bétourné, située à l'angle des rues Saint-Jacques et des Écoles (angle nord-est de l'actuelle Sorbonne et détruite en 1854). C'est l'architecte Bourla qui entreprit les premières observations en 1831 avec la découverte de deux sarcophages. T. Vacquer mentionne également en 1854 d'autres sarcophages de plâtre décorés.


Nécropole Saint-Jacques, 5e arrondissement - 1962

La "nécropole du sud de Lutèce est aussi appelée nécropole Saint-Jacques car elle est située à l'ouest des rues Saint-Jacques et du Faubourg Saint-Jacques, ou bien encore nécropole de la rue Pierre-Nicole en raison du nombre conséquent de sépultures découvertes dans la partie méridionale de cette rue. C'est la plus importante nécropole de Lutèce pour le Haut Empire". Néanmoins, elle fonctionne encore au IVe siècle et le Ve siècle marque son abandon.

Elle a fait l'objet de nombreuses découvertes dès le XVIIe siècle mais surtout au XIXe siècle, avant un suivi de la Commission du Vieux Paris, notamment sur les opérations suivantes :

1- Fouille en 1955-1959, 33-37 rue Pierre-Nicole

Cette opération conduite par M. Fleury a permis la mise au jour d'au moins 58 sépultures. On note notamment "une sépulture partiellement conservée, en cercueil, de la période gallo-romaine, contenant une cruche à pâte beige et une assiette de céramique commune grise. Les clous d'une paire de semelles, de type militaire, ont été retrouvés en place à côté des pieds […]". On note également "une statuette provenant de la sépulture en cercueil 138. Elle se trouvait, en dépôt votif, avec deux monnaies l'une d'Hadrien et l'autre d'Antonin Le Pieux."

2- Fouille en 1959, rue Fustel-de-Coulanges

En décembre 1959, une opération de fouille a été menée rue Fustel-de-Coulanges, à l'est de la précédente dans le cadre de la construction d'un immeuble. La source provient de deux cahiers de notes manuscrites de M. Fleury. Trente-cinq points ont été définis par M. Fleury correspondant à des sépultures.

Le point 16 atteste d'une sépulture en cercueil avec un squelette bien conservé qui a livré un mobilier abondant. Le point 18 correspond à une sépulture orientée vers le sud-ouest, apparue à 51,78 m NGF. L'état de conservation du corps est mauvais et les os sont un peu bouleversés. Le mobilier est relativement abondant avec une assiette ou petit plat noire brisée, un petit vase gris brisé, une monnaie disposée entre les fémurs et des restes de chaussures sous les genoux. La longueur du cercueil est de 2 m, de 45 cm de largeur au niveau de la tête et 38 cm au niveau des pieds. L'épaisseur des planches est de 2,5 cm. Le point 20 atteste d'une urne funéraire, une jarre à incinération brisée d'un diamètre de 35 cm, dont le niveau inférieur se situe à 52,90 m NGF. À l'intérieur de l'urne, on note des cendres, des débris de céramique dont de la sigillée, des débris de verre et des ossements calcinés. Cette opération est à compléter avec la découverte de deux sépultures supplémentaires lors d'un sondage effectué dans la même rue.

