Notices pour le département des Hauts-de-Seine (92)

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Asnières-sur-Seine, Face Clichy-la-Garenne - 1752

La commune se situe sur une basse terrasse de la vallée de la Seine. Cette découverte fortuite, en 1752, lors de travaux sur la propriété de M. de Voyer, fils du comte d'Argenson, est localisée en bord de Seine. Le comte de Caylus et l'abbé Lebeuf, dont les écrits mentionnent cette découverte, y assistèrent.

De "nombreuses" sépultures furent mises au jour, sans orientation privilégiée, la plupart sans contenant apparent, à faible profondeur. Une sépulture est mentionnée comme bénéficiant d'un coffrage "une sorte de cercueil en tuiles antiques". Une possible zone de crémations a par ailleurs été remarquée.

La plupart des défunts étaient accompagnés d'offrandes, principalement de la céramique (dont des coupes en sigillée) et du verre. Il faut noter aussi la présence de monnaies indéchiffrables, d'une lame et d'une paire de fibules cruciformes.

La période d'utilisation de la nécropole est estimée par de Caylus et Lebeuf du Bas Empire à la période mérovingienne.


Bagneux, Carrière Pater Noster - 1915

Un squelette humain accompagné d'un vase (daté des IIe-IVe siècles) a été déposé au MAN en 1915. Il proviendrait de la carrière Pater Noster. Une lettre de M. Fleury datée de 1979 au conservateur régional de l'époque n'apporte pas d'information complémentaire.


Châtenay-Malabry, Le Grand Cimetière - 1728

La commune se situe sur un plateau au sud de Paris. P. de Clairambault, généalogiste du Roi fit la découverte en 1728 de quinze sarcophages en plâtre dans l'église Saint-Germain l'Auxerrois lors de l'installation d'un sépultureau seigneurial, des poteries flammulées datées du XII-XIIIe siècles étaient présentes dans certaines sépultures. L'un des couvercles de sarcophage présentait un décor de "visage de femme" à la tête ainsi qu'une rosace figurée par un cercle entourant une composition étoilée au pied.

P. de Clairambault décide alors de faire une fouille à proximité de l'église, au lieu-dit "Le Grand Cimetière". Onze sarcophages sont exhumés et deux autres se trouvaient en remploi dans une "sépulture apparemment médiévale". Ils contenaient également des céramiques flammulées (27 au total), témoignant d'une réutilisation de ces contenants. Aucune étude d'ordre anthropologique ne semble avoir été effectuée.


Issy-les-Moulineaux, Clos Saint-Benoît - 1987

Le site du Clos Saint-Benoît a été découvert lors de travaux de terrassements en 1967. La plupart des vestiges ont été détruits, seule une petite zone dans laquelle ont été mises au jour 38 sépultures a pu être préservée, sept ont été fouillées, contenant un mobilier daté du Bas Empire.

Les défunts ont tous été déposés en décubitus dans des cercueils de bois, à l'exception d'une en sarcophage massif en calcaire et d'une urne funéraire.

Peu de mobilier a été mis au jour : de la vaisselle (céramique et verre), un bracelet, une monnaie et une poignée en bronze.

Une découverte isolée au XVIIIe siècle pourrait y être associée : un sarcophage de pierre "… d'une grosseur prodigieuse avec un couvercle d'égale grosseur, dans lequel étoit un squelette dont la tête seule paroissit plus consommée que le reste..." selon l'Abbé Lebeuf, qui pensait qu'il s'agissait de la sépulture de Leudaste, comte de Tours, assassiné sur les ordres de Frédégonde en 585.


Nanterre, rue de l'Église, Cathédrale Sainte-Geneviève - 2011

La nécropole se situe dans le centre historique de Nanterre, sur le parvis de la cathédrale Sainte-Geneviève et de la rue de l'Église qui la borde. Des sources écrites attestent l'existence d'une église dédiée à Saint-Maurice d'Agaune, dès 426, sur l'emplacement de la cathédrale.