3- Fouille en 1962, 16 rue Pierre-Nicole et 12 rue du Val-de-Grâce

Fouille organisée du 20 septembre au 12 octobre 1962 dans le cadre de la construction d'un bâtiment. Cette opération menée par Fleury a permis la découverte de dix-huit sépultures : dix en sarcophage de plâtre (globalement trapézoïdaux, avec couvercle, orientés est-ouest et avec des parois de 7 cm d'épaisseur),quatre en sarcophages de pierres, une en pierres et plâtre (sarcophage n°15), deux indéterminées et une sans contenant apparent. La plupart des sépultures n'ont pas livré de mobilier, les ossements sont peu nombreux et très perturbés. La sépulture n°17, sans contenant apparent, a livré un morceau de fer pris entre les dents, des débris de métal en gangue, de la sigillée et de la commune noire ; elle pourrait être attribuable au Bas Empire. Le sarcophage n°15, orienté est-ouest, se distingue par son assemblage en pierres et plâtre posé comme un enduit à l'intérieur du sarcophage. D'après M.Fleury, le plâtre a été coulé sur place. Celui-ci dispose d'un couvercle de plâtre de 5 cm d'épaisseur. Le sarcophage a une longueur de 185 cm (mesures intérieures) à 219 cm (mesures extérieures) pour une largeur de 32 cm (mesures intérieures) à 54 cm (mesures extérieures) ; la hauteur est de 36 cm hors couvercle. À noter que la tête de l'individu repose dans un creux du fond en plâtre. Lors de l'intervention, des ossements en vrac ont également été collectés.


Nécropole Saint-Marcel, 5e et 13e arrondissements - 1999

C'est la nécropole la plus importante de Paris au Bas Empire et au haut Moyen Âge (la sépulture la plus ancienne est datable de la fin du IIIe - début du IVe siècle). Elle est établie au sud-est de Lutèce.

Pour le Bas Empire, l'emprise semble s'être développée surtout à l'ouest de la voie d'Italie, alors que la nécropole mérovingienne s'étendait sur la rive droite de la Bièvre, de part et d'autre de la voie antique de Lyon (avenue des Gobelins). La nécropole fut utilisée sans discontinuité, "l'inhumation en ce lieu de Saint-Marcel, évêque de Paris, traditionnellement placée en 436, provoqua sans doute un regain en faveur de ce cimetière. […] La zone de dispersion des sépultures mérovingiennes est plus vaste que celle des sépultures du Bas Empire, notamment à l'est de l'avenue des Gobelins où des inhumations ont été reconnues jusqu'à la hauteur des rues Geoffroy-Saint-Hilaire et du Jura." Les sépultures mérovingiennes sont d'ailleurs plus importantes aux abords des trois églises auxquelles la nécropole est associée :

Toutes les limites de cette nécropole ne sont pas certaines car il est difficile d'établir une continuité entre les différents groupes de sépultures observés dans le secteur.

L'existence de cet ensemble funéraire est connue depuis le XVIIe siècle et a fait l'objet de nombreuses observations archéologiques. Les premières interventions remontent au XIXe siècle. De 1846 à 1881,T. Vacquer assure la surveillance des travaux haussmanniens et suit les chantiers de fouille à l'occasion du percement de l'avenue des Gobelins et des boulevards Arago, Saint-Marcel et le Port-Royal (1868-1874) :

À partir des années 1880, de nombreux signalements et des observations complémentaires sont été réalisés par E. Toulouze et C. Magne et au cours du XXe siècle, la Commission du Vieux Paris multiplie les interventions archéologiques. La quantité de données et d'opérations ne pouvant être traitée dans le cadre de cette notice, seules quelques interventions sont abordées :

1- Fouille de 1972 menée par P. Périn, M. Petit et E. Servat au 17 rue de la Reine Blanche.

Une fouille de sauvetage préalable à la construction d'un immeuble a permis la mise au jour de 53 sépultures : 21 en sarcophages de pierre trapézoïdaux et 32 sépultures sans contenant apparent ou coffrage.

2- Fouille de 1987 menée par D. Busson au 9-15 rue de la Reine Blanche.

98 sépultures sont identifiées (80 sans contenant apparent et 18 sarcophages en pierre en partie remployés). L'orientation générale est est-ouest, tête à l'ouest, les individus étant en décubitus. On observe une superposition des sépultures. En ce qui concerne les sépultures sans contenant apparent, il n'y a pas d'aménagement particulier, aucune trace de cercueil de bois ou de brancard n'a été mise au jour ; l'existence de linceul reste possible. On observe 16,25 % d'enfants. La datation mérovingienne n'est pas assurée.

3- Fouille de 1988-1989 menée par D. Busson au 19 rue de la Reine Blanche, complétée par une nouvelle fouille en 1991 au 21, rue de la Reine Blanche.

La disposition en plan des sépultures en terre et en sarcophages (93 sépultures dont 42 sarcophages en pierre ) ne répond pas à une organisation particulière. On note la quasi inexistence de recoupements et l'absence de superposition de sépultures, ce qui indique une organisation du cimetière en surface. Un fossé organise d'ailleurs l'espace. Parmi les sépultures significatives, la numéro 20 est une sépulture à coffrage partiel avec trois pierres à la tête associées à deux clous en place. Le mobilier se distingue notamment par un collier, dont une partie des grains étaient coincés sous la mandibule et quelques uns avaient glissé vers le temporal gauche. A cet endroit, une trace d'oxyde métallique laisse supposer la présence d'un fermoir ou peut être d'une boucle d'oreille. Le collier se compose de douze grains translucides dont le décor des pâtes de verre pourrait fournir une datation du début du VIe siècle. On le rapprochera d'un autre collier trouvé à Saint-Germain-des-Prés associé à une fibule bien datée du VIe siècle. Le cas de la sépulture19 d'un immature (âge estimé entre 1 et 2 ans) est à noter également car il s'agit d'une sépulture dite à caisson, fabriquée à partir d'éléments remployés de moindres dimensions et qualité, tuiles, dalles de pierre.

Ces observations sont complétées, toujours par D. Busson et M. Colland, en 1989 au 4 rue de la Collégiale. Lors des fouilles menées au 21 rue de la Reine-Blanche a été notamment découvert le sarcophage n°1qui contenait un homme en décubitus enterré dans la seconde moitié du Ve siècle (datation obtenue par analyse du 14c) et dont le corps s'est décomposé en espace vide. Ce sarcophage est creusé dans deux blocs de remploi de fragments d'un mausolée antique, une architrave et un bas-relief. Il témoigne ainsi d'une part de la nature et l'importance des bâtiments détruits et d'autre part, de la réutilisation de leurs matériaux à l'époque mérovingienne.

4- Fouille préventive de 1997 au 10 rue des Gobelins menée par X. Peixoto (AFAN).

Cette opération a mis au jour douze sépultures dont dix en cercueils ou coffres de planches (sépultures 1, 2, 3, 4, 5, 7, 10, 11 et 12), un sarcophage monolithe (sépulture 6) et une sépulture à caisson (? - sépulture 9). Tous les individus reposaient en décubitus dorsal. La sépulture 6 est celle d'un immature (1 à 4 ans). Les restes osseux sont en très mauvais état de conservation et ont subi des déplacements à l'intérieur du contenant. Le sarcophage est retaillé en une seule pièce dans une colonne et la couverture est une plaque calcaire. Le sarcophage a été déposé au fond d'un creusement.

Cette sépulture est la seule à avoir livré du mobilier. Au côté gauche du visage repose un balsamaire en verre soufflé datable du IVe siècle ; le long du tibia gauche, on observe une douzaine de petits clous constituant probablement les restes d'une paire de chaussures. À côté était également déposé un fin bracelet en os. La nature des objets laisse supposer que l'individu était une petite fille. À noter que cette opération complète les observations effectuées en 1912 par C. Magne.

5- Fouille préventive de 1999 au 3-7 rue de la Reine Blanche menée par R. De Filipo (AFAN).