Lors de la construction de la façade et du parvis de la cathédrale, deux campagnes de fouille sont menées en 1973 par E. Servat qui permettent de localiser la nécropole mérovingienne, avec 70 sépultures, dont 63 sarcophages et un mur ancien, probablement mérovingien (voir plan de localisation des découvertes - 7). En 2011, un diagnostic aux 16-18 rue de l'Église permet d'étendre l'emprise de la nécropole vers l'est avec la mise au jour de 17 sarcophages supplémentaires et d'un niveau de sépultures antérieur à ceux-ci (voir plan de localisation des découvertes - 8). Ces opérations font suite à une succession de découvertes depuis la fin du XIXe siècle, lors de travaux réalisés à proximité de la cathédrale et qui délimitent l'espace funéraire médiéval (voir plan de localisation des découvertes).

Lors d'une fouille menée en 2007 sous la rue de l'Église, 64 sépultures ont été fouillées : 42 en sarcophages (trois en pierre et 39 en plâtre) et 22 en fosses. Un fossé antérieur aux sarcophages a été mis en évidence ainsi que des structures domestiques postérieures et deux portions de murs le long du parvis, au nord. Ces structures ont été réparties en cinq phases, depuis la période mérovingienne précoce jusqu'au XVIIe siècle.

Un premier cimetière (phase 1) s'installe dès la fin du Ve ou au début du VIe siècle, dans la partie orientale de la fouille, avec une probable délimitation à l'est matérialisée par un fossé. Deux fosses se rattachent à ce premier état, dont une sépulture dont il n'a pas été possible de restituer le contenant initial. Celle-ci contenait le squelette d'un adulte féminin, déposé en décubitus, auquel était associé un mobilier de parure, un anneau et deux fibules en argent, en position fonctionnelle, supposant l'habillement de l'individu inhumé. Ces fibules ont permis de dater la sépulture entre 470-480 et 520-530 de notre ère.

À partir du VIIe siècle, l'occupation funéraire (phase 2) se développe considérablement, le long d'un mur, sous l'église du XVIIe siècle, qui correspond sans doute au mur sud de l'église primitive. Cette phase correspond à l'utilisation nouvelle de sarcophages, en pierre ou en plâtre, très strictement alignés est-ouest au sud du mur mérovingien et répartis en petits groupes, en éventail, au nord de celui-ci. Le retour du mur mérovingien (observé au nord) et la conservation différentielle des sarcophages proches du mur, signalent la présence d'un mur gouttereau. On peut ainsi différencier les découvertes de 1973 qui étaient situées à l'intérieur de l'édifice de celles de 2007, situées à l'extérieur.

L'observation des décors des sarcophages permet de distinguer une organisation rayonnante des sarcophages en trois rangs : un premier groupe dont les cuves présentent des décors sur les faces extérieures et intérieures, un second groupe ornés sur une seule face et enfin les sarcophages dépourvus de décor.

Les réutilisations observées tendent à prouver que leur emplacement était connu bien qu'aucun marqueur visible n'ait été mis en évidence ; néanmoins l'état des couvercles laisse penser que ces derniers n'étaient pas laissés à l'air libre. Les sarcophages sont en plâtre, fabriqués dans la fosse d'installation et deux modes opératoires ont pu être observés : sans cale de coffrage et avec cales. Huit comportaient encore leur couvercle, constitués de deux dalles parfaitement ajustées aux dimensions de la cuve. Certains témoignent de pillages ou réemploi avec des perforations ou des déplacements. Quinze présentent des décors moulés au niveau des panneaux de tête ou de pied, trois en présentent sur les deux faces. Les motifs sont très variés d'inspiration chrétienne ou géométrique, notamment des croix sous forme de chrismes, de croix pattée ou croix de malte, souvent inscrites dans un cercle ou double cercle. Les mêmes moules avec motifs en creux ont été utilisés pour plusieurs sarcophages. Les trois sarcophages en pierre calcaire sont trapézoïdaux. Ils sont dispersés sur l'ensemble de la fouille.