Cinquante-deux sépultures ont été répertoriées avec treize sarcophages plus ou moins complets, taillés dans un calcaire blanchâtre, dont la moitié auraient été pillés pour en récupérer les matériaux. Certains indices pourraient permettre d'augmenter le nombre initial d'une dizaine. On note l'usage peu fréquent ici du remploi de blocs architecturaux massifs (deux cas) et de quelques cuves monolithes (trois cas) ou tripartite (un cas). En effet, la plupart des cuves sont bipartites ; la forme est généralement un trapèze peu prononcé. Les éléments des cuves bipartites, parfaitement jointifs, ne sont jamais liés par un mortier quelconque ou par du plâtre. Seuls trois couvercles ont été retrouvés encore en place. La sépulture 32 est la seule à avoir livré une cuve monolithe complète, avec un plan trapézoïdal. Seize sépultures ont été répertoriées avec un coffrage de bois, mais neuf ont été pillées. Dans la plupart des sépultures non pillées, l'étude taphonomique a permis de confirmer une décomposition en espace vide. Certains indices impliquent également l'usage d'un coussin céphalique dans trois cas. La sépulture 53 a bénéficié d'un caisson ; la sépulture 40 est la seule en cercueil ; la sépulture 44 est à classer comme une fosse sans contenant apparent. L'absence de dépôt funéraire, d'accessoires vestimentaires dans les sépultures intactes ne permet pas de déterminer une datation intrinsèque à chaque sépulture. "Cette absence est toutefois significative : elle situe l'usage de cette partie de la nécropole Saint-Marcel postérieurement au IVe siècle, époque durant laquelle la pratique des dépôts funéraires disparaît progressivement. L'usage exclusif de sarcophages en pierre calcaire non décorés pourrait impliquer une datation antérieure au milieu du VIe siècle".

Ainsi pour la nécropole du Bas Empire, les sépultures les plus anciennes connues remontent à la fin du IIIe siècle ; la datation des sépultures s'appuyant sur le mobilier funéraire qui a fait notamment l'objet d'études de M. Petit. Son secteur sud a été particulièrement bien étudié. Les sarcophages sont disposés selon une organisation assez stricte qui respecte une orientation générale est-ouest. Leur caractéristique principale est d'être toujours constitués aussi bien pour les cuves que pour les couvercles, de plusieurs parties, taillées et assemblées avec soin. Il s'agit de blocs de remploi provenant de grands bâtiments publics ou de mausolées du Haut Empire. À quoi s'ajoutent les sépultures dites à caissons fabriquées également à partir d'éléments remployés. Pour le IVe siècle, les sépultures témoignent des rites funéraires de l'époque de par leur orientation, la position des corps (quand elle est indiquée) est en décubitus et par la pratique de l'obole à Charon.

La nécropole mérovingienne est caractérisée par son étendue, sa proportion élevée de sarcophages de pierre et de plâtre et l'abondance de sépultures sans contenant apparent au regard des autres nécropoles. Elle a livré en outre des dépôts funéraires peu nombreux mais variés, où des armes et des céramiques complètent le corpus des objets de parure et accessoires vestimentaires


Nécropole Saint-Germain-des-Prés, 6e arrondissement - 2015

Cette nécropole mérovingienne, première nécropole royale, se développe à l'extérieur de la basilique Saint-Croix-et-Saint-Vincent, devenue Saint-Germain-des-Prés. À Saint-Germain-des-Prés, aucune sépulture n'est antérieure au milieu du VIe siècle, date de sa fondation par Childebert.

Le sous-sol de l'église renferme des sépultures de personnages de haut rang, partiellement étudiées par J. Derens, pour celles de la chapelle Saint-Symphorien, dans les années 1970. Ce sont surtout les sépultures situées à l'extérieur qui ont fait l'objet de nombreux signalements et fouilles dès l'époque moderne et surtout aux XIXe et XXe siècles. On signale notamment l'importance des données accumulées par T. Vacquer et les nombreuses publications concernant cette nécropole.

De 1854 à 1900, les découvertes se sont multipliées à l'ouest, à l'est et surtout au sud de l'église actuelle, occasionnées en particulier par le percement du boulevard Saint-Germain. De 1870 à 1900, 417 sépultures furent fouillées dont 338 en sarcophages trapézoïdaux (315 en plâtre moulé) ; les autres sont sans contenant apparent ou en cercueil. Les sépultures sont globalement orientées tête à l'ouest sur un seul niveau. "Plusieurs sarcophages de plâtre étaient ornés sur toutes leurs faces, et parfois même intérieurement […]. Quant aux autres sarcophages de plâtre, beaucoup offraient des panneaux d'extrémités ornés […]". Aucun usage funéraire marquant n'a pu être déterminé, si ce n'est la pratique de l'inhumation habillée, comme l'atteste le nombre élevé de plaques-boucles. "Il faut y voir un phénomène de cour, lié au caractère royal du site".Les limites de cet espace funéraire ont pu être déterminées mais il n'a pas été possible d'identifier les étapes dans le développement de la nécropole.

En 2015, une nouvelle campagne de fouille a eu lieu, dans le square Félix Desruelles.

Une quarantaine de sépultures ont été mises au jour et trois phases d'inhumations ont pu être distinguées :

La fouille a permis de recontextualiser les découvertes anciennes, de démontrer l'existence une première phase funéraire antique, d'attester des vestiges de la première église mérovingienne, d'éclairer l'évolution de la nécropole, avec un abandon antérieur à la reconstruction de l'église autour de l'an mil puis une ample reprise d'activité aux XIIe-XIIIe siècle. Une partie de la nécropole a été détruite au XIVe siècle par un large fossé interprété comme un fossé de plantations. (Notice 996 Carte archéologique de Paris).


3-5 boulevard Arago, 16e arrondissement - 1881

En 1881, E. Toulouse rapporte la découverte de 77 sépultures : "La proportion anormale de sépultures d'enfants et de jeunes adolescents laisse supposer l'existence d'un secteur, à l'intérieur de la nécropole, qui leur était réservé, à moins qu'il ne s'agisse déjà d'un cimetière spécifique".


Saint-Pierre-de-Montmartre, 18e arrondissement - 1981

Selon P. Périn : "Le cimetière mérovingien de Montmartre ne peut être mis en relation directe avec la ville mérovingienne dont il est très éloigné.[…] L'existence dès l'époque mérovingienne d'une église Saint-Denis, devenue par la suite Saint-Pierre est […] attestée […] par les colonnes et chapiteaux de

marbre de l'église primitive employés dans le choeur de l'église actuelle mais aussi par la nécropole qui lui est associée. Mentionné pour la première fois par T.Vacquer, ce cimetière mérovingien s'étendait sous l'église actuelle Saint-Pierre de Montmartre et sa périphérie (sauf au nord). C'est en 1875, à l'occasion des travaux de construction du Sacré-Coeur, que furent effectuées les découvertes les plus marquantes dont Rohaut de Fleury rendit compte. […] À l'emplacement de l'actuelle rue du Cardinal-Guibert furent mis au jour d'assez nombreux sarcophages de plâtre moulé dont beaucoup étaient ornés."

À la fin du XIXe siècle, d'autres sarcophages mérovingiens furent découverts notamment en 1891, lors de l'élargissement de la rue du Mont-Cenis, à quelques mètres en avant du portail de l'église Saint-Pierre, ainsi qu'en 1899, lors de la consolidation des piliers de la nef de l'église.

De nouvelles fouilles, pluriannuelles, ont été menées par P. Périn de 1975 à 1981 dans le jardin du Calvaire, à l'occasion de travaux d'aménagements du jardin. Elles ont révélé des fragments de sarcophages de plâtre décorés. Le sondage 24 a livré notamment deux sarcophages de plâtre moulé dont un présentait un panneau de pied orné d'une croix inscrite dans un cercle avec un semis de globule. La nécropole pourrait avoir une superficie d'au moins 5000 m² et serait comparable à celle de Saint-Germain-des-Prés ou de Sainte-Geneviève.