Tous les individus inhumés (24 pour cette phase) l'ont été en décubitus. 43 % des individus ont les membres supérieurs en position basse, 13% en position haute, les membres inférieurs en extension.

Les modes de décomposition se répartissent pour 71 % en espace vide et 8 % en espace colmaté, 4 % indéterminés. Pour cinq individus, il est possible de proposer un linceul, pour trois autres un vêtement. On trouve un sarcophage avec une sépulture double, correspondant à deux femmes. Trois réductions de corps sont observées, deux internes et une à l'extérieur. Trois vidanges témoignent de manipulations autres.

Le mobilier est peu important : deux sépultures contenaient des céramiques complètes (vase tronconique, bouteille), cinq du mobilier métallique (scramasaxe et plaque-boucle, boucles de jambières ou de ceinture). Quatre sépultures témoignent de pillages manifestes. Les céramiques trouvées en place sont des exemplaires peu fréquents par rapport au vaisselier connu en Île-de-France. Il en est de même pour le mobilier métallique étudié.

La population étudiée correspond à trente individus issus des sépultures primaires, réductions ou vidanges. Elle se décompose en vingt-sept adultes et trois immatures de moins de 20 ans ; sur onze individus étudiés, on compte six hommes et cinq femmes. Cette population se répartit indifféremment sur l'ensemble de la nécropole. L'état sanitaire des individus est conforme à celui des populations altomédiévales, avec un mauvais état général de la sphère bucco-dentaire et des pathologies traumatiques peu fréquentes.

Ce premier cimetière fonctionne tout au long du haut Moyen Âge mais son utilisation semble interrompue aux Xe-XIe siècle. Son existence semble ignorée autour des XIe-XIIe siècle puisque des structures domestiques recoupent des sarcophages (phase 3).

Les phases ultérieures correspondent au cimetière du Moyen Âge classique, caractérisé par une très forte densité de l'occupation funéraire, une orientation des sépultures strictement est-ouest et une localisation à l'ouest de l'emprise.

La fouille de 2007 a permis de restituer les différentes phases de l'occupation funéraire depuis le début de la période mérovingienne et a mis en évidence son rapport avec un édifice contemporain, déjà perçu en 1973.

La comparaison des résultats de la fouille de 2007 et ceux de 1973 met en valeur la forte concentration de sarcophages à l'intérieur de l'édifice primitif, avec des recoupements fréquents et une orientation sud-ouest de certains sarcophages, confirmant le caractère privilégié et recherché de cette localisation. Elle montre également le resserrement du cimetière à l'ouest du clocher et d'un bâtiment, daté du XIVe siècle. Par la suite, avec la construction de la rue, l'église et le cimetière se répartissent de part et d'autre et l'espace consacré au cimetière se réduit encore. Enfin, la fouille de 2007 illustre l'évolution des pratiques funéraires du haut Moyen Âge au Moyen Âge classique, tant du point de vue des contenants que des gestes funéraires accompagnant les défunts.

Cependant, l'exigüité de l'espace observé laisse entières certaines problématiques. Ainsi, la sous-représentation des immatures, notamment des plus jeunes, demeure inexpliquée même si elle permet d'envisager une sectorisation des inhumations, dans un espace situé en dehors des zones fouillées jusqu'à présent.

Les limites du cimetière n'ont pas été totalement reconnues et son implantation par rapport à l'édifice primitif reste à préciser.


Suresnes, Mont-Valérien - 1837

La commune occupe un plateau dans un méandre de la Seine, sur sa rive gauche.

Une découverte fortuite effectuée lors de constructions en 1837, est mentionnée par E. de La Combe, qui décrit de "vastes et lourds sépultureaux de pierre, dont la construction remonte aux commencements de l'ère chrétienne".

Des sarcophages de plâtre ont été découverts lors de fouilles anciennes et leurs décors ont été relevés. Ils relèvent du groupe ouest-parisien et sont comparables à ceux de Nanterre